Mondial : SAÂDANE A PRÉFÉRÉ EMMENER SES TROUPES À PRETORIA TROIS JOURS AVANT LE MATCH
Les Verts à l’épreuve des Yankees et de l’altitude


De notre envoyé spécial en Afrique du Sud, Mohamed Bouchama
Depuis dimanche soir à Pretoria, ville juchée à quelque 1 500 mètres d’altitude, la sélection nationale a pris ses quartiers dans le somptueux Centurion Lake Hotel. Les joueurs et les membres du staff technique ont passé une nuit tranquille. Pas de contact avec l’extérieur, malgré la présence de quelques fans algériens renseignés par des «taupes» omniprésentes à l’intérieur et autour de l’EN…

Les joueurs se sont rendus dans leurs chambres pour une longue nuit de sommeil réparateur. La fatigue induite par les matches, les entraînements et les différentes sollicitations n’est pas la seule raison de cet «effondrement». L’altitude serait, à en croire l’entraîneur adjoint, Zoheir Djelloul, une cause suffisante pour qu’une telle thérapie soit préconisée quelque trois jours avant le match couperet devant les Américains. Le stage de Crans-Montana (Suisse) est plus que jamais à l’épreuve. Quand le sélectionneur national a décidé d’emmener ses troupes en préparation sur les hauteurs suisses, au lieu du centre Coverciano de Florence (Italie), des voix s’étaient élevées pour rappeler l’épisode de Mexico 1986. Un Mondial que l’EN a complètement raté sous la conduite de Saâdane qui n’avait, de cesse, expliqué cet échec par les effets de l’altitude mais également par un manque de sérénité au niveau de son groupe gagné par le clanisme, pis, le clivage locaux-émigrés. L’élément altitude serait-il si déterminant dans la performance des sportifs sachant qu’en 1986, les coéquipiers de Drid avaient aussi bénéficié d’un stage d’acclimatation à… Crans-Montana ? 24 ans plus tard, l’histoire se répète. Avec, il est vrai, un autre groupe et une meilleure maîtrise du sujet par le sélectionneur Saâdane. Le choix de Crans- Montana a été diversement commenté. Saâdane déclarait, à chaque fois depuis la fin dudit regroupement, que son effectif réagira mieux au fil du temps. Sur le plan physique, la courbe ascendante est confirmée. Depuis le premier match amical face à l’Eire à Dublin (3-0), les Verts n’ont pas arrêté de progresser en termes de résistance et d’endurance. Le test face aux Emirats a donné un meilleur aperçu de ce que Lacen et compagnie pouvaient faire sur un terrain. Hormis quelques petits bobos induits par les coups adverses, les joueurs de l’EN avaient le souffle long. Face à la Slovénie, lors du premier match de Coupe du monde, les poulains de Saâdane ont terminé la partie sans soucis physiques. Kadir disait même en fin de partie que malgré la sortie de Ghezzal pour cause de carton rouge, l’équipe a montré qu’elle était (physiquement) capable de gérer les 20 dernières minutes de cette confrontation, qualifiée d’intense par les experts de la Fifa. L’Algérie avait perdu le match suite à une erreur individuelle du gardien, mais a laissé entrevoir une suite des événements très positive. Lors de la conférence d’avant-match contre les Anglais, l’entraîneur algérien précisait que ses joueurs vont montrer un meilleur visage. «J’espère que l’efficacité sera de la partie, sinon sur le plan de l’intensité physique, je suis certain qu’ils livreront un combat sans merci», a-t-il indiqué. Quelques minutes après la bataille de Green Point, Saâdane a rejoint la salle de conférences du stade de Cape Town avec un sourire qui en disait long sur ses certitudes. Pour lui, «les joueurs peuvent encore s’améliorer».
Dormir pour mieux se… révolter
Les crampes ressenties ce jour là par certains de nos capés ont leur explication. Les joueurs qui traînaient la patte ne sont autres que ceux qui ont du retard dans leur préparation à cause de blessures (Yebda, Lacen, Antar Yahia et Bougherra) ou bien ceux qui manquent de compétition, Ziani notamment. La sélection algérienne qui a pris ses quartiers à Margate, une ville côtière, a rallié Polokwane, située à 1 300 mètres d’altitude, la veille du match contre la Slovénie. Globalement, les joueurs ne semblaient pas affectés sur le plan de l’endurance. L’effet de l’altitude sur l’homme se résume à une «diminution de la pression partielle en dioxygène dans l’air inspiré et à la baisse de la température », expliquent les spécialistes. Selon ces derniers, «au repos, ces éléments causent à court terme une hyperventilation, une tachycardie (augmentation de la fréquence cardiaque), ainsi qu'une diurèse (élimination d'une partie du volume plasmatique, plasma sanguin destiné à augmenter la proportion de globules rouges dans le sang)». C’est pourquoi les sportifs recherchent cet effet d’«augmentation de la quantité de globules rouges». Les scientifiques indiquent que cette «polyglobulie peut entraîner dans certains cas un excès de globules rouges et la formation de caillots sanguins peut alors obstruer les veines et causer une thrombose veineuse profonde (phlébite) qui peut entraîner la mort». On n’en est pas encore là. La polémique née en France suite au choix de Domenech d’installer son camp de base au niveau de la mer alors que la sélection tricolore allait disputer deux des trois matches du 1er tour en altitude continue d’alimenter la chronique. Certains trouvent même que cette décision est la cause principale de la mauvaise entrée en matière de l’équipe de France. «Pour que ça marche, encore faut-il qu'ils montent en altitude trois jours avant un match pour surmonter la ‘‘phase d'adaptation aiguë’’ qui fera plonger leurs capacités (des joueurs français, ndlr)», disait Véronique Billat, qui n’est autre que le professeur d’un des préparateurs physiques de la sélection française, Robert Duverne en l’occurrence. Rabah Saâdane a pris note et a décidé de regagner Pretoria dans les délais (3 jours). Les Américains, qui ont choisi un camp de base à Pretoria (Irene Country Lodge) qu’ils ont rejoint le 1er juin dernier, seront-ils avantagés sur les Verts, eux qui ont choisi ce camp pour s’adapter à l’altitude mais aussi pour mieux gérer les effets liés au décalage horaire (GMT -6) ?
M. B.

