Actualités : SON GESTE DÉSESPÉRÉ A GALVANISÉ LES TUNISIENS
Mohamed Bouazizi, un symbole


Le geste désespéré d’un jeune vendeur de fruits et légumes de la ville de Sidi Bouzid a été l’élément déclencheur de réactions en chaîne qui ont abouti à la chute du régime Ben Ali. Mohamed Bouazizi s’est immolé par le feu le 17 décembre dernier.
Près d’un mois après, soit le 14 janvier, le président Ben Ali est forcé à quitter le pouvoir et la Tunisie après 23 ans de règne par un peuple tunisien qui a exprimé sa révolte. Manifestations, marches, affrontements avec les forces de police, les Tunisiens n’ont à aucun moment fait marche arrière. Mohamed Bouazizi vendait ses fruits et légumes à la sauvette pour subsister à Sidi Bouzid, une ville de 40 000 habitants. Il était diplômé chômeur à l’instar de bon nombre de jeunes Tunisiens et la confiscation de sa marchandise par la police tunisienne a poussé le jeune Mohamed à commettre l’irréparable en s’immolant par le feu devant la préfecture de sa ville. Le geste désespéré n’a pas laissé indifférents les compatriotes de Mohamed Bouazizi, qui ont improvisé un rassemblement pacifique et demandé à être reçus par le gouverneur local. Mais le 19 novembre, deux jours après la réaction désespérée du jeune Tunisien, les événements s’accélèrent et ce qui au début n’était qu’une réaction de révolte dans une bourgade tunisienne, a fini par embraser tout le pays. C’est ainsi qu’un sit-in pacifique interrompu par des gaz lacrymogènes et des coups de matraque finit par mettre le feu aux poudres et sortir tout un peuple opprimé de sa léthargie. Manifestations, arrestations puis les premières personnes tuées, la révolte populaire, loin de s’arrêter, prend de l’ampleur et la mort du jeune Mohamed galvanise le peuple tunisien qui décide de prendre son destin en main. Ceci d’autant que la police tunisienne tire sur les manifestants faisant dès le 24 décembre dernier deux morts. Les événements s’enchaînent rapidement et les promesses et assurances du président Ben Ali, loin de rassurer, attisent la colère de la jeunesse tunisienne. Vendredi 14 janvier aux cris de «Ben Ali dehors», le peuple tunisien scelle son destin, quelques semaines après le geste désespéré d’un jeune vendeur à la sauvette.
F.-Zohra B.



Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2011/01/16/article.php?sid=111389&cid=2