Culture : COLLOQUE SUR CHEIKH HADJ AREZKI CHERFAOUI
L'oublié de l'histoire


Un colloque sur l’éminent imam, Cheikh Hadj Arezki Cherfaoui, dit Al-Azhari, s’est tenu, les mercredi et jeudi derniers, à la Zaouia de Cheurfa N’Bahloul (Azazga), en présence de plusieurs théologiens venus de différentes régions du pays.
Cette rencontre a surtout mis en exergue la vie de l’imam Hadj Arezki, ses actions caritatives, ses accointances avec le mouvement des oulémas, son engagement patriotique et son enseignement d’un islam authentique. Cheikh Hadj Arezki Cherfaoui a passé 27 ans à la prestigieuse université égyptienne, dont 11 comme enseignant. C’était dans les années 1920 et début de la décennie 1930. Il était détenteur d’une «Chahadat al aâlamia», un titre qui serait, aujourd’hui, l’équivalent d’un doctorat et un autre diplôme qui lui donne droit d’enseigner. Ses compétences reconnues, il était donc, le premier enseignant non Egyptien à être autorisé à dispenser des cours à Al-Azhar qui lui a donné son pseudonyme de Cheikh Hadj Arezki Al Azhar. Tout en étant enseignant, Hadj Arezki publiait des articles dans des journaux égyptiens et algériens. Après son pèlerinage à La Mecque, en 1933, l’imam érudit rentre au pays où il est accueilli, à son arrivée au port d’Alger, par les chouyoukh Ben Badis et Al Okbi. Et c’est à l’hôtel Le Palais d’hiver, où il a séjourné, qu’il a été contacté par Tayeb Bouamara de la zaouïa Sidi Abderahmane El Ilouli, lui proposant un poste d’enseignant dans sa confrérie. Une offre que le désormais ex-enseignant de l’université d’Al-Azhar a refusée poliment, tout en signifiant à son interlocuteur qu’il l’aiderait dans sa tâche mais que la Kabylie a plus besoin de lui. Et c’est ce qu’il a fait. Tout en enseignant à la zaouïa de Cheurfa N’Bahloul, Hadj Arezki dispensait aussi des cours à Sidi Abderahmane El Ilouli. Mohamed Salah Essedik de Tifrit Nath El Hadj, aujourd’hui âgé de 97 ans, son élève en 1934 dans cette zaouïa d’Alger, et malgré son absence à ce colloque alors qu’il été programmé pour une communication, a quand même envoyé son témoignage. Quoique l’administration française, et pour ses activités politiques, l’avait à l’œil — traduit devant les tribunaux d’Azazga et d’Alger à deux reprises et condamné à payer des amendes — il crée, en 1943, à Azazga, un groupe de Scouts musulmans algériens. Composé d’une soixantaine d’éléments, ce groupe a vu 18 de ses membres tombés au champ d’honneur. Selon le directeur des affaires religieuses de la wilaya de Tizi Ouzou, présent à Cheurfa N’Bahloul mercredi, «les zaouïas ont toujours joué un rôle important, y compris durant la révolution.» Durant les deux jours qu’a duré cette activité, plusieurs conférenciers se sont succédé, développant, chacun de son côté, un chapitre sur le parcours du cheikh, de sa vie et des aspects de sa personnalité, ou encore de la conjoncture politicosociale et culturelle dans l’ère de ce dernier. Le Dr Meftah Khalifat de l’université de M’sila, Youssef Mohamed de l’université Mouloud-Mammeri de Tizi-Ouzou et d’autres universitaires ont, durant les journées de mercredi et jeudi, passé en revue toutes les facettes de la vie d’Al Azhari. Des témoignages de ses disciples ont aussi occupé une place importante dans ce colloque. L’on apprendra d’ailleurs, et suite à l’un ces témoignages, que Hadj Cherfaoui a été le réformateur de l’enseignement coranique au sein de la zaouïa Sidi Abderahmane El Ilouli. Notons enfin que le colloque, parrainé par le ministre des Affaires religieuses, a coûté plus de 130 millions de centimes, dont 43 affectés à la réfection de ce qu’était la maison du Cheikh.
K. Bougdal

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