Actualités : L’EURO ENCORE PLUS CHER
Les biens de consommation de nouveau vers la hausse


L’euro est depuis quelques jours au-dessus du seuil symbolique de 1,4 dollar. Cette hausse de la monnaie unique européenne par rapport au billet vert est-elle une bonne nouvelle pour l’économie algérienne ? Elle est au centre de toutes les questions économiques.
Abder Bettache - Alger (Le Soir) - Le débat est de nouveau relancé : faut-il exporter et importer au moyen de la monnaie européenne ? En août dernier, le marché parallèle fixait la parité entre les deux monnaies. Ainsi, 100 euros coûtait entre 12 350 et 12 400 DA. Vers la fin du mois septembre dernier et en raison d’une forte demande, les cours ont augmenté de 150 à 200 DA. Ainsi, les revendeurs de la «bourse» du square Port-Saïd achètent 100 euros à 12 500 DA et les revendent à 12 650 DA au maximum. Ceci étant, un euro fort n’est pas en faveur de notre économie qui dépend entièrement des hydrocarbures et des importations à partir de l’Europe. L’Algérie vend ses hydrocarbures en dollars et achète pour plus de la moitié de ses besoins de la zone euro. Plus de 55 % de nos importations proviennent des pays de l’Union européenne. La France est notre premier fournisseur, avec une part de marché de 20 %. «La hausse de l’euro est une catastrophe pour notre économie. Il faut absolument accélérer la diversification de nos partenaires commerciaux, aller vers la zone dollar, pour ne pas dépendre d’une seule zone monétique», avait soutenu, il n’ y a pas longtemps, Boualem M’rakech, président de la Confédération algérienne du patronat (CAP). Traditionnellement, l’Algérie importe essentiellement des pays de l’UE, notamment de France, d’Italie, d’Allemagne et d’Espagne. Pour le privé, la décision de changer de fournisseur est moins compliquée que pour le secteur public. Sur ce point précis, la baisse du billet vert profite pleinement à la Chine, actuellement deuxième fournisseur de l’Algérie. Selon les dernières statistiques des Douanes pour les dix premiers mois de l’année en cours, la Chine a délogé l’Italie de la deuxième place des principaux fournisseurs de l’Algérie. La France demeure en première position, mais sa part de marché (un peu plus de 18 %) ne cesse de s’effriter au profit des Chinois. En somme, la bonne santé de l’euro face au dollar donne des sueurs froides aux importateurs algériens qui sont obligés de revoir leurs prix à la hausse. Le citoyen en subira en premier les conséquences de cette nouvelle fluctuation. A moins que…
A. Bettache
youcefabder@hotmail.com

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