Monde : YÉMEN
Deux blessés dans des heurts à Sanaa


Deux personnes ont été blessées dans des heurts hier à Sanaa entre partisans du président Ali Abdallah Saleh et soldats demandant le départ d'un général accusé de corruption, ont rapporté des témoins.
Les soldats et officiers participant à un sit-in pour demander le départ du général Ali al-Chater, accusé de corruption et qui dirige depuis 1978 le service de propagande de l'armée, ont été attaqués par des partisans de M. Saleh dont certains étaient armés de fusils automatiques. Le sit-in se tenait devant le service de l'information de l'armée sous une grosse bannière proclamant «On ne veut plus de Chater ». Une personne a été blessée par balle et l'autre par un jet de pierre. Le Yémen connaît de nombreux mouvements de protestation contre la corruption. Un sit-in est en cours pour demander le départ du chef du département des officiers au ministère de la Défense et d'autres ont lieu dans des académies militaires, un grand hôpital, et à la compagnie aérienne Yemenia. D'autres protestations ont lieu en province. M. Saleh doit quitter le pouvoir en février en vertu d'un accord avec l'opposition qui lui accorde l'immunité mais des manifestants exigent qu'il soit jugé pour la répression qui a fait des centaines de morts depuis onze mois. A ce propos, les Etats-Unis ont annoncé qu'ils étudiaient la demande de visite du président yéménite Ali Abdallah Saleh, mais qu'ils ne l'accorderaient que pour raison médicale «légitime», a indiqué hier un haut responsable américain. De hauts responsables ont également indiqué que le principal conseiller du président Barack Obama pour l'antiterrorisme, John Brennan, avait appelé le vice-président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi dimanche pour demander un «maximum de retenue» à l'égard des manifestants. Treize manifestants ont été tués dans l'attaque lancée samedi à Sanaa par des forces de sécurité et des partisans armés du président Saleh. Le bureau du président Saleh a contacté l'ambassade américaine à Sanaa et déclaré que le leader yéménite souhaitait se rendre aux Etats-Unis pour «un traitement médical spécial», a expliqué un haut responsable américain. «Le seul motif pour lequel un voyage aux Etats-Unis du président Saleh serait autorisé est un traitement médical légitime», a dit ce haut responsable sous couvert de l'anonymat. Le président yéménite Ali Abdallah Saleh, dont le départ du pouvoir est prévu en février, avait annoncé samedi à la presse qu'il allait se rendre «dans les prochains jours» aux Etats-Unis. M. Saleh, blessé dans une attaque à la bombe contre son palais à Sanaa le 3 juin dernier, avait été soigné en Arabie saoudite.

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