Voxpopuli : À propos du voyage de Ferhat

«Tout ce qui est grand se passe loin de la place publique et de la gloire : loin de la place publique et de la gloire demeurèrent de tout temps les inventeurs de valeurs nouvelles» Friedrich Nietzsche.
Si Ferhat M’henni avait le mérite d’exprimer ses pensées durant la période de fer, et payer ses engagements patriotiques par des années de prison dans les terribles geôles de Lambèse ou de Berrouaghia, il ne demeure pas moins qu’il n’était qu’un maillon parmi tant d’autres qui avaient formé la longue chaîne de résistance au régime post-indépendance. Il y a même parmi eux ceux qui avaient lutté dans l’ombre féconde de l’histoire et qui quittaient cette vie dans l’anonymat. A ces derniers mes respects et ma gratitude. Qu’il parte en Israël ou en dehors de la voie lactée, il demeure libre de ses mouvements et de ses choix politiques, et cela ne mérite même pas tout ce tapage ! L’auteur du voyage ne peut échapper à la description générale de l’être humain fait de chair banale et périssable. Les mérites du fils d’Adam ne dépendaient ni de ses origines ni de l’hérédité. Mais de ses actions quotidiennes, depuis sa naissance jusqu’à son agonie. Pour ne pas transgresser les règles élémentaires de la démocratie, qu’il parle en son nom, celui de ses adeptes, pas au nom des Kabyles car la Kabylie est politiquement hétérogène et aucun parti ou homme n’ont la mainmise sur elle ! Et aucun d’eux n’a l’exclusivité de narrer au nom de la Kabylie. Maintenant on a le droit de poser la question fondamentale : le Kabyle fait-il partie du pouvoir et de son ossature (l’armée, la justice et les grandes sociétés économiques) ? Ou est-il exclu comme l’Arabe d’Iran, de Syrie ou le Tibétain de Chine ? La réponse affirmative exclut tout argument de marginalisation ethnique et l’Algérie ne s’inspire pas de régimes syriens ou iraniens qui isolent des groupes ethniques sur tous les plans tel un singleton en mathématique ! Vous commettez un crime envers les générations futures en leur léguant des rêves utopiques et combien nuisibles à leur propre survie ! (…)
Medjahed Larbi, ingénieur d’Etat en génie des polymères, professeur de physique et génie des procédés, écrivain

Nombre de lectures :

Format imprimable  Format imprimable

  Options

Format imprimable  Format imprimable