Actualités : LANCÉ SUITE AUX INONDATIONS DE 2001 À BAB-EL-OUED
Le dédoublement du collecteur de oued M’kacel avance à petits pas


Le 10 novembre 2001, les eaux en furie avaient dévalé le Frais-Vallon pour aller se jeter en contrebas dans la mer, à proximité du complexe El Kettani. Les torrents d’eau ont tout emporté sur leur passage, détruit les constructions et fait un millier de morts. Depuis les lacunes graves dans la gestion des réseaux d’évacuation des eaux, mises brutalement en évidence, le projet de dédoublement du collecteur de oued M’kacel a été lancé et est en voie de finalisation avec, cependant, un important retard dans sa réalisation, puisque devant être livré l’année passée il ne le sera qu’en mars 2011.
F.-Zohra B. - Alger (Le soir) - Après la catastrophe de Bab-El-Oued en 2001, la Direction de l’hydraulique de la wilaya d’Alger a entrepris des travaux de réhabilitation des réseaux existant, à commencer par le collecteur Oued M’kacel, situé sous la route de Frais-Vallon. Il s’agissait aussi de l’aménagement des ouvrages hydrauliques en vue de drainer les eaux pluviales de ce bassin versant. Le projet, une fois réalisé, devrait sécuriser le centre de la commune de Bab-El-Oued. L’infrastructure, dont les travaux se poursuivent actuellement alors qu’elle devait être livrée en 2009, est destinée à contenir toutes les eaux pluviales qui proviennent des hauteurs. Le collecteur devra drainer, selon les responsables du secteur, les eaux pluviales du bassin versant d’une superficie de près de 100 ha. L’ouvrage en lui-même est constitué d’un tunnel de quatre mètres de diamètre sur une longueur de 4 706 m. Il prend naissance au carrefour Baranès et arrive a Bab-El-Oued au niveau du boulevard Commandant Mira. Le grand collecteur des eaux pluviales, qui s’étale sur 7 kilomètres dont 4 de tunnels, déversera directement dans la mer plus de 50 m3 d’eau par seconde. A cet effet, six ouvrages principaux de liaison sont prévus dans le but de raccorder au collecteur les réseaux existant ainsi que les oueds des sous-bassins versants des oueds Baranès, Sidi-Medjbar, Frais-Vallon, Scotto-Nadal et Jaubert. Il est par ailleurs à noter que les études et la réalisation du dédoublement du collecteur de Oued M’kacel sont réalisées par le groupement algéro-français, l’entreprise nationale Hydro- Technique et la société française CSM Bessac qui est chef de projet. D’autre part, les derniers 400 mètres des travaux de dédoublement du collecteur de Oued M’kacel seront réalisés à ciel ouvert de l’hôpital Lamine-Debaghine jusqu’à la mer qui est, selon les spécialistes, une embouchure de oued M’kacel. Au niveau de Triolet, les travaux de dédoublement du collecteur occupent une bonne partie de la chaussée, et causent des désagréments aussi bien aux riverains qu’aux commerçants, qui ont dû fermer boutique. Ces derniers expriment leur étonnement de ne pas voir les travaux achevés. Pour sa part, et lors d’une intervention sur les ondes de la radio, M. Hammouche, directeur de l’hydraulique à la wilaya d’Alger, a justifié le retard dans la réalisation de l’ouvrage par les caractéristiques du sol sur lequel sont réalisés les travaux. La préoccupation des citoyens des communes de Oued-Koriche et de Bab-El- Oued, régions menacées par les inondations, concerne aussi les risques d’obstruction des avaloirs par les déchets charriés par les eaux de pluie. Ainsi et en dépit du passage des cantonniers, la boue et autres déchets qui dévalent des monts environnants bouchent les avaloirs dès que les pluies se font violentes. Il s’agit ainsi, pour les élus locaux que les entreprises chargées du nettoyage multiplient les interventions des brigades sur le terrain pour éviter l’accumulation des eaux et ainsi d’éventuelles inondations. Un autre phénomène préoccupe les riverains : il s’agit des constructions anarchiques et aussi de celles autorisées par les APC sur le flanc de la montagne, notamment au niveau de la Fontan, et qui ont induit l’arrachage sauvage d’une importante verdure. Les flancs de la montagne ainsi dénudés laisseront certainement passer des tonnes de boue, de déchets et de gravats en cas de pluies importantes, expliquent les habitants de la région.
F.-Z. B.



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