Un trio belge pour USA-Algérie

C’est un arbitre européen, le Belge Frank De Bleeckere qui assurera le sifflet du match de demain entre les USA et l’Algérie. Frank De Bleeckere est né le 1er juillet 1966 à Audenarde. Son père, René, et son grand-père étaient également des arbitres de la Jupiter League. De Bleeckere fait partie du top 10 des meilleurs arbitres mondiaux. «Son professionnalisme, sa condition physique et sa manière d’interpréter le règlement font de lui une des pointures de l’arbitrage en Europe», estime un responsable de la commission d’arbitrage à l’UEFA. Arbitre Fifa depuis 1998, le Belge a déjà deux Coupes du monde dans son CV (2006 et 2008) ainsi que deux championnats d’Europe (2004 et 2008). Cette fin de saison 2009-2010, il a officié la demi-finale de la C1 d’Europe entre le Barça et l’Inter Milan, jouée au Camp Nou. Meilleur arbitre Fifa en janvier 2009, M. De Bleeckere a été sacré meilleur sifflet belge en 2000, 2001, 2002, 2003 et en 2010. Lors de la rencontre USA- Algérie de demain (16h), De Bleeckere sera assisté par ses compatriotes, Peter Hermans et Walter Vromans. Le 4e arbitre est le Malais, Mohamed Salleh Subkhiddin alors que l’arbitre de réserve est un Chinois, Mu Yuxin.
M. B.

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