Jeudi 20 février 2014
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Chronique du jour : Les choses de la vie
30 degrés en février ! Nous gèlerons en juillet...


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Comme pour lui rappeler qu’il reste un être extrêmement fragile et démuni face à ses brusques et ravageurs sursauts, la nature réserve à l’homme de bien funestes surprises qui, parce qu’elles sont inattendues, causent des préjudices immenses. Ainsi en est-il de ce qui pourrait être l’une des plus grandes sécheresses de tous les temps et qui se dessine progressivement sous nos yeux, en cet hiver anormalement chaud ! Impuissant devant le réchauffement climatique qui embrase la planète, le Terrien ne peut que constater les dégâts, tout en se culpabilisant quant aux effets néfastes de son action contre la nature. En effet, on sait aujourd’hui avec exactitude que c’est le développement économique mal maîtrisé qui est la principale cause de ces dérèglements climatiques.
Et ce monde qui applaudit aux stupéfiantes avancées de la technologie moderne, qui envoie des sondes à des centaines de millions de kilomètres de la Terre pour explorer les abysses intergalactiques, qui fait marcher un engin motorisé sur la planète Mars ; ce monde qui crée des puces microscopiques pouvant contenir des milliards de fichiers informatiques et qui recule, chaque jour un peu plus, les limites de la découverte scientifique ; ce monde est subitement incapable d’assurer la protection de la nature et, partant, la bonne marche des saisons !
En fait, la formidable avancée technologique qu’a connue notre planète ne s’est pas faite en conformité avec ses besoins réels pour une plus juste répartition des moyens de surveillance et de protection des catastrophes naturelles. Cette avancée profite à une minorité de riches dont les besoins sont sans cesse renouvelés pour les orienter vers une consommation excessive de produits de toutes sortes. Ainsi, à peine un produit technologique est-il sur le marché qu’on en invente un autre qui le rendra évidemment obsolète mais qui n’apportera rien de nouveau, si ce n’est un léger plus qui est souvent un plus de… coquetterie !
Prenons l’exemple du téléphone mobile, l’une des plus grandes inventions de ces dernières décennies. Son arrivée a bouleversé la vie des humains dans de très nombreux pays mais aussi fouetté le marché des nouvelles technologies, apportant beaucoup d’argent dans les poches des sociétés de fabrication. Mais personne ne pouvait prévoir la tournure des événements : si la vocation première du téléphone mobile est de permettre aux gens de communiquer à partir de n’importe quel point, sans être obligé de recourir à une ligne «fixe», il n’était pas évident du tout que cet appareil allait servir à… chatter ! C’est-à-dire à revenir à une vieille méthode de la communication, largement dépassée, et qui est celle de l’écriture ! Mais une écriture qui n'a plus besoin de la poste pour parcourir des centaines, voire des milliers de kilomètres. Et en quelques secondes, le message arrive à destination, avec une réponse immédiate !
Ainsi dévoyé de sa mission initiale, le téléphone mobile peut faire n’importe quoi ! L’essentiel étant qu’il s’enrichisse de fonctions nouvelles qui le rendront toujours plus cher et qui feront paraître celui que l’on possède bien désuet et dépassé sur tous les plans. Un téléphone mobile n’est pas un appareil photo et pourtant ! On en créera un qui prendra des documents photographiques de plus en plus sophistiqués ! Mais l’appareil avec caméra coûtera plus cher et attirera les consommateurs qui ont déjà payé pour un appareil sans caméra ! Et, comme la photo ne suffira pas à engloutir les ambitions pantagruéliques des constructeurs, on ajoutera quelques mois plus tard, une caméra vidéo ! Tiens, dépassé déjà l’appareil photo ? Oui, il faut le changer… Maintenant, il y a la télévision. On peut la regarder à travers son smartphone (le nouveau nom du téléphone mobile «enrichi»). Elle est d'excellente qualité et couvre certaines chaînes que l'on paye pour voir sur écran TV ou que l'on pirate chez nous !
Dans cette inlassable quête de perfectionnement technologique, mue par de gros intérêts financiers, l’homme prouve qu’il est un être extrêmement intelligent puisque ces découvertes restent quand même de belles prouesses scientifiques qu’il convient de saluer, au-delà de leurs motivations mercantiles. Et c’est là où le bât blesse ! Car cet extraordinaire effort dont les résultats sont si probants reste confiné aux laboratoires sophistiqués des grandes multinationales, et pas seulement celles qui fabriquent du matériel de téléphonie mobile. Car les exemples cités plus haut peuvent être appliqués à pas mal d’innovations qui n’ont d’autres objectifs que de créer des besoins nouveaux chez les consommateurs. Imaginons un instant que le 1/1000e des sommes pharamineuses attribuées à l’avancée des «technologies de la consommation» soient allouées à l’aide et au soutien des peuples déshérités dans tous les domaines de la vie, afin de réduire l’écart entre riches et pauvres et de rendre le monde vraiment meilleur. Une partie de cet argent pourrait servir à financer un système d’alerte des tsunamis qui pourrait aider des pays sous-développés ou en voie de développement à réagir à temps, pour sauver des dizaines de milliers de vies et empêcher les vagues mortelles de tuer à nouveau. Cela est possible et a été démontré scientifiquement. Mais c’est l’argent qui manque ainsi qu’une réelle volonté politique d’agir efficacement pour un développement durable de l’humanité. Cependant, une telle orientation demeurerait utopique tant que les puissances occidentales ne se départissent pas de leur politique impérialiste, expansionniste et usurpatrice qui rafle les richesses du tiers-monde, refusent — pour certaines d'entre elles — de signer les accords de protection de l’environnement, encouragent la rapine et la corruption à une large échelle et soufflent sur les conflits locaux quand elle ne les provoquent pas.
Pour sauver le monde, l’humanité a besoin d’une autre Amérique, d’un autre Japon, d’une autre Corée du Sud et d’une autre Europe, moins pollués par l’argent et le profit et plus sensibles aux souffrances qui les entourent. Des pays riches qui n’ont pas besoin des grandes catastrophes pour montrer leur générosité mais qui agiraient presque au quotidien pour alléger le lourd fardeau de la pauvreté, de la maladie et de l’ignorance dans le monde. Quant à nos pays, ils doivent se débarrasser en urgence du joug de la dictature, de l'injustice et de la corruption.
Puissions-nous un jour comprendre que la planète Bleue ne peut continuer avec ces politiques suicidaires qui font peser de graves dangers sur son avenir... Rêvons à une humanité qui aura le courage de se débarrasser de tout ce qui est superflu, tout ce qui est nuisible à la nature, tout ce qui privilégie la consommation; une humanité qui comprendra la nécessité impérieuse de concilier avancée technologique et véritables besoins de l’homme.
M. F.

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