Sports : LA CAN-2010 DAMES S’ACHÈVE PAR UNE TROISIÈME DÉFAITE DES ALGÉRIENNES
Des enseignements à tirer…


L’EN féminine de football a quitté le tournoi africain de Johannesburg comme elle l’avait entamé, sur une défaite.
Lundi au Makhulong Stadium, les filles de Chih Azzedine ont fait les frais de la détermination des Camerounaises à l’emporter pour coiffer le Ghana dans la course aux demi-finales. Le courage de Naïma Bouhani Benziane, auteure du but égalisateur, n’a pas suffi et l’Algérie a dû concéder le troisième échec de suite dans une compétition marquée par la domination des sélections de l’Afrique anglophone. Pour sa troisième participation à la CAN, l’Algérie passe de nouveau à la trappe dès le premier tour. Sans marquer de points. En trois rencontres, nos filles n’ont inscrit que deux buts, celui contre le Ghana marqué par Isma Ouaddah et le second, œuvre, lundi, de Naïma Bouhani Benziane face au Cameroun. Les Algériennes, parties en Afrique du Sud avec l’espoir de faire mieux que lors des précédentes qualifications en phase finale (2004 en Afrique du Sud et 2006 au Nigeria), reviennent bredouilles. En 2004, l’Algérie avait obtenu trois points en battant le Mali (3 buts à 0) avant de terminer troisième (défaite contre le Nigeria (4-0) puis le Cameroun (3-1) alors que deux ans plus tard, à Abuja (Nigeria), elles avaient quitté la compétition avec un point à la suite d’un match nul (3- 3) contre la Guinée équatoriale. Le Nigeria (6-0) et l’Afrique du Sud (4-0) avaient déjà mis fin aux espoirs de Naïma Laouadi et ses compères. Que faut-il en déduire sinon que le football algérien continue de manger son pain noir par la faute d’une fédération qui s’efforce de mettre la charrue avant les bœufs. Et pour cause, tout le monde est spectateur de la réalité du football féminin en Algérie, une discipline qui se pratique par à-coups, au gré des décideurs de la fédération. En janvier 2009, date du lancement du premier championnat féminin en Algérie, la fédération présidée alors par Hamid Haddadj, s’était engagée à prendre en charge totalement les 10 clubs participants (Affak de Relizane, JS Khroub, COS Tiaret, ARTSF Tébessa, Intissar d’Oran, FC Béjaïa, CLT de Belouizdad, JS Sétif, ESFOR Touggourt et l ASE Alger- Centre). Au bout de quelques journées (3), les clubs lancent la protestation afin que la FAF libère les subventions du MJS attribuées au football féminin. Le retour à la présidence de la FAF de Mohamed Raouraoua, en mars 2003, laissait transparaître une éclaircie dans le ciel du football féminin en Algérie. Pourtant, l’an II du championnat féminin connaîtra un début chaotique, ledit challenge a commencé avec plusieurs mois de retard sur la date fixée par les responsables de la fédération. Les clubs asphyxiés financièrement demandaient à la FAF de tenir ses promesses. M. Djamel Kashi, président de la section football féminin de l’AS Alger-Centre, mènera un bras de fer avec le premier responsable de la FAF, Mohamed Raouraoua. Ce dernier, qui avait lancé l’idée de réorganiser cette pratique au lendemain de sa réélection propose la création d’une commission nationale de football féminin. La saison actuelle verra la promulgation par la FAF d’un nouveau challenge. Le bureau fédéral, tenu le 3 octobre souligne l’impérieuse nécessité d’affermir le projet de football féminin auquel «beaucoup de moyens seront consentis», assure le communiqué du BF. La commission nationale de football féminin n’est plus une promesse. Son président n’est autre que… Djamel Kashi. Ce dernier propose de «déstructurer» le championnat national. C’est l’option d’un championnat régional assorti d’un play-off qui est retenue. Le lancement d’autres challenges pour les jeunes catégories ainsi que la proposition faite aux clubs de L1 et 2 de créer des sections féminines seront les principaux axes dudit projet. L’objectif de cette opération est de mettre fin à la ruée vers l’Europe. Championne arabe en 2006 à Alexandrie et vice-championne maghrébine (2009) avec des joueuses du championnat national (Alger-Centre) essentiellement, l’EN est devenue «gourmande» et s’est lancée, depuis quelques années déjà, à la recherche de footballeuses outre-mer, et même à Dubaï. Celles puisées dans le challenge national se font rares au niveau des sélections. La fédération, certainement remontée par l’expérience des Verts, semble décidée à revenir aux normes qui veulent que le plus gros du travail de formation se fasse en Algérie. Les enseignements à tirer de cette troisième participation de nos dames à la phase finale de la CAN devront conforter cette démarche. L’Algérie ne gagnera pas la CAN féminine de sitôt, c’est une certitude. Les sélections d’Afrique sont très en avance sur le projet. L’Algérie aurait mieux à travailler en profondeur que d’aller puiser ses effectifs d’élite au sein des clubs français. Un pays où la pratique du football féminin est en place depuis le début du siècle dernier (le championnat de France féminin a été lancé en 1919) et dont la sélection «A» fait partie du top Ten (8e au classement Fifa), malgré un palmarès quasi-vierge.
B. M.



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