Mardi 7 janvier 2014
Accueil | Edition du jour
 
Actualités
Périscoop
Régions
Sports
Femme magazine
Le Soir Retraite
Culture
Société
Contribution
A fonds perdus
Pousse avec eux
Edition du jour
 
 
 
Nos archives en HTML


Les déserteurs !

Par Hakim Laâlam  
Email : [email protected]
Coopération algéro-française. Ça bute toujours sur la délicate
question de la restitution des archives. La France refuse de
rendre à l’Algérie des pièces essentielles. Notamment un …

…dossier médical !

Ils ont disparu ! On ne sait pas trop pourquoi ils ont disparu. Mais le fait est là. Ils ont bel et bien disparu. Oh ! J’ai quand même mis du temps pour m’en rendre compte. Eh oui ! A force de les voir, de les croiser malgré moi, tous les jours, j’avais fini par croire qu’ils faisaient partie du décor normal, des meubles brinquebalants de notre triste vie quotidienne. Mais là, c’est vérifié et confirmé, ils ont disparu. Pourtant, et c’était jusque-là une des règles les plus immuables du pays, c’est en cette saison que nous aurions dû les voir en nombre plus accru, les rencontrer en masse, les avoir sous les yeux en bataillons serrés et pressés de se donner à voir. Bizarrement, c’est justement maintenant, saison de leur fécondité avérée, moment de leur prolifération astronomique, instant de leur boom démographique attesté qu’ils ne sont plus là. Mais non, je ne vais pas continuer à vous faire mariner sadiquement dans ce mauvais suspense. Allez ! Je vous dis tout ! Ce qui a étrangement disparu de notre environnement, ce sont les placards publicitaires dans lesquels des notables, des notabilités et des tronches de cake sorties d’on ne sait où s’affichaient généreusement comme soutiens indéfectibles à Abdekka. Ah ! Vous voyez ! Vous aussi vous réagissez de la même manière que moi. Vous vous dites : «Mais oui ! Bon Dieu ! Il est où le gros malabar à gueule de videur de cabaret qui achetait des pages pleines de journaux, s’y montrait en photo aux dimensions énormes, sanglé dans un costar taillé à l’origine pour Moby Dick, cliché toujours accompagné d’un texte appelant Boutef’ à gouverner à vie l’Algérie, voire même au-delà ?» Il n’est plus là, le gaillard aux cernes noirs presque aussi gros que les pneus autour de sa taille et que la veste de mauvaise coupe n’arrivait pas à masquer. Et pas que lui, d’ailleurs. Tous les autres aficionados du même acabit, celui de faune de bouges malfamés ont foutu le camp, déserté les pages de journaux. Que s’est-il passé ? Ces gens extrêmement généreux et extrêmement riches auraient-ils tous fait faillite au même moment, n’arrivant plus à se payer un petit encart, un entrefilet publicitaire de soutien dans les canards ? J’en doute ! Auraient-ils tous, ensemble, de concert, égaré les adresses des quotidiens auxquels ils adressaient jusque-là leurs communiqués et à qui ils demandaient de les publier en bonne place ? Auquel cas, j’en fais le serment ici, je me ferais un plaisir de les leur communiquer à nouveau, comme ça, Fi Sabil Allah, sans toucher un centime de commission sur les parutions ! Parce qu’au fond, je trouvais tout de même un brin touchants ces encadrés dans lesquels les mecs, rarement des nanas, juxtaposaient leurs portraits à celui de Boutef’, le leur tout de même un peu plus grand que celui du châtelain et y déliraient à pleines phrases sur leur amour incommensurable pour le grand moudjahid aux yeux bleus. Ça ajoutait tout de même une petite touche rigolote, voire franchement hilarante à des pages d’infos pas toujours gaies. Allez, les mecs ! Un peu de courage, que diable ! Réaffichez-vous ! De quoi avez-vous peur ? Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

Nombre de lecture : 1

Dernier sondage 
Faut-il autoriser les télévisions privées à avoir des chaînes généralistes ?
Oui : 82,85%
Non : 12,01 %
Sans opinion : 5,14%

La copie partielle ou totale des articles est autorisée avec mention explicite de l'origine
« Le Soir d'Algérie » et l'adresse du site