Mondial : Équipe de France, les «Blacks» coupables idéaux

Par Hassane Zerrouky
Félicitons Raymond Domenech de ne pas avoir sélectionné les joueurs d’origine algérienne Benzema et Nasri, le joueur d’origine tunisienne Ben Arfa, et le franco-marocain Adil Rami. Autrement, les Marine Le Pen, Finkielkraut et Zemmour se seraient déchaînés contre les «Arabes».
C’était prévisible. Il a fallu qu’Anelka s’emporte de la manière dont les médias ont rendu compte pour que se déchaîne une vague de critiques à relents racistes sur le web et certains médias. Il ne s’agit pas de défendre ce joueur qui a un pruneau dans la tête à la place de la cervelle. Le fait est qu’il est musulman et qu’il ne s’en cache pas. Abidal, Ribéry et d’autres joueurs de l’équipe de France sont de confession musulmane. Mais voilà, il a suffi que ces enfants gâtés en font à leur tête, ratent un match, pour que se déchaînent certaines passions à relents racistes. Oubliée l’équipe black blanc beur de 1998 – bien que Zidane soit aussi blanc que Sarkozy dont l’émissaire Pierre Guéant a été reçu à Alger comme un chef d’Etat – place aux commentaires acerbes à relents racistes. On reproche, sans rire, à ces joueurs d’avoir renié leur identité gauloise, chrétienne – je l’ai lu, je n’invente pas – alors que cette équipe est composée de joueurs antillais qui, à l’instar de Thierry Henry, se sentent français et bien dans leur peau. Le philosophe Alain Finkielkraut – «pro-israélien que moi tu meurs» — a été le premier à avoir sonné la charge contre cette équipe de France dans la presse israélienne. «On nous dit que l’équipe de France est adorée par tous parce qu’elle est black blanc beur, en fait aujourd’hui elle est black, black, black ce qui fait ricaner toute l’Europe», avait-il déclaré. Mieux, il avait affirmé à propos de la révolte des banlieues françaises en 2005 : «En France, on voudrait bien réduire les émeutes à leur niveau social. Voir en elles une révolte de jeunes de banlieues contre leur situation, la discrimination dont ils souffrent et contre le chômage. Le problème est que la plupart de ces jeunes sont noirs ou arabes et s’identifient à l’islam. » Or, le parler, le code utilisé (le rap, par exemple), les valeurs auxquelles ces jeunes se réfèrent, ressemblent plus à ceux des banlieues américaines ou britanniques qu’à ceux des banlieues d’Alger ou de Casablanca. Le fait est que ce monsieur, Alain Finkielkraut, d’origine juive polonaise, a oublié ou feint d’avoir oublié que ses parents ou grands-parents avaient fuit l’Europe centrale pour fuir les pogroms anti-sémites où le juif était considéré comme un moins que rien. Tout comme Eric Zemmour, invité vedette des télés françaises, dont les parents sont originaires d’Algérie, ignorant qu’il porte un nom berbère algérien, se découvrant soudainement «petit blanc», n’a rien trouvé de mieux que d’affirmer que les voyous ne peuvent être que noirs ou «arabes». Allons donc ! Marine Le Pen, digne héritière d’Eva Braun (épouse sur le tard de Hitler) ne dit pas autre chose quand, à propos de l’équipe de Raymond Domenech, elle a qualifié la France de pays «où les racailles imposent leur loi, leurs méthodes». Remercions Raymond Domenech qui, pour moi, n’est pas un raciste, de ne pas avoir sélectionné les joueurs d’origine algérienne Benzema et Nasri, le joueur d’origine tunisienne Ben Arfa et le Franco-marocain Adil Rami. Autrement, les Marine Le Pen, Finkielkraut et Zemmour se seraient déchaînés contre les Arabes, en faisant dans le mélange des genres, la guerre d’Algérie, Ghaza, la Turquie, l’Iran, etc. Les propos des Finkielkraut et Zemmour, ces gens, alliés objectifs de Le Pen et des nostalgiques de la France pétainiste, adossés à cette politique de réhabilitation du fait colonial entreprise sous la gouvernance de Nicolas Sarkozy, amplifiés complaisamment par certains médias, ont pour effet non seulement de banaliser le racisme , mais de le légitimer. Du fait de la couleur de leur peau, les Evra, Abidal, Thierry Henry vont être rapidement désignés du doigt. Dès lors, à quand le nettoyage ethnique au sein de l’équipe de France, avec des joueurs biens blancs ?

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