Monde : MOSCOU
Des forces spéciales en renfort avant une nouvelle manifestation


Des forces spéciales du ministère russe de l'Intérieur sont arrivées en renfort hier à Moscou après une manifestation massive la veille contre le résultat des législatives de dimanche et avant un nouveau rassemblement d'opposants prévu dans la soirée. Le président Dmitri Medvedev a, par ailleurs, rejeté les critiques d'organisations occidentales sur le déroulement du scrutin remporté par le parti au pouvoir Russie unie.
«Qu'elles surveillent les élections, les violations (des règles de procédure, ndlr), c'est une chose, mais l'état du système politique, ce n'est pas leur affaire», a déclaré M. Medvedev, après que la mission d'observateurs de l'OSCE a parlé la veille de «bourrage d'urnes», mais aussi une trop grande proximité entre l'Etat et le parti. Intervenant au cours d'un Conseil ministériel de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) à Vilnius, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton avait auparavant estimé que les élections en Russie n'avaient été «ni libres ni équitables». A Moscou, plusieurs unités des forces spéciales, notamment de la division d'élite Dzerjinski, ont été mobilisées pour assurer le maintien de l'ordre, a indiqué à l'AFP un porte-parole de la police de la capitale. Un journaliste de l'AFP a vu hier une dizaine de ces camions garés sur le boulevard périphérique qui ceinture le centre-ville. Une autre journaliste a vu au total une quarantaine de véhicules — camions militaires remplis de soldats, cars de police, fourgons cellulaires — dans un autre quartier du centre. Les forces de l'ordre ont tenté de relativiser la portée de ces informations, indiquant qu'un régime de sécurité renforcée était appliqué à Moscou pendant les élections et jusqu'à la publication des résultats définitifs, et que l'arrivée de ces camions s'inscrivait dans le cadre de la rotation des effectifs. Les troupes spéciales arrivées dans la capitale «n'ont qu'un seul but : assurer la sécurité des citoyens», a déclaré le lieutenant- colonel Vassili Pantchenkov, interrogé par l'agence de presse Interfax. La police de Moscou a adressé hier une mise en garde à tous ceux qui seraient tentés de participer aux manifestations interdites par les autorités. Ceux qui tentent de mener de telles actions doivent comprendre qu'ils seront interpellés et devront en répondre devant la loi», a-t-elle indiqué dans un communiqué. Un rassemblement non-autorisé, à l'appel de sympathisants de l'opposition lancé sur les réseaux sociaux, est prévu pour vers 19h (15h GMT) sur la place Trioumfalnaïa, dans le centre de Moscou, sous le slogan «Nous sommes contre Russie unie !». Plus de 5 000 personnes ont répondu à l'appel sur le réseau social russe VKontakte.ru. Une autre manifestation d'opposants est également prévue dans la soirée à Saint-Pétersbourg, deuxième ville du pays. Par ailleurs, une manifestation — celle-ci autorisée — à l'appel du mouvement de jeunes partisans du Kremlin Nachi sur la place Pouchkine, au cœur de Moscou, a réuni dans l'après-midi environ 2 000 participants. Ceux-ci ont contesté qu'il y ait eu des irrégularités dans le scrutin de dimanche remporté par le parti Russie unie de Vladimir Poutine, d'après l'agence de presse RIA Novosti. Lundi, une manifestation de l'opposition — d'une ampleur sans précédent ces dernières années — avait rassemblé sous une pluie battante à Moscou quelque 2 000 personnes, selon la police, 10 000 selon les organisateurs. La mobilisation a été beaucoup plus forte que d'habitude, les manifestations d'opposants — souvent dispersées sans ménagement par la police — ne rassemblent depuis des années qu'un noyau de militants déterminés. «La Russie sans Poutine !», «Poutine doit aller en prison !», ont scandé les manifestants, pour la plupart des jeunes mobilisés via les réseaux sociaux. A l'issue de cette manifestation, plus de 300 personnes ont été interpellées, parmi lesquelles le blogueur dénonçant la corruption Alexeï Navalny, et un dirigeant d'un mouvement de l'opposition libérale, Solidarnost, Ilia Iachine. Ce dernier a été condamné hier à 15 jours de prison pour refus d'obtempérer. D'autres opposants, dont M. Navalny, encourent la même peine. C'est la même sentence qui avait été prononcée en janvier par un tribunal de Moscou à l'encontre de deux autres leaders de l'opposition russe, l'ex-vice Premier ministre Boris Nemtsov et l'écrivain Edouard Limonov, pour avoir participé à une manifestation non autorisée contre le pouvoir.



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http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2011/12/07/article.php?sid=126893&cid=26