Actualités : MILA : TÉMOIGNAGE D’UN MOUDJAHID : LA POLÉMIQUE S’INSTALLE
Quelques vérités sur l’assassinat de Abane Ramdane


Dans un débat organisé à la Maison de la culture de Mila avec les représentants de la presse, l’écrivain algérien Azzeddine Bounemeur, moudjahid dès l’âge de 14 ans, spécialiste du roman historique et auteur de six romans (tous édités en France) : Les bandits de l’Atlas, Les héros de la nuit, L’Atlas en feu, La pacification, Cette guerre qui ne dit pas son nom et La fin de la guerre d’Algérie, jette un pavé dans la mare en apportant son propre témoignage sur l’assassinat de Abane Ramdane.
Contrairement donc aux affirmations d’Yves Courrière et tout ce qui est admis dans l’opinion publique sur la mort de ce héros de la Révolution, l’auteur de ce témoignage, qui a rejoint la Tunisie le 8 janvier 1958, révèle que le martyr a été étranglé à l’aide d’une corde, dans une villa à Belvédère, dans la périphérie du centre de Tunis ; une villa qui servait de «pied à terre» au groupe Abdelhafid Boussouf, Krim Belkacem, Lakhdar Bentobal, Mohammedi Saïd et autre. Suspecté par ses pairs (toujours selon le témoignage de ce moudjahid) de faire cavalier seul et d’entretenir des relations discrètes avec un homme politique français, du nom de Pierre Pfilmlin, président du conseil, devenu chef de gouvernement sous la 4e République, juste durant 15 jours, du 13 mai 1958 au 28 mai 1958 ; des relations que Boussouf et compagnie considéraient comme étant préjudiciables à la bonne marche de la Révolution, d’où la décision de son exécution. Le corps a été transporté, en costume et lunettes noires, le lendemain par avion, vers le Maroc via Rome, non sans tracas, puisqu’un Pafiste tunisien a découvert le manège, mais il a été menacé par Boussouf de faire intervenir le ministre tunisien de l’Intérieur de l’époque, témoigne Azzeddine Bounemeur, qui soutient que ce n’est que 3 mois plus tard qu’on a annoncé officiellement le «décès» de ce grand homme de la Révolution. Tout ce scénario, du transfert de la dépouille mortelle, de la Tunisie vers le Maroc, a été entrepris pour éviter un éventuel incident politique ave c le président tunisien Habib Bourguiba, qui n’aurait pas apprécié qu’un tel acte soit commis sur son territoire. Azzeddine Bounemeur vit paisiblement sur ses terres, du côté de Beni Haroun, dans la wilaya de Mila.
A. M’haïmoud



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