Culture : RECUEIL DE BOUKALATE RÉUNIES PAR MME BELHAMISSI FARIDA
Beauté du patrimoine


Ancré dans les traditions culturelles algériennes, les boukalate, que la majorité désigne par une sorte de souhaits qui ressembleraient à des dictons arabes, sont connues pour être largement pratiquées dans l’Algérois.
Mais pas seulement, puisque plusieurs régions de l’Oranie (Tlemcen ou Mostaganem, entre autres régions) pratiquent ce «divertissement culturel» de la boukala. Fervente admiratrice des boukalate, Mme Belhamissi Farida a décidé d’en rassembler quelques-unes dans un recueil qui vient de paraître en ce début d’année chez les éditions El-Adib. Il s’agit pour l’auteur de préserver cette tradition en prenant soin de retranscrire les innombrable boukalate. «Ce sont des poésies anciennes que j’ai recueillies depuis plusieurs années, auprès de ma mère, mes tantes et bien d’autres personnes et que j’ai regroupées dans ce recueil. Les boukalate sont un patrimoine culturel que nous devons préserver», dira Mme Belhamissi. Au total, 163 boukalate sont réunies dans ce livre proposé aux lecteurs(trices) qui pourront animer leurs soirées en jouant à la boukala. Même si de nos jours le rituel de la boukala a perdu de son attrait puisque le rituel n’est pas respecté, on se contente de penser à la personne à qui on dédie la boukala, ou alors à nouer un vêtement et à lire la boukalaen tentant de la déchiffrer. Avant, le rituel était beaucoup plus complexe et donc pour les anciens qui y jouaient, la boukala avait plus de chance de se révéler exacte. Pour certaines adeptes, à l’origine «le mot boukala désigne un vase d'argile, qui constituait l'objet principal du rituel. On le remplissait d'eau et on y jetait un bijou en argent dans le but d'y attirer un djinn (une créature dotée de pouvoirs surnaturels). Puis, on faisait passer le vase aux femmes désireuses de participer au rituel afin que chacune d'elles y dépose une fève qu'elle avait marquée pour pouvoir être identifiée lors du tirage au sort. Enfin, on couvrait le vase et on procédait aux fumigations, préparées avec du benjoin, des feuilles de henné, quelques gouttes d'huile d'olive, des effilures de vêtements d'une femme non mariée et des petits morceaux de bois prélevés sur sept portes différentes. Chaque «ingrédient» avait son importance». Pour d’autres, les boukalate sont des sortes de pensées «philosophiques », avec pour principe de mettre dans une sorte de récipient les bagues de toutes les personnes présentes et ensuite quelqu'un met sa main dans le récipient et en sort une bague, sa propriétaire donne un chiffre à la personne qui a les boukalate afin qu'elle lui lise sa boukala et toutes tentent de la déchiffrer. Quelles que soient les pratiques de la boukala, elle continue d’animer les soirées de Ramadan, ou de fête ou bien même des soirées de détente, en général entre femmes, qui récitent l’une après l’autre les boukalate au sens «magique et divinatoire». Des vers que l’on peut lire dans le recueil de Mme Belhamissi, qui parlent d’amour, de séparation, d’union, de souhaits... Le recueil est disponible dans les librairies à Oran.
Amel Bentolba

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