Actualités : LE PRINTEMPS ARABE : UNE RÉVOLUTION CONTESTÉE
Une collabo prix Nobel et des aveux de dissidents
(6e partie)


Par Ali El Hadj Tahar
elhadjtaharali@gmail.com
En Égypte, les bénéficiaires de Canvas et/ou des ONG et/ou institutions américaines, proches de la CIA et des TechCamps, sont les groupes Kifaya, Wasla (lien) et l'Académie du changement, ainsi que le Mouvement du 6 avril. Kifaya est formé par des islamistes qui cachent leur appartenance aux Frères musulmans : Saad Bahaar (ingénieur en informatique), Hisham Morsy (physicien, il serait le petit-fils d'AI-Qaradaoui, ce qui montre que la secte est aussi familiale), Wael Adel (ingénieur) et son cousin Ahmed (chimiste) sont des opposants islamistes qui se rencontrent sur internet en 2005. Ils quittent tous l'Égypte et se retrouvent à Londres. Inspirés par le groupe Otpor, ils activent efficacement.

En 2005, Wael Adel a donné une formation clandestine de trois jours en matière de «désobéissance civile» à une assistance composée d’au moins trente membres du groupe Kifaya. Plus tard, ils créent une organisation appelée l’Académie du changement, qui s’installera à Doha, au Qatar, avec des activités visant tous les pays arabes, pas uniquement l’Égypte : ils avaient des aides qataries pour éditer leurs livres, manuels et brochures et héberger leur site web. Ahmed Maher, un activiste de Kifaya, a formé le Mouvement du 6 avril : les adhérents furent répartis en groupes de 100 personnes et Saad Bahaar a entraîné huit de ces groupes dans différentes régions du pays. Des experts israéliens ont donné des cours de «désobéissance civile» à Doha à un groupe de cyberdissidents arabes. Puis, afin que le lien ne soit pas fait avec le Qatar, l’Académie du changement ferme son bureau à Doha en juin 2012 pour revenir à son bureau de Vienne, en Autriche. En avril 2010, un magasine hebdomadaire Waslaest créé en Égypte afin de mettre en relation des bloggeurs arabes et des politiciens : il est publié par le réseau arabe pour l’information sur les droits de l’homme et financé par l’Open Society Institute de George Soros. Le numéro 1 de Wasla est consacré à Mohamed El Baradeï, qui est d’abord soutenu par les Frères musulmans pour sa candidature à la présidentielle avant d’être lâché. El Baradeï fait partie du Groupe international de crise (International Crisis Group) de George Soros qui parie sur plusieurs chevaux de l’opposition arabe. Rappelons que le Mouvement égyptien du 6 avril a été créé durant le printemps 2008, en soutien aux ouvriers d’une ville industrielle (El-Mahalla El-Kubra) qui planifiaient une grève le 6 avril de cette année-là. La grève fut un succès, et le président Moubarak dut se résigner à des hausses de salaires. Après la grève, les deux organisateurs du mouvement, Ahmed Maher et Israa Fattah, seront emprisonnés. Puis l’ambassade des Etats-Unis entrera en jeu : elle enverra Mohamed Adel, du Mouvement du 6 avril, aux Etats-Unis en décembre 2008 où il rencontrera des parlementaires et des officiels étatsuniens qui prendront acte de son «plan», un plan dont nous parlerons plus loin. Avant de prendre la tête du Mouvement du 6 avril, il était membre des Frères musulmans qu’il aurait quitté en 2008. En 2009, il se rendra en Serbie avec d’autres activistes égyptiens et algériens pour un stage de formation de deux semaines où il y rencontrera des cadres d’ONG étatsuniennes. Les groupes Wasla et Kifaya et le Mouvement du 6 avril soutenu par des manifestants majoritairement composés de Frères musulmans sont en vérité responsables du lancement de la contestation égyptienne de janvier 2011 au niveau des jeunes et actions de rue.
