Actualités : DIVORCES
Les avocats plaident pour la médiation familiale


Les avocats demandent l’instauration de la médiation familiale dans le procédé du divorce. Pour eux, la mésentente dans le couple entraîne souvent la violence et le divorce.
Rym Nasri – Alger (Le Soir) – «Nous demandons l’application de l’article 56 du droit de la famille, portant sur le divorce, qui prévoit que le juge peut désigner des médiateurs. Il faut ainsi instaurer le médiateur dans la procédure du divorce», a plaidé Me Benbrahem en marge de la journée d’étude sur la médiation familiale, tenue hier à Alger. Selon elle, cette démarche conduira inévitablement à la révision du code de la famille. «Il faut que le procédé du divorce soit réparti en deux : phase de réconciliation et médiation, et phase du divorce», a-t-elle dit. Elle estime que cette «reformulation» du procédé du divorce permettra de réduire de 50% le nombre de ces cas en Algérie. Soulignant que journée sur la médiation familiale est une première dans notre pays, l’avocate a rappelé que les musulmans étaient les précurseurs dans la médiation. «Aujourd’hui, seules les tribus kabyles et touaregs ont échappé à la modernisation et à la mondialisation et continuent à régler les conflits de mésentente entre le couple au sein de la djemaâ», fait-elle remarquer. Et d’expliquer : «Nous disposons d’éléments juridiques que nous n’appliquons pas. La surcharge que subit le juge via le nombre important de dossiers à traiter en est la cause.» Elle déplore que la justice algérienne soit devenue une justice de «quantité» et que la justice de «qualité» soit ainsi estompée. Toutefois, Me Benbrahem n’a pas omis de souligner l’importance de la formation des médiateurs. Elle suggère, à cet effet, de recourir à des magistrats en retraite comme formateurs. «Ces magistrats possèdent une grande expérience juridique.» Elle a également ajouté que les psychologues, médecins et imams sont des personnes habilitées à assurer le rôle de médiateur. Dans son intervention, le ministre de la Solidarité nationale et de la Famille, Saïd Barkat, a assuré que la fonction publique a accepté et accordé un budget à la fonction du médiateur. Ces médiateurs seront en poste dans les directions de wilaya relevant du ministère de la Solidarité. «Nous sommes en faveur de solutions clémentes basées sur la communication sans avoir recours à la justice afin d’éviter les dérapages au sein d’un couple. Quand une affaire arrive devant la justice, elle est souvent mal vécue par la famille», explique-t-il. Quant aux personnes chargées d’assurer ce rôle, le ministre a préconisé une formation en psychologie, un savoir-faire et une sagesse ainsi qu’une aptitude à garder le secret de la famille. Par ailleurs, les statistiques communiquées par le ministère de la Justice relèvent 49 839 cas de divorce enregistrés en 2010 contre 41 643 en 2009.
R. N.



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http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2011/12/07/article.php?sid=126911&cid=2