Actualités : CHERCHELL
Un port de pêche aux ambitions légitimes


Au lendemain de l’indépendance, Cherchell disposait dès 1968 d’une flottille de 40 unités composée de 7 chalutiers, 9 lamparos, 4 ring nets et 20 petits métiers, lui permettant de pêcher une moyenne annuelle de 1 400 tonnes, se plaçant en troisième position, derrière Alger, Bou Haroun et Zemmouri, mais devant Béjaïa, Ténès et Dellys, dont la production moyenne, en cette période, avoisinait 600 tonnes/an.
L’autre caractéristique du port de Cherchell, durant les décennies 1960 et 1970, fut marquée aussi par sa performance dans la pêche du poisson bleu (250 tonnes/an) et crustacés (100 tonnes/an). Il se plaçait alors en deuxième position des 7 ports de pêche du Centre algérien. Ainsi, ce port orienté vers le nord-est se destine uniquement à la pêche. Il se situe à proximité d’une falaise haute de plusieurs dizaines de mètres, le séparant du centre historique de la ville. Jusqu’en 2005, ce port ne disposait que d’un seul bassin ayant une capacité théorique de 64 unités de pêche (21 chalutiers, 9 senneurs et 34 petits métiers). Il se trouvait alors encombré par un parc halieutique qui dépasse de très loin sa capacité d’accueil. Plus de 100 unités de pêche y stationnent, dont 18 chalutiers, 14 senneurs et 68 petits métiers. L’encombrement au sein de ce petit bassin fut affligeant. Se côtoyaient alors des sardiniers de faible envergure avec des supers chalutiers de plus de 30 mètres. Des géants, dont le seul accès au port effraie. Rappelons par ailleurs qu’avant l’opération de protection du rivage, qui avait démarré en 1991 et forte d’une enveloppe initiale de 50 milliards de centimes, l’accès à ce port se faisait par une passe de 250 mètres de longueur, puis par une passe intérieure de 24 mètres de largeur. Le récent aménagement et l’extension de ce port viennent d’offrir plusieurs centaines de postes de travail.au sein de 43 chalutiers, 31 sardiniers, 96 petits métiers. La capacité moyenne de pêche annuelle est ainsi portée à 2 000 tonnes de poisson, dont près de 70% en poisson bleu, 20% en poisson blanc et le reste réparti entre les crustacés, les squales et les espadons. Ce faisant, il dispose d’un quai utilisable de 615 mètres de long avec 14 000 mètres carrés de terre-plein et de 6 500 mètres carrés réservés au port de pêche avec une cale de halage de 20 mètres de largeur, dont l’équipement est mis à la disposition des embarcations de pêche et de plaisance. Rappelons que les travaux de protection de ce port, confiés à une entreprise spécialisée dans les travaux maritimes, ont permis de procéder à la réfection de l’actuelle jetée principale en portant son envergure à 412 mètres et la création d’une jetée secondaire de 60 mètres ayant permis l’extension du plan d’eau initial de 2 hectares disposant d’un terre-plein de 2 300 mètres vers un nouveau plan d’eau de 6 hectares. Cette entreprise, qui a déjà procédé à la mise en place de plus de 110 000 tonnes de rochers coulés dans 16 500 mètres cubes de béton, a aménagé, grâce à deux autres enveloppes budgétaires totalisant plus de cent milliards de centimes, plusieurs quais en plus des quatre existants de 520 mètres linéaires, pour être portés à plus de 1 120 mètres. Le revers de la médaille de ces gigantesques travaux est attristant pour les Cherchellois car le site féerique et panoramique de Cherchell d’antan a disparu à tout jamais. On ne verra ni les plages «Scafon» ni «la plage aux restaurants sur pilotis». Cette nouvelle opération d’extension du port, a porté l’actuelle cale de halage de 20 mètres à plus de 420 mètres carrés, et a vu la construction d’une digue de protection en pieux de 170 mètres carrés avec le dragage de l’actuel bassin ainsi que le déroctage du nouveau bassin sur une surface de 20 000 mètres carrés. Ces travaux herculéens viennent d’être accompagnés récemment d’un projet appelé «parachèvement de la protection et de l’aménagement du port» doté d’une enveloppe financière de 180 milliards de centimes, dont les travaux d’étude devraient démarrer incessamment. Dans cette attente, ces travaux et la réception définitive doivent avoir lieu en septembre 2013. Ce projet portera la capacité d’accueil actuelle du bassin lui permettant d’accueillir dans le futur 1 328 unités, dont 380 chalutiers, 344 sardiniers et 604 petits métiers auxquels s’ajouteront six unités semi-industrielles. La production halieutique sera portée à… 13 000 tonnes de poisson/an.
Larbi Houari

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