Actualités : BILLETS USAGÉS EN CIRCULATION, CHANGE PARALLÈLE…
Les réponses de Laksaci aux députés


La circulation des billets usagés, le manque de liquidités dans les bureaux de poste, le change parallèle, ces problèmes persisteront. C’est ce que le gouverneur de la Banque d’Algérie, Mohamed Laksaci, a laissé entendre hier à l’Assemblée populaire nationale.
Chérif Bennaceur - Alger (Le Soir) - Aux députés qui l’avaient interrogé sur la mauvaise qualité des billets de 200 dinars et sur l’impossibilité de juguler le marché informel de la devise, Mohamed Laksaci n’a pas donné de réponses rassurantes. Ainsi, les billets de 200 dinars, émis après 1983, devraient continuer à circuler même si la Banque d’Algérie en a retiré un grand nombre et que l’institution monétaire ait émis des billets de meilleure qualité depuis 1992. De même, le gouverneur a laissé entendre clairement que le manque de liquidités dans les bureaux de poste continuera à se poser. D’autant, selon Mohamed Laksaci, que la demande en monnaie fiduciaire dépasse l’offre, en expliquant que le cycle saisonnier n’a pas été respecté cette année (trop de retraits d’argent). En outre, l’hôte de l’APN a lié cette lacune aux phénomènes de la thésaurisation des ménages, le blanchiment et le détournement d’argent. Par ailleurs, Mohamed Laksaci a indiqué que l’ouverture de bureaux de change est prévue par la réglementation depuis 1996. Néanmoins, les quelques expériences pilotes menées ont été infructueuses selon le gouverneur qui a relevé le seuil limitatif de 5% de la marge et estimé que la pratique des bureaux de change se réduit de par le monde. En d’autres termes, la Banque d’Algérie, même renforcée dans ses prérogatives de contrôle, affiche son incapacité à mettre un terme à l’expansion du marché informel de la devise. Auparavant, Mohamed Laksaci avait présenté la conjoncture financière et monétaire de 2009 et du 1er semestre 2010. Parmi les chiffres avancés, à profusion et voulus positifs, par le gouverneur de la Banque d’Algérie, celui des réserves de change officielles semble en diminution entre décembre 2009 et la mi-2010, passant de 147,221 milliards de dollars hors droits de tirage spéciaux à 146,229 milliards de dollars. Une baisse inexplicable dans le rapport de conjoncture. Néanmoins, l’hôte de l’APN a avancé que le placement des réserves à l’étranger a généré quelque 4,459 milliards de dollars, avec un rendement de 3,4%. Egalement, Mohamed Laksaci a réitéré le credo de la Banque centrale de maintenir la stabilité du taux de change, en situation de fluctuation depuis 2008. D’autre part, le rapport de conjoncture présenté indique notamment que la Banque d’Algérie a porté plainte auprès des tribunaux contre une dizaine de banques et 56 opérateurs économiques pour infractions dans les opérations de commerce extérieur et transferts de capitaux, pour un préjudice de 1,1 milliard de dinars. De même que ce rapport démontre que les établissements financiers qui ne respectent pas les normes bancaires sont les banques privées (à 70 %).
C. B.



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