La CIA, une agence de voyages gratos
L’un des leaders de ces collaborateurs est Wael Ghoneym (5e partie), qui vivait à Doha, au Qatar, en tant que responsable marketing de Google pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (région MENA) et qui a été chargé «d’aider» les réseaux sociaux du Printemps arabe. Il rentre au Caire le 23 janvier pour faire sa «révolution» contre le «régime» de Moubarak. Il sera arrêté deux jours plus tard, le 27 janvier. Libéré quelques jours plus tard, il fait une interview «émouvante» sur la chaîne Dream 2 et devient un «héros» de la place Tahrir. Le magazine Time de New York l’a élu premier dans le Top 100 des personnes les plus influentes du monde en 2011 ! Wael Ghoneym a étudié à l’Université américaine du Caire, une bonne école... Les révélations d’Ahmed Salah sont plus fracassantes : ce cofondateur du Mouvement des jeunes du Mouvement du 6 avril a avoué avoir été l’un des premiers activistes égyptiens à nouer des relations avec les Etats-Unis pour «préparer le terrain» à un renversement du régime de Hosni Moubarak. Ahmed Salah a révélé qu’il est le mystérieux «dissident» – évoqué dans un câble de WikiLeaks – qui avait exposé aux Etats-Unis dès 2008, un «plan secret», avalisé selon lui par une «alliance de l’opposition» et visant à établir un gouvernement «démocratique» en Egypte. Il précise qu’en décembre 2008, il a profité d’un rassemblement de mouvements de jeunes à New York pour établir le contact avec des responsables du département d’Etat et du Congrès, grâce aux relations du sociologue égypto-américain Saad Eddine Ibrahim, un islamiste exilé aux Etats-Unis après avoir passé quelques années dans les prisons égyptiennes. «Il a fallu un gros travail explicatif pour faire comprendre à mes interlocuteurs ce qui se passait en Égypte», raconte Ahmed Salah, encore convaincu qu’il a été un conseiller de la Maison-Blanche et non pas un collaborateur. «Je leur ai demandé de ne pas soutenir Moubarak, de ne plus fermer les yeux sur les violations des droits de l’homme, d’arrêter de vendre du matériel répressif, de nous laisser la possibilité de nous organiser pour renverser le régime sans l’aide de personne. »Cet engagement, relaté dans le télégramme diplomatique, lui vaudra le soutien discret de l’ambassade des Etats-Unis au Caire lorsque la clique de cyberdissidents sera renforcée au fur et à mesure des années. Au sujet du plan, il dira : «Il existait, mais je ne peux en dire plus. On n’a pas eu besoin de ça pour faire tomber Moubarak. » Actuellement, Ahmed Salah n’est pas content du détournement de la «révolution», alors il a décidé de revenir aux USA pour convaincre Washington, le Congrès, le Département d’Etat, et sonner l’alarme, faire comprendre que «rien n’est terminé», comme la Maison- Blanche était sous ses ordres, et pas le contraire. Les fondateurs de Kifaya (5e partie) sont Amin Eskandar, représentant les Nassériens ; le Dr Sayed Abdel Sattar et Magdy Hussein, représentant les Frères musulmans ; Ahmed Bahaa Shabaan, représentant les communistes : Aboul Ela Mady, Mohamed El Saeed Idrees, représentant les nationalistes arabes. Aujourd’hui, il y a même des communistes qui pensent qu’on peut faire une «révolution» avec les islamistes... Le Mouvement égyptien pour le changement comprend des grosses pointures, dont George Isaac, Abdel Halim Kandil, Magdy Hussein, Karima Hefny, Abdel Galil Mustafa, Abdel Wahab El Messiry... En outre, Wael Nawara, le secrétaire général du parti El Ghad, a admis avoir été financé par, entre autres, la NED, l’IRI et la NDI, alors que le mouvement Kifaya a été subventionné par Freedom House. Les cyber-dissidents tunisiens Riadh et Sofiane Guerfali, Malek Khadhraoui et Sami Ben Gharbia ont fait la «Révolution du jasmin» depuis leur «exil» en France pour les deux premiers et aux Pays-Bas pour le dernier qui occupe le poste de directeur de plaidoyer à Global Voices et figure parmi les fondateurs de Nawaat, un blog collectif tunisien, financé par Open Society de George Soros qui finance aussi Wasla pour les Égyptiens. Les gros moyens sont mis à disposition par le milliardaire juif américain. Global Voices est un site indirectement financé par la CIA. En décembre 2011, Sami Ben Gharbia a été choisi par Foreign Policypour figurer dans la liste des cent meilleurs penseurs globaux de l’année ! Après avoir été critiqué pour ses aveux, Slim Amamou a dit : «Au lieu de remercier la CIA de nous avoir débarrassés de Ben Ali, nous nous sommes mis à détester les Américains et la CIA.» ! D’autres cyberdissidents tunisiens ont lancé la «Révolution du jasmin», dont Slim Amamou, Lina Ben Mhenni, Haythim El-Makki, Yassine El-Ayari, Emna Ben Jemaa, Aziz Amami. Des voyages gratuits au Maroc, au Liban, en Serbie, au Qatar, aux Etats-Unis et ailleurs, des TechCamps tous frais payés, des per-diem et de petites subventions au passage pour apprendre comment faire une «Révolution 2.0», c’est très valorisant pour l’ego de jeunes écervelés qui prennent l’Oncle Sam pour un bon Samaritain qui veut du bien à leur pays et la CIA pour une agence de voyages gratuits. Pour eux, figurer dans le magazine américain Foreign Policy—fondée par Samuel Huntington, le sioniste et gourou des néoconservateurs américains — est aussi anodin que de prendre une photo à côté de Madonna.
Cyber-collabos et imam à barbe rousse
La Yéménite Tawakkul Karman a, quant à elle, eu le prix Nobel de la paix ! Rien que ça pour une journaliste qui n’a pas écrit plus de cent articles et qui se retrouve dans la liste de l’honorable institution suédoise ! Ainsi donc, grâce au Printemps arabe, à travers sa représentante, le parti yéménite des Frères musulmans obtient le prix Nobel de la paix 2011 ! Tawakkul Karman a créé Femmes journalistes sans chaînes en 2005, une association financée par la NED ! primée à 32 ans, cette journaliste débutante diplômée en gestion a dénoncé l’interdiction du ministère de l’Information yéménite de créer un journal et d’une radio du parti Islah, le parti islamiste dont l’un des fondateurs est Abdul Majeed Al-Zindani, l’imam à la barbe rousse qui active sur une chaîne privée algérienne ! Le 24/02/2004, le département du Trésor américain l’a classé comme un «terroriste international», en citant sa longue collaboration avec Ben Laden. Certains étudiants de l’université Iman de Sanaa, fondée par Al-Zindani, ont été soupçonnés de participation dans les assassinats de trois missionnaires américains et de membres du parti socialiste yéménite, dont Jarallah Omar. Le nom d’Al-Zindani figure aussi sur la liste 1267 de l’ONU sur les personnes appartenant ou associés à Al-Qaïda. Cela, la fondation Nobel ne pouvait pas l’ignorer, ni ignorer qu’il est aussi le fondateur de la puissante société charitable de bienfaisance sociale, une organisation de financement des groupes terroristes, au même titre que de nombreuses autres «sociétés caritatives» d’Arabie Saoudite et des pays du Golfe. C’est le combat wahhabite que le Nobel consacre donc, donnant une autre preuve de la dimension planétaire du complot étasunien de promotion du terrorisme international. En mai 2009, deux ateliers de formations d’agents ont été organisés au Caire, l’un par le gouvernement américain et l’autre par l’Open Society Institute de George Soros. Tous comme Ben Ali, Moubarek a sous-estimé cette manifestation à caractère politique : en tolérant une activité en contradiction avec les missions d’une ambassade, il a payé le prix. Une semaine durant, des activistes tunisiens et égyptiens se sont côtoyés et ont échangé des conseils sur les méthodes de contournement de la censure. Un autre TechCamp (atelier) a été organisé à Beyrouth en décembre 2009, réunissant des cyber-collabos de différentes nationalités, dont Slim Amamou (Tunisie), Weddady (Mauritanie), Ali Abdulemam (Bahreïn) et Hisham Almiraat (Maroc). D’ailleurs, le programme du Département d’Etat relatif aux déstabilisations des régimes et pompeusement appelé «Initiative société civile 2.0» a été lancé en 2009 à Marrakech ! Des collabos et des traîtres arabes ont été réunis dans des programmes de la CIA coûtant des milliards de dollars pour passer du temps et s’amuser ? A partir de janvier 2011, le logo de Canvas est brandi par les étudiants égyptiens du Mouvement du 6 avril qui manifestaient dans les rues du Caire. Dès le début des manifestations égyptiennes, Alec Ross (4e partie), le fonctionnaire du Département d’Etat, a utilisé son compte Twitter pour écrire : «Les citoyens doivent avoir le droit de critiquer un gouvernement sans peur de représailles.» A ce signal, les cyber-activistes arabes abonnés au compte Twitter de Ross et formés à sa propagande et son discours ont aussitôt compris que Washington a lancé leur «révolution». Quant aux professionnels de la politique du pouvoir ou de l’opposition, ils n’ont pas manqué de comprendre que la Maison-Blanche est derrière le coup. La diplomatie digitale s’installe. L’ordre est donné à la horde.
A.E.T.
(A suivre)





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