Mercredi 22 janvier 2014
Accueil | Edition du jour
 
Actualités
Périscoop
Régions
Sports
Femme magazine
Le Soir Auto
Culture
Société
Monde
Contribution
Tendances
Pousse avec eux
Edition du jour
 
 
 
Nos archives en HTML


Une urne, ça a combien de mamelles ?

Par Hakim Laâlam  
Email : [email protected]
Quel est le bilan de Abdekka ? Pour les bilans, voyez
ça avec les …

… toubibs du Val !

La commission de magistrats superviseurs des présidentielles est sur le point d’être installée. Et j’ai personnellement déjà une question de droit à lui soumettre. Un sachet de lait vide glissé dans une urne est-il comptabilisable lors du dépouillement final ? Il ne s’agit pas de faire de l’esprit. Mais personne ne peut techniquement empêcher un électeur d’entrer dans un isoloir et d’y glisser un sachet de lait vide soigneusement plié dans l’enveloppe, à la place d’un bulletin. Le soir, lorsque l’urne est ouverte et que s’en échappent des voix, et que parmi ces voix en partance pour d’autres voies, disons plus célestes, se glissent des sachets de lait vides, que doivent faire les responsables du décompte ? En référer à qui de droit, bien sûr. Et donc, aux magistrats ! Alors, je réitère ma question : un sachet de lait vide glissé dans une urne doit-il être considéré comme un acte de boycott artistique de la présidentielle, l’idée de remplacer un bulletin avec dessus la facha déjà fatiguée d’un candidat par un sachet de lait vide dénotant chez ceux qui commettent cet acte une propension au pop’art certaine. Si ce n’est pas juridiquement qualifié de boycott, serions-nous en face d’un vote dit blanc ? Il y aurait alors une sorte de logique et de lien naturel entre un vote blanc et un sachet de lait, même vide. Mais du coup, autre question aux magistrats, un vote blanc compte-t-il dans l’addition finale des voix ? Oui, je sais, c’est une question pointue. Le lait est blanc, certes, mais qui s’en souvient encore ? Qui pourrait en jurer ? Mais qu’importe ! Car il y a aussi ceux qui estiment qu’introduire un sachet de lait vide dans une urne, c’est de la fraude caractérisée. Je veux bien ! Mais je signale tout de même que dans les urnes, on a introduit tellement de choses depuis 1962, parfois même des candidats entiers tapis au fond, très au fond, qu’un malheureux sachet de lait aujourd’hui, ce n’est pas bien grave. On a vu des fraudes plus massives, voire plus outrancières. Du coup, je ne vois qu’une seule et dernière caractérisation juridique du fait de glisser un sachet de lait vide dans une urne. Déclarer ce vote nul ! Mais allez expliquer à ceux qui s’étripent le matin devant leur épicerie qu’un sachet de lait, même vide, c’est nul. Vous risqueriez de rallumer l’émeute. Je ne vous la ferais surtout pas celle-là, si c’est elle que vous attendez. Non ! La vanne du lait sur le feu, sûrement pas ! Je note juste qu’aucun magistrat n’a encore suggéré de pister tous les électeurs pour débusquer ceux qui auraient des traces de lait autour des lèvres. C’est un signe ! Oui, moi j’y vois déjà un signe que cette élection ne ressemble pas aux autres. Y a quelque chose qui a changé. Ou alors, c’est qu’ils ont vachement affiné leur technique et qu’au lieu de chercher le lait sur la moustache, ils fouillent tout le corps électoral à la recherche de mouchoirs. Purée ! Ça serait vicieux ! Encore plus vicieux qu’en 2004 ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

Nombre de lecture : 1

Dernier sondage 
Telle qu’adoptée, la nouvelle loi sur l’audiovisuel, constitue -t-elle une avancée en matière de liberté d’expression ?
Oui : 18,40%
Non : 72,17 %
Sans opinion : 9,43%

La copie partielle ou totale des articles est autorisée avec mention explicite de l'origine
« Le Soir d'Algérie » et l'adresse du site