Samedi 22 février 2014
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Soirmagazine : ATTITUDES
Vie privée


Par Naïma Yachir
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Après une rupture qui a duré près d’une décennie, Athmane ne pouvait plus supporter la vie sans son fils et celle qu’il a quittée parce qu’il n’était pas le bon parti pour sa belle-mère. Radia, divorcée, revient vivre chez ses parents. Universitaire, elle occupait un bon poste dans une entreprise nationