Culture : DES LIEUX, UNE HISTOIRE
Villes côtières


Et si l’on quittait le Grand-Alger, le temps d’une escapade ? Direction quelques villes côtières de l’Ouest, comme Bou Ismaïl (ex-Castiglione), Aïn Tagouraït (ex-Berard), Bou Haroun...
Castiglione (Bou Ismaïl) :
Baptisé du nom d’une bataille victorieuse de Bonaparte, ce village de la côte-ouest a accueilli ses premiers émigrants en 1848, des ouvriers parisiens arrivés à Alger à bord du bateau Le Montezuma, puis une seconde vague de colons espagnols, originaires d’Alicante et de Port Mahon aux Baléares, s’installèrent dans ce coin de littoral. Vers 1950, Castiglione comptait environ 6 000 habitants qui vivaient essentiellement de la vigne et de la pêche. En 1921, une station expérimentale d’aquaculture et de pêche y fut créée. Elle comprenait un laboratoire de recherche bactériologique, une bibliothèque et un aquarium. L’hippocampe a été choisi par les fondateurs de ce projet pour symboliser l’aquarium.
Bou Haroun
Cette ville balnéaire tire son nom de la qobba du vénéré Sidi Bouharoun, accrochée à un ravin. Une colonie de marins bretons s’y établi en premier, en 1831, suivie par des émigrants siciliens et napolitains. Ces marins pêcheurs y développèrent la pêche à la sardine et à l’anchois. La première usine de conserves a été implantée à Bou Haroun en 1909.
Berard (Aïn Tagouraït)
Jadis, cette région était couverte de lentisques et peuplée par les chacals. Elle doit son nom à un officier français de la marine qui avait dessiné les cartes du littoral de l’Algérois pendant la période coloniale. Une vingtaine de familles originaires de Savoie et du Dauphiné s’y installèrent en premier. Jaillissant d’une colline, la cascade d’Aïn Tagouraït est liée à une légende. On raconte qu’une princesse berbère, qui souffrait de cécité, a retrouvé la vue après s’y être lavé le visage. Cette cascade est classée au patrimoine national. On prétend aussi que la dernière panthère d’Algérie a été abattue à Berard en 1910. Après l’indépendance, ce village a repris son nom berbère originel : Aïn Tagouraït.
Port de Chiffalo (Khemisti)
Ancien village de pêcheurs siciliens. Premières familles débarquées vers 1880, les Bruno, les Affidi, les Mercurio, les Altavilla, les Casteldaccia... Ils ont baptisé Chiffalo en souvenir de leur ville natale : Cefalu, en Sicile. Ce port abritait les célèbres conserveries des frères Falcone. Le premier curé du village s’appelait l’abbé Attard. Il était d’origine maltaise et conduisait sa Rosalie (une voiture) pour aller lire la messe, les dimanches. On appelait les habitants de Chiffalo, les Chiffalotains. Après l’indépendance, Chiffalo fut baptisée du nom de Mohamed Khemisti, premier ministre des Affaires étrangères, assassiné en 1963.
SabrinaL
SabrinaL_lesoir@yahoo.fr



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