Actualités : ILS MENACENT DE PARALYSER TOTALEMENT LA CIRCULATION AU NIVEAU DE L’AUTOROUTE ET LA RN5
Les jeunes d’Ahnif réclament une vie digne


Pour une première, c’en est vraiment une, dans la région de M’chedallah. Les jeunes de la commune d’Ahnif, au lieu de recourir au procédé classique de fermeture de la route ou encore celui du siège de leur APC, ont décidé d’observer au niveau du carrefour d’Ahnif, communément appelé Maillot-Gare, un sit-in, sans toutefois gêner la circulation routière.
Bien au contraire, pour nombre d’entre eux, l’action vise en premier lieu à attirer l’attention des passants, notamment par la dizaine de banderoles déployées tout autour de la placette qui a servi de lieu de rassemblement. Une placette qui, faut-il le souligner, porte plus qu’un symbole puisque s’y trouve une stèle sous forme d’un grand Z, en caractères tifinagh et qui fut érigée en hommage aux martyrs du Printemps noir, dont Amir Aïssa qui est justement natif de Thamellahth. Hier, lundi donc, les jeunes issus pour la plupart de la région de Thamellahth qui compte sept villages, se sont donné rendezvous au niveau de cette placette pour prendre à témoin l’opinion publique sur le calvaire que vit leur région, la marginalisation dont elle est victime et le manque flagrant de commodités. «Nous sommes en 2012, et figurez-vous, notre région, qui a été le fief des révolutionnaires et l’un des PC de la Wilaya III historique, ne dispose pas encore de gaz naturel, ni d’eau, ni de routes reliant les villages. Nous avons des sources intarissables qui ne sont pas exploitées, des gisements de plâtre, dont les sièges sociaux et les usines sont installés dans une commune limitrophe et qui ne profitent aucunement à notre commune, ni en termes d’emploi ni en termes de fiscalité, des voies de communication qui traversent la localité d'Est en Ouest, comme l’autoroute, la RN5 et la voie ferrée qui ne nous profitent pas», dira, en substance, l’un des initiateurs de cette action, Abane Meziane. Haut-parleur à la main, il explique aux jeunes venus nombreux le pourquoi de cette action. «Nous sommes là pour dire basta aux responsables qui ont de tout temps ignoré notre région. Notre région, qui a été le fief des révolutionnaires, est marginalisée. Nous ne pouvons continuer comme ça. Ça suffit», dira-t-il en lançant en chœur «Ahnif d’nnif, ma nukni narwa l’hif (Ahnif symbolise l’honneur, mais nous, nous sommes gargarisés par la misère ou encore, «la lgaz, la amane, nutni tsdawin Di Lalmane nous n’avons ni gaz ni eau, alors qu’eux, ils se permettent des cures en Allemagne). D’autres problèmes ont été évoqués par les citoyens présents comme la cité d’Ighrem qui date de l’ère coloniale qui n'a bénéficié d’aucun programme de rénovation, le manque d’aides pour l’habitat rural, le chômage endémique qui ronge les jeunes à cause du manque d’investissements. Cela étant, malgré toute la mobilisation qu’a connue cette action, aucun responsable n’a daigné pointer le nez pour s’enquérir de la situation et écouter ces jeunes. Ce mépris, les jeunes l’ont bien compris. «Nous sommes là d’une manière pacifique, mais qu’ils sachent que si les choses restent en l’état, nous allons paralyser les voies d’accès qui passent par notre commune : autoroute, RN5 et voie ferrée. Nous allons mobiliser tout le monde jusqu’à ce que nos revendications, toutes nos revendications, soient prises en charge», diront-ils. A bon entendeur salut !
Y. Y.

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