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Monde : Pakistan
Des djihadistes d’Al Qaïda
quittent le Pakistan pour la Syrie


Des djihadistes des zones tribales du Pakistan, un sanctuaire islamiste niché à la frontière de l'Afghanistan, ont commencé à migrer en Syrie pour combattre aux côtés des rebelles, un exode qui ne traduit toutefois pas un changement de cap pour les talibans locaux, selon des combattants.

Les zones tribales pakistanaises, un repaire des talibans afghans, pakistanais et d'autres groupes liés à Al-Qaïda, sont considérées comme l'un des principaux centres de la mouvance djihadiste, ce qui leur vaut des tirs réguliers de drones américains.
Des combattants venus d'Occident, du monde arabe et d'Asie centrale, notamment d'Ouzbékistan, ont trouvé refuge dans cette tanière afin de mener la «guerre sainte» contre l'Otan en Afghanistan et le gouvernement pakistanais, accusé de servir les intérêts des Etats-Unis dans leur «guerre contre le terrorisme», voire pour se préparer à commettre des attentats à l'étranger.
Or récemment des combattants entraînés dans ces régions ont commencé à migrer vers la Syrie afin de combattre les forces toujours loyales au président Bachar al-Assad, accusé notamment de jouer le jeu de l'Iran.
«Je pars pour la Syrie dans quelques jours. Mais ma famille va toutefois rester ici (au Pakistan)», explique à l'AFP Ismaïl, un combattant arabe établi dans les zones tribales et qui se réclame d'Al-Qaïda. «Nos moudjahidine ne vont pas uniquement en Syrie, mais aussi en Egypte et au Liban», clame cet homme rondouillard dans la mi-quarantaine, un chapeau circulaire blanc vissé sur le crâne.
«Nous avons établi depuis un mois et demi environ que des combattants du TTP (talibans pakistanais) quittaient le Pakistan pour la Syrie», explique à l'AFP Saifullah Khan Mahsud, directeur du Fata Research Center, un institut spécialisé dans les zones tribales pakistanaises. «Ce sont avant tout des étrangers (principalement arabes, ndlr), mais il y a aussi quelques Pakistanais», précise-t-il.
Au cours des derniers jours, des commandants du TTP, un groupe islamiste armé en lutte ouverte contre les autorités pakistanaises, ont revendiqué dans différents médias l'envoi d'une centaine de combattants pour aider leurs «frères syriens» dans leur combat contre le pouvoir de Damas.
Interrogés par l'AFP, de hauts commandants du TTP ayant requis l'anonymat ont affirmé que des combattants avaient bien quitté le pays pour rejoindre la rébellion en Syrie, mais nié qu'il s'agisse là d'une directive talibane, ou d'une stratégie d'«internationalisation» de ce mouvement qui concentre son combat au Pakistan.
«Nous soutenons la cause des moudjahidine en Syrie, mais nous avons déjà énormément de travail comme ça au Pakistan et en Afghanistan.
Nous sommes déjà en lutte contre l'armée pakistanaise, et le grand Satan (les Etats-Unis, ndlr) qui (...) attaque des innocents en Afhanistan, alors Bachar al-Assad n'est pas notre priorité», explique à l'AFP un membre du conseil central du TTP.
Des analystes estiment aussi que des commandants talibans ont voulu récupérer à leur avantage le départ vers la Syrie de dizaines de combattants pour gonfler l'image du TTP à l'étranger. «Ils veulent montrer qu'ils ont des liens étroits avec des organisations locales et internationales», estime Rahimullah Yusufzaï, spécialiste pakistanais des talibans. «Les talibans ont déjà leur base au Pakistan où ils luttent contre les forces de sécurité et y sont confrontés à de nombreux problèmes», dit-il à l'AFP. Pour Saifullah Khan Mahsud, la consigne d'envoyer des combattants ne vient pas forcément du TTP, mais bien plutôt d'Al-Qaïda. «C'est Al-Qaïda qui a pris l'initiative et puisque le TTP a fait allégeance à Al-Qaïda, il n'est pas surprenant que certains de ses hommes se rendent en Syrie», pour joindre les rangs de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), émanation d'Al-Qaïda en Syrie avec le Front al-Nosra, deux groupes islamistes armés à couteaux tirés avec les rebelles plus «modérés» de l'Armée syrienne libre (ALS).

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