Actualités : L’UGTA PLAIDE POUR UNE RENCONTRE D’URGENCE AVEC LE GOUVERNEMENT
Une bipartite pour désamorcer la bombe sociale


L’UGTA tire la sonnette d’alarme et plaide pour une rencontre urgente avec les pouvoirs publics, indiquent des sources proches de la Centrale syndicale, à moins d’un mois de la rentrée sociale. La tenue d’une bipartite, voire d’une tripartite avant la fin du dernier trimestre de l’année en cours n’est pas à exclure.
Abder Bettache - Alger (Le Soir) - Le mémorandum conjointement préparé et signé par la Centrale syndicale et le Cnes et transmis au premier magistrat du pays est révélateur de l’ambiance qui règne au sein de l’UGTA depuis quelques mois. La question du pouvoir d’achat semble être plus que jamais l’une des préoccupations du monde du travail. En effet, comme semble le dire le secrétaire général de l'UGTA, Abdelmadjid Sidi-Saïd, son organisation compte tout faire pour marquer de son empreinte la prochaine rentrée sociale. L'UGTA compte ainsi, dans ce qui s’apparente à une promesse d'un sursaut, hausser enfin le ton au sujet des questions relatives au pouvoir d'achat et à l'emploi lors d’une éventuelle rencontre avec le gouvernement. La constitution du prochain gouvernement est attendue avant septembre prochain. Selon des observateurs, pour cette rentrée sociale, le gouvernement n’aura pas beaucoup de choix pour acheter la paix sociale, et la prochaine tripartite, attendue avant la fin septembre ou au plus tard début octobre, «n’apportera pas grand-chose car les problèmes ne manquent pas et les solutions doivent être plus profondes, définitives et non provisoires ». La protestation sociale n’est pas une chose nouvelle en Algérie, mais la conjoncture régionale la rend plus dangereuse. La montée de la protestation été enregistrée notamment durant les premiers mois de l’année en cours. D’ailleurs, le gouvernement avait déclaré par le biais de son Premier ministre que «l’achat de la paix sociale se fera à tout prix». Dans ce cadre, rappelons que 26% du budget de l’Etat a été consacré par la loi de finances complémentaire de 2011 aux dépenses sociales. Et il n’est pas à écarter que le projet de loi de finances de 2013, qui sera examiné la semaine prochaine en Conseil des ministres, porte sur de nouvelles dépenses d’ordre social, et ce même si l’on indique que «la rigueur budgétaire est attendue pour l’année 2013» Parmi les mouvements de protestation attendus pour la prochaine rentrée sociale, on peut citer celui du secteur de l’éducation nationale qui n’en finit pas avec la contestation. Pour ce secteur, il faut souligner que la rentrée scolaire, programmée pour le 11 septembre prochain, sera perturbée par les mouvements de grève annoncés. Il s’agit notamment de la grève du Cnapest et l’Unpef, ou encore celles des adjoints de l’éducation et du Collectif des enseignants des wilayas du Sud, un autre dossier qui a créé un grand malaise dans plusieurs localités du pays. Le document de l’UGTA porte sur la «politique de maîtrise des prix et la sauvegarde du pouvoir d’achat des travailleurs et des citoyens. Le mémorandum est le fruit du travail d’un comité ad hoc mis en place le 6 mai dernier». Précédé par de «larges consultations» auprès d’administrations centrales, d’institutions et d’organisations de la société civile, le mémorandum comporte des propositions et des recommandations à visée opérationnelle sur le court et moyen terme, ajoute-t-on. Pour rappel, le mémorandum en question fait suite à une initiative des responsables des deux organisations prise lors d'une rencontre tenue en avril dernier. Ils étaient unanimes sur la nécessité de débattre de la question de l'augmentation des prix afin de soulager le pouvoir d'achat de la population et d'éviter une «catastrophe ».
A. B.

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