Dimanche 2 février 2014
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Votez pour lui, mort ou vif !

Par Hakim Laâlam  
Email : hlaalam@gmail.com
Echange d’accusations entre Yacef Saâdi et Zohra Drif.
Une vraie…

… torture pour les jeunes générations !

Un «Président » de parti politique vient de le clamer haut et fort sur le plateau d’une télévision : il faut voter pour Bouteflika «mort ou vivant». A la réflexion, je ne vois pas pourquoi je place des guillemets devant le mot «Président». Non ! je n’ai aucun droit de le faire. Cet homme est Président légal et officiel d’un parti tout aussi légal et officiel. Il a été certifié comme tel par le ministère de la certification intérieure, donc par le régime. Et nous nous retrouvons au bord d’une tombe creusée mais pas encore occupée, à moitié pleine ou à moitié vide, face à ce paradoxe : en Algérie, des formations politiques qui appellent à boycotter un scrutin présidentiel sont interdites de parole, alors qu’un président de parti qui appelle, lui, à voter pour un mort est invité sur les plateaux télés, est interviewé en long, en large et en travers. Surtout de travers ! Jusque-là, je connaissais la réalpolitique, avec la déclaration de ce leader, je découvre la nécro politique ! Avec son lot de questions, forcément. Le 17 avril devrons-nous changer d’itinéraire, et au lieu d’aller comme nous le faisons depuis «l’indépendance de la fraude» vers les écoles abritant jusque-là les bureaux de vote, nous diriger plutôt vers le cimetière de notre circonscription crypto-électorale ? Où placer les urnes dans un cimetière ? Entre l’isoloir dont le rideau serait un linceul loué au gardien des lieux et l’échoppe de l’artisan marbrier ? L’acte de décès antidaté d’un électeur peut-il faire office de pièce d’identité dans un scrutin où le candidat serait déjà mort ? Faut-il secouer un observateur du vote pendant le scrutin pour savoir s’il est décédé ou s’il s’est juste assoupi au fond du trou ? Des vers de terre dans une urne peuvent-ils être considérés, au dépouillement comme un outil de bourrage de cette urne et justifier des recours auprès des magistrats armés de faucheuses ? Procéder au dépouillement dans un cimetière n’est-il pas «Haram», étant entendu que dans notre religion, et dans beaucoup d’autres d’ailleurs, un mort doit s’élever vers Dieu dans le dépouillement le plus total, mais sans l’intervention d’une main étrangère, occulte, sournoise et adepte des tours de passe-passe ? Et puis, la proclamation du résultat définitif du scrutin doit-elle avoir lieu avant ou juste après la grande prière du vendredi ? Les perdants ayant la noblesse ensuite de reconnaître leur échec, la… mort dans l’âme. Et le vainqueur faisant preuve d’immense mansuétude pour ses adversaires et néanmoins voisins de tombes. Assurément, et à bien regarder tout çà à travers l’épais brouillard qui recouvre le cimetière à l’aube des incertitudes, le scrutin du 17 ne sera pas semblable aux précédents. Avant, on faisait voter des morts. Cette fois, on nous implore de voter, même pour un mort ! Rabbi Yestar ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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