Actualités : LE RECTEUR DE L'UNIVERSITÉ DE BÉJAÏA AU SOIR D'ALGÉRIE :
«Le partenariat université-entreprise, c’est du gagnant-gagnant»


La synergie université-entreprise peut être urbanisée autour de la formation, de l’innovation, de l’entreprenariat, de l’employabilité, de la valorisation de la recherche et des perspectives socio-économiques. Le professeur Djoudi Merabet, recteur de l'Université de Béjaïa, à l'issue du 6e forum qui s'est tenu du 1er au 4 juillet, semble bien décidé à booster son institution dans le sillage de l'industrie locale, et notamment dans les milieux les plus intransigeants tous secteurs confondus. En réponse à nos questions posées en marge du forum, il estime que son université est prête à relever le défi.
Le Soir d'Algérie : Quelles sont les insuffisances relevées dans le système d’insertion des jeunes diplômés en Algérie ?
Djoudi Merabet :
Notre secteur a essayé d’accompagner et d’innover dans le domaine d’insertion socioprofessionnelle de nos étudiants diplômés, mais toutes les initiatives entreprises restent insuffisantes. L’assistanat, la recherche du gain facile et les méthodes de gestion sur le terrain ont eu raison de la validité du dispositif d’insertion. L’importance du taux de chômage des jeunes, l’inadaptation de certaines formations, le manque de coordination entre les différents organismes de recrutement, les incertitudes dans les carrières des jeunes, la complexité des mesures bancaires et les contraintes administratives d’accompagnement font que toutes les structures d’appui, de pilotage et de liaison deviennent impuissantes et non suffisantes. La confiance et la crédibilité sont à mon sens les maillons manquant aux différents dispositifs existants.
La relation université-entreprise devient de plus en plus difficile, comment réaliser la synergie ?

L’entreprise avec sa mission financière, économique et sociale représente un ensemble structuré par les relations du travail et de l’emploi. L’université, dont la mission est de produire, de conserver et de transmettre la connaissance, vit comme une institution structurée par des relations de recherche, d’enseignement et d’apprentissage. Vous remarquerez donc que la synergie université-entreprise doit faciliter les rapports entre ces deux mondes en les incitant à se rencontrer, à travailler ensemble et surtout à s’enrichir mutuellement. La mise en synergie peut être urbanisée autour de la formation, de l’innovation, de l’entreprenariat, de l’employabilité, de la valorisation de la recherche et des perspectives socio-économiques.
Peut-on citer quelques éléments pouvant favoriser le partenariat entre l’université et l’entreprise ?

L’importance accrue de l’interaction entre l’entreprise et l’université est à imputer aux changements profonds du monde de l’entreprise et du monde universitaire. L’expertise et la compétence, la formation du personnel, l’approche rigoureuse et multidisciplinaire, l’ouverture sur la recherche développement, la veille ainsi que l’innovation font partie des éléments plaidant en faveur d’un partenariat université- entreprise. L’université, en dehors de ses missions traditionnelles, doit non seulement s’occuper de l’insertion de ses diplômés mais aussi répondre aux doléances de l’entreprise et même de l’accompagner dans l’innovation multidimensionnelle. En partant du principe que l’innovation est aujourd’hui le véritable avantage concurrentiel et au regard des préoccupations communes, le partenariat université-entreprise ne peut être inscrit que dans une relation de gagnant- gagnant.
Comment avez-vous initié cette relation dans votre université ?
On a commencé par l’évaluation de l’université en mettant en valeur ses points forts et ses points faibles. Les premiers ont été valorisés comme avantages concurrentiels et les seconds ont été pris en charge pour atténuer leur degré d’influence. Ensuite, on a mis en place un club université- entreprise qui a atteint ses limites au bout de la première année. C’est à partir de là que nous avons initié le Forum de Béjaïa, tout en projetant la réalisation d’un centre d’innovation et de transfert de technologie qui sera la véritable passerelle entre l’université et le monde productif. Par ailleurs, pour échanger les bonnes pratiques et les expériences à l’international, nous avons initié avec nos partenaires européens et maghrébins un programme Tempus sur la problématique de l’insertion des jeunes diplômés, et les résultats sont satisfaisants. Aujourd’hui, grâce à toutes ces initiatives, l’idée est acceptée et le Bureau de liaison entreprise université est fonctionnel. Il faut signaler que l’équipe composant ce bureau est formée par notre réseau de partenaires européens, en Belgique, en Espagne et en France. Propos recueillis par
Kamel Gaci

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