LE SOIR NUMÉRIQUE & SAT : LA DERNIERE

L'ŒIL EN COIN
Mises à nu utiles et nécessaires

Par Mourad N.
Ce qui pourrait ressembler à un journal télévisé dans la réalité — et que nous ne risquons pas de voir sur l’un ou l’autre des signaux ENTV — est sur France 2 dans fiction avec Les vivants et les morts de mercredi.

Les protagonistes de cette histoire, qui tombe pile-poil avec la grogne syndicale anti-sarkozy jalonnée de conflits sociaux et de grèves en pointillés, ne sont pas que des chiffres, comme c’est souvent le cas chez nous. Ils possèdent des visages, des âmes, des amours, des discours ; bref, une consistance sujette ici à une mise à nu utile et nécessaire à la compréhension de ce bas-monde. Adaptée d’un roman publié y a cinq ans, cette vaste fresque sociale de près de sept heures tient sur trois mercredis convient parfaitement aux angoisses engendrées par une mondialisation qui tait souvent ses froides résolutions économiques. Des personnages à la Gavroche, des syndicalistes pétris de contradictions idéologiques (nous avons ça chez nous aussi !) et des passions en veux-tu, envoi-là, en catimini ou au grand air. Gérard Mordillat, le réalisateur d es Vivants et les morts a fait le choix délibéré et assumé de mettre en valeur le combat au féminin. Moins payées, moins considérées (sauf pour la galipette...), souvent affectées aux tâches les plus ingrates et les premières à subir de plein fouet la brouette des licenciements, elles disent haut et fort à propos de la négation de leur histoire avec les hommes, la perte de leur identité et parfois même la perte de leur sensibilité, entre morts et vivants. Tout ce déni cruel et sourd à la fois leur est heureusement restitué dans cette mise en scène, dans cette mise en perspective sociale où la lutte syndicale reste, quoi que l’on puisse dire, une valeur en soi. Télé-romanesque certes, mais télé-réaliste à l’heure où les mouvements sociaux formatent les JT, les vrais... La même forme romanesque s’est bizarrement retrouvée la veille, le mardi, sur le même signal de télé publique (...) consacré à Valéry Giscard d’Estaing, «L’homme qui voulait être aimé», magazine «Un jour, un destin», présenté par Laurent Delahousse ressemble, à s’y méprendre, à certains de nos documentaires produits sur commande afin de tirer le portrait à un artiste disparu ou à une réalisation de projet enfin achevée. Ici, Delahousse aura épuisé tous les tubes et toutes les boîtes de cirage de France et de Navarre !
La faille, le secret de VGE
Au-delà de la dithyrambe et du ton lèche-bottes, le président, qui incarnait le changement au début de son mandat (1974), aura donc eu un traitement de has been à qui l’on doit respect... Certes, c’est de «bonne guerre», mais pour un magazine censé fouiner dans le passé de l’invité pour éclairer l’opinion publique, le côté intimiste de ce VGE est resté à l’ombre. A la question «aimez-vous les femmes ?», l’ex-chef d’Etat bottera en touche et répondra : «Les femmes sont le trésor de la France.» Voulait-il par là faire oublier un roman écrit, il y a deux ou trois ans ? Roman dans lequel l’auteur se laisse aller aux fantasmes et aux délires en évoquant, par exemple, «les regards échangés avec Lady Di, la princesse au tragique destin». En fait, la faille et le secret de VGE se situent à son rapport avec la gent féminine. Président ou pas, le bonhomme restera le frustré qui n’aura épousé qu’une photo de bourgeoise à épingler sur la cheminée d’un château... Delahousse ne le dit pas mais le scotché averti l’aura compris entre les lignes de mire. Il aura compris que l’ancien Valéry n’a pas la pointure du nouveau Sarkozy. Ce dernier n’est pas encore sur des tablettes d’«Un jour, un destin », mais cela ne saurait tarder. Ce jour-là, nous nous apercevrons que le Nicolas a une toute autre approche intimiste avec la gent féminine. Pour incarner la rupture, le changement et le modernisme, l’actuel locataire de l’Elysée change tout bonnement de femme ! De Cecilia à Carla, il suffit d’un mandat et si par heureux hasard, second mandat il y aura en 2012, c’est une autre première dame de France qui viendra... On peut rigoler mais c’est comme ça que «le trésor de France» se fait croquer par une télé qui ne fait toujours pas la différence entre laiderons et canons de la beauté. Pour qu’elle puisse le faire, il aurait fallu qu’un Bernard Pivot soit encore aux «affaires». Ne l’étant plus, l’homme aux «Apostrophes» et aux «Bouillon de culture» fait la part belle aux belles femmes... par écrit. Il est critique littéraire sur presse écrite et c’est à l’âme nue de Marilyn Monroe qu’il s’en est pris cette semaine. Décortiquant Fragments, un recueil de textes inédits laissés par la défunte (en plus de photos illustrant ses instants de solitude), Bernard Pivot explique que Marilyn n’était pas qu’une image, qu’un sex-symbol... Morcelée, tout en brisures (d’où le titre Fragments) toute sa vie, elle aura essayé de se «rassembler» entre pulsions et âme rongée par l’angoisse du lendemain. Pivot la décrit non pas comme la «beauté nunuche» qui nous faisait rire dans Les Hommes préfèrent les blondes ou Le milliardaire mais comme une femme intelligente, cultivée et capable d’interroger les livres, les professeurs, les psychanalystes pour se comprendre. De la plume d’un Pivot, cette reconnaissance ne peut qu’avoir un sens ! Et on y adhère sans réticence. Le même Bernard, épicurien à ses heures perdues entre Lyon et Paris, s’est voulu réalisateur d’un documentaire pour la collection «Empreintes» (F 5). Ce doc, consacré à un romancier du nom de Patrick Modiano, est au programme, demain soir vendredi. Et c’est sans nul doute que l’empreinte Pivot se fera sur petit écran. Une autre mise à nu, en quelque sorte... Outre sa connaissance et sa passion pour la chose dite littéraire, l’ancien animateur ne manquera pas de nous faire partager le fantastique des nuits parisiennes au travers de ce Modiano, reconnaissant avoir puisé dans le Pigalle des années «Touchez pas au Grisbi», la quintessence même de ses écrits. Un fantastique ressenti et écrit par un Modiano qui dit être le fruit d’un amour né dans le chaos «de l’occupation, de la guerre».
JT et fonction rituelle Evoqués au début de cet «œil en coin», les JT que nous ne verrons jamais à l’ENTV ne mettent, par contre, à nu personne et surtout pas les âmes cachottières de sommets dits extraordinaires... De la Libye, aucune fonction rituelle d’information crédible ou sensible. De Syrte, que du «cinéma muet» avec un discours informatif presque irréel ! Et dire que certains farceurs d’opinion continuent de relayer, toute honte bue, la dernière «sortie» médiatique du ministre de tutelle. Outre une mise à nu, réelle et nécessaire, c’est d’un fouet dont auraient besoin certains.
M. N.

Le prince Harry enlevé en Afghanistan... dans un téléfilm
Une fiction télévisée mettant en scène l’enlèvement imaginaire du prince Harry en Afghanistan, où il a effectivement servi dans une unité de l’armée britannique en 2008, sera diffusée sur la chaîne britannique Channel 4, le 21 octobre, a-t-on appris auprès du diffuseur. Dans ce film de 90 minutes intitulé L’Enlèvement du Prince Harry, le fils cadet de Charles et de Diana, troisième dans l’ordre de succession à la reine Elizabeth II, est fait prisonnier pendant son séjour en tant que militaire en Afghanistan. Les ravisseurs pointent une arme sur le visage du prince, joué par un acteur britannique, Sebastian Reid, et l’obligent à apparaître dans un message de propagande des talibans et d’Al-Qaïda. La réalité a en partie inspiré cette fiction programmée sur Channel 4. Le prince Harry avait en effet été envoyé secrètement en mission avec un régiment de chars britannique, en 2008, dans le sud de l’Afghanistan, non loin du front des combats contre les talibans. Il avait dû rentrer précipitamment en Grande-Bretagne au bout de dix semaines pour des raisons de sécurité, lorsque le secret de sa présence avait été éventé. Le palais de Buckingham, joint par l’AFP, s’est refusé à tout commentaire sur le film.
AFP

Le parquet danois veut faire interdire la chaîne kurde Roj TV
La procureure du royaume du Danemark, Lise-Lotte Nilas, a demandé jeudi dernier l’interdiction de la télévision kurde Roj TV, basée à Copenhague, estimant qu’elle soutenait le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui figure sur la liste des organisations terroristes de l’UE. «Nous avons envoyé l’acte d’accusation au tribunal de première instance de Copenhague, dans lequel nous demandons le retrait de la licence de diffusion de Roj TV pour avoir violé l’article 144 E sur le soutien à des organisations terroristes », a déclaré à l’AFP la procureure Lise-Lotte Nilas chargée de ce dossier. Mme Nilas avait inculpé en août Roj TV à la suite d’une longue enquête entamée en 2005 sur les activités de cette télévision, constatant qu’elle enfreignait, par certaines de ses émissions, la législation antiterroriste. «Nous avons examiné de très près une série d’émissions de Roj TV et nous avons conclu qu’elles avaient un caractère de propagande pour le PKK qui est une organisation terroriste», selon Mme Nilas.

Mouloud Achour prête sa voix au jeu musical «DJ Hero 2»
Mouloud Achour, chroniqueur de l’émission de Canal+ Le Grand Journal, a accepté de prêter sa voix au jeu DJ Hero 2, annonce l’éditeur Activision. Le spécialiste de la culture urbaine dirigera également les nouveaux adeptes du jeu musical à travers un mode tutorial. Attendu le 22 octobre prochain sur Wii, Xbox 360 et PS3, DJ Hero 2 est une déclinaison du best-seller Guitar Hero. Activision a remplacé la guitare par une réplique de platine vinyle que les joueurs devront maîtriser à travers une centaine de morceaux. Après un premier opus lancé l’automne dernier, cette suite proposera une sélection musicale éclectique dans laquelle David Guetta, Dr Dre, 2Pac ou Kanye West côtoieront les Daft Punk, Justice, Lady Gaga ou Metallica.
Relaxnews

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