Lundi 17 février 2014
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Tout le monde a compris, ou j’en rajoute une couche ?

Par Hakim Laâlam  
Email : [email protected]
Très en colère contre ses pratiques, le FFS s’élève contre le
pouvoir. Ah bon ! Et il…

… s’élève de combien de centimètres ?

S’il te venait à l’idée de repeindre ta maison en rouge – oui, je sais que l’idée de badigeonner sa demeure en rouge est saugrenue, mais imagine berk un instant – tu te dirigerais alors vers les marchands de peinture, ou plus simplement vers le quincailler pour acheter tes bidons de laque rouge. Et là, tu découvrirais un truc stupéfiant ! Il n’y a plus un bidon de peinture rouge sur le marché. Pas une bouteille ! Pas une goutte de peinture rouge. Toutes les autres teintes sont disponibles, la rouge, nada ! Tu vas pour conclure à un phénomène bizarre, voire extraterrestre, des êtres ayant échoué sur notre planète et le seul moyen pour eux de faire repartir leur vaisseau, c’est d’alimenter sa chaudière avec des quantités énormes de peinture rouge. L’hypothèse est séduisante, mais elle ne tient pas la route dès lors que tu ouvres les journaux. D’abord, parce que dans aucun de tes canards, il n’est fait mention du débarquement d’un aéronef extraterrestre en panne de peinture rouge. Et ensuite, là, sous les yeux, tu aurais enfin la réponse éclatante à ton angoisse profonde face à la pénurie de peinture rouge. C’est le fait de tes compatriotes-responsables. Lis bien ! Tous, depuis quelques jours, se sont mis à tracer des lignes rouges à ne pas franchir. Le dernier en date, le Premier ministre Abdelmalek Sellal en visite à Mila. Devant des citoyens ébahis, il a passé son temps de parole à tracer consciencieusement des lignes rouges, bien rouges, bien épaisses. Avant lui, Louisa Hanoune n’a pas répugné à plonger elle aussi ses jolies mains dans le bidon de laque écarlate et à en mettre partout autour du pays, nous rendant visibles de la station spatiale internationale, l’ISS. Avant elle, Pépé, le Premier Peintre du pays, Abdekka, enfreignant les consignes pourtant fermes de ses médecins lui ayant demandé d’éviter tout contact avec des produits dangereux, a continué, primo à voir son frère Saïd et, secundo, a tracé lui aussi quantité de lignes rouges, d’abord autour d’un crash d’avion, les élargissant ensuite à toute la zone sinistrée, c’est-à-dire l’Algérie. Même Bensalah Ya Adjaba, qui est de mise plutôt discrète, qui ne s’habille qu’avec goût, ne forçant jamais sur les tons vifs ou ravageusement tape-à-l’œil, s’est mis à son tour à tracer des lignes rouges à ne pas dépasser. Résultat des courses, l’Algérie est aujourd’hui divisée en deux. Ceux qui ont les mains tachées de rouge. Dégoulinantes de peinture. Et ceux comme vous et moi qui peignent leur maison une fois tous les dix ans, en blanc, des fois en blanc cassé, jamais en rouge. Ne restent alors que trois seules options à ces derniers s’ils veulent survivre à ce tsunami rouge : chausser des lunettes noires. Organiser ici, en Algérie, une méga-exposition sur la fameuse période bleue de Picasso. Ou se faire porter daltonien. Un certificat de l’hôpital du Val-de-Grâce faisant foi. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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