Mondial : Diego Perez, le gladiateur uruguayen

Un cocard à l’œil droit et trois points de suture à l’arcade sourcilière : le milieu défensif Diego Perez est un gladiateur qui privilégie l’efficacité à l’esthétique, à l’image de son équipe d’Uruguay, pas spectaculaire mais redoutablement réaliste à la Coupe du monde.
Avec son 1,78 m et ses 80 kg, le joueur de Monaco n’a rien d’une terreur sur le plan physique et ne régale pas le public avec des prouesses techniques, mais son endurance et son engagement dans les duels en font un poison pour ses adversaires. Les Mexicains peuvent en témoigner. Sorti le visage et le maillot en sang après un choc aérien lors du dernier match de groupe (1-0) remporté par l’Uruguay, Perez est revenu avec un bandeau sur le visage pour continuer à harceler des Aztèques nettement moins saignants. Puis il s’est fait poser trois points de suture à la pause. Au match suivant, les Coréens ont eu beau courir partout, ils ont également trouvé sur leur chemin el Ruso, comme on le surnomme en raison de ses cheveux blonds qu’il a rasés depuis des lustres. «Monsieur Courage», l’a rebaptisé le quotidien uruguayen El Pais, qui lui a décerné un 9 sur 10 au lendemain du 8e de finale remporté (2:1) contre la Corée du Sud.
Des fautes mais pas de jaune
Comme un symbole, c’est lui qui s’est arraché pour obtenir le corner à l’origine du deuxième but de Luis Suarez. «Dans les 15 dernières minutes, nous avons puisé dans des réserves insoupçonnées pour nous créer des occasions», raconte le milieu défensif, souvent à la limite mais jamais averti lors des quatre premiers matches. «Nous avons eu beaucoup de mal, vraiment beaucoup de mal, et il faudra aussi que nous nous améliorions beaucoup si nous voulons passer en demi-finale», ajoute-t-il, en établissant pour priorité d’améliorer «la possession de balle» vendredi en quart contre le Ghana. La Celeste a souvent laissé le contrôle du jeu à ses adversaires, s’appuyant sur un bloc défensif solide — pris en défaut seulement par la Corée du Sud — et sur la vivacité et l’efficacité de ses attaquants Suarez et Forlan (5 buts à eux deux). Dans ce système, la récupération est fondamentale et Perez en est le pion essentiel. Même s’il dispute son premier Mondial, le Monégasque est l’un des joueurs les plus expérimentés du groupe avec 54 sélections. A 30 ans, ce sera peut-être aussi sa dernière Coupe du monde. Raison de plus pour prolonger l’aventure et rêver d’imiter les glorieux anciens de l’Uruguay, champions du monde en 1930 et 1950.

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