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Des projets inachevés sur le site de cap Rouge à Cherchell


En forme de corne, le site de cap Rouge, distant de 2 000 m du centre de Cherchell, pénètre profondément la mer, sur plusieurs dizaines de mètres. Ce site était prévu pour abriter plusieurs projets semi-urbains de grande envergure qui s’étendraient, selon ses concepteurs, sur une superficie de 48 ha.
Devant à l’origine, en 2005, abriter des projets touristiques de dimension régionale qui viseraient la création d’un pôle secondaire à vocation touristique et culturelle et constituer un immense générateur d'emplois, cap Rouge se voit réduit aujourd’hui à n’être qu’un immense lotissement résidentiel de 382 logements situé à proximité immédiate de la mer. Il convient de rappeler à ce titre que les six entreprises chargées de réaliser ces logements sociaux participatifs s’étaient engagées initialement sur un délai de 24 mois, avec un coût avoisinant 100 milliards de centimes. Constitué de 17 blocs de type R+4 et R+5 de 150 logements de type F4, de 154 logements de type F3 et de 78 logements de type F2, cet ensemble voit sa livraison différée au-delà de 2010, alors qu’il était prévu pour être livré en septembre 2009. Mais au-delà de ce retard se pose la question concernant le site où était prévue la construction d’un complexe hôtelier de 156 000 m2, d’un village artisanal de 20 000 m2, et d’un espace de détente et de récréation dotés d’une intégration totale d’équipements d’accompagnement cap Rouge était destiné, selon ses initiateurs, «à jouer un rôle majeur dans la configuration d’un pôle touristique sis à Cherchell ouest». Un élu local nous déclare : «A l’origine, je croyais dur comme fer qu’il s’agissait d’un ensemble de complexes culturels et touristiques qui sera générateur d’emplois pour la région et accessible aux bourses moyennes, à l’image des complexes de niveau international. J’y crois encore, car ce site est situé dans une zone vierge et non polluée, bénéficiant ainsi de toutes les commodités : route nationale, montagne, proximité immédiate des marchés de Cherchell...» Boualem M., un cadre à la retraite, nous dira avec tristesse que «le retard enregistré dans la réalisation de ces importants projets, et probablement leur réaffectation, voire leur suppression à travers la révision des projets communaux affectera gravement le développement et la promotion de l’emploi et, partant, accentuera le chômage rampant qui menace notre région». Un ex-élu, qui préfère garder l’anonymat, très au fait des préoccupations citoyennes, dépité et la rage au ventre, nous confiera : «Décrié, puis annoncé comme imminent, ce projet touristique de “Pointe rouge“ était censé venir en complément au fabuleux projet de Oued Bellah situé à l’est de Cherchell. Ce projet cap Rouge prévoyait la réalisation d’un immense complexe hôtelier de haut standing structuré autour de deux hôtels trois étoiles de 600 lits chacun. On prévoyait par ailleurs la réalisation d’un village artisanal regroupant toutes les activités artisanales et culturelles axées sur le tourisme et la préservation de l’art local, (gastronomie, poterie, musique, etc.).» Une autre source nous indiquera qu’«une avenue piétonne, de type promenade, avait été prévue par les initiateurs pour agrémenter ce projet. Elle devait longer la zone côtière bordant ce complexe touristique, avec des espaces de dégustation et de restauration, et récréatifs». Ammi Mohammed, un sexagénaire, membre d’association, fulmine : «C’est incroyable qu’un tel projet, dont le lancement fut inauguré par des responsables de l’Etat, et dont les études ont coûté très cher, soit délaissé ainsi. Cherchell a besoin de ressources. On n’a pas besoin uniquement de buildings, mais de faire travailler nos enfants, nos commerces et attirer un maximum de touristes sur nos sites balnéaires et archéologiques. Pourquoi priver les Cherchellois des ressources que pourront générer ces importants projets de cap Rouge ?»
Larbi Houari



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http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2011/12/07/article.php?sid=126907&cid=2