Actualités : BOUGUERRA SOLTANI, PRÉSIDENT DU MSP :
«Je ne serai jamais ministre»


Le président du MSP, Aboudjera Soltani, est catégorique : le courant islamiste prendra le pouvoir en Algérie en 2012. Sa certitude, il l’a publiquement affichée dans un entretien publié hier sur le journal Djazair News dans sa version arabophone.
Abder Bettache (Alger – Le Soir) - La forte percée du courant islamiste dans plusieurs pays arabes, particulièrement, en Tunisie, au Maroc, en Egypte ou encore Libye ont donné des ailles aux islamistes algériens, dont le MSP de Aboudjera Soltani. Ce dernier n’y est pas allé par quatre chemins pour afficher ses ambitions et se positionner comme le leadership de la mouvance islamiste en Algérie. Cette dernière, selon le président du MSP, remportera les prochaines élections législatives prévues en 2012. «Si les prochaines élections se déroulent dans les meilleures conditions et sans trucages, la victoire ne peut être que pour les islamistes», a-t-il indiqué. Mieux encore, le successeur de Mahfoud Nahnah à la tête du MSP dira que la période qui s’étalera entre juin 2012 et juin 2013 sera chaude et que «des changements radicaux interviendront». Cependant, Aboudjerra Soltani a évité de parler de la nature de ces changements et encore moins la forme qu’ils prendront. Il dira seulement que «c’est l’histoire qui imposera ces changements», arguant que selon «le cours de l’histoire tous les cinquantes ans, une nouvelle république voit le jour». C’est dans cette optique qu’il dira que les islamistes prendront le pouvoir en Algérie en 2012, une année qui coïncidera avec la célébration du cinquantième anniversaire de l’indépendance de l’Algérie. Aboudjera Soltani n’a pas caché ses ambitions politiques. «Je ne serai jamais ministre», a-t-il répondu à une question sur ses ambitions politiques futures. La présidentielle de 2014 ? «C’est une ambition. Une ambition légitime», a-t-il ajouté, en laissant entendre qu’il n’exclut pas sa candidature pour la présidentielle d’avril 2014. «Je crois que je n’ai pas donné suffisamment l’équivalent de ce que mon pays m’a donné. Je ne veux être ni l’Erdogan d’Algérie, ni Ghannouchi d’Algérie et ni le Benkirane d’Algérie. Je veux être seulement Aboudjerra Soltani l’Algérien», a-t-il tenté d’expliquer. Pour Aboudjera Soltani «si les prochaines élections se déroulent dans les meilleures conditions, sans trucages et ni fraudes, la victoire ne peut être qu’islamiste». L’Algérie sera-t-elle dès lors une république islamiste ? Pour le président du MSP, le discours idéologique est «désormais terminé. Place au discours du programme». «Nous revendiquons des élections propres et crédibles et par voie de conséquence, nous devons rendre la parole au peuple. Toutes les élections précédentes, qu’elles soient locales ou législatives étaient truquées, à l’exception des élections présidentielles », a-t-il indiqué. Par ailleurs, le président du MSP a confirmé les propos tenus récemment au sujet de sa participation à l’Alliance présidentielle. Il rappellera à ce propos que cette «Alliance présidentielle est morte» et lance en la circonstance un appel pour qu’une partie «annonce avec beaucoup de courage son décès». Enfin, il conclut en déclarant que le «président de la République est l’initiateur des réformes engagées actuellement dans notre pays». Or, «aujourd’hui, ces réformes» ont été récupérées politiquement, d’où l’urgence de prendre une initiative pour les récupérer avec le même esprit qui a prévalu le sauvetage de la concorde civile et de la réconciliation nationale».
A. B.



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http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2011/12/07/article.php?sid=126917&cid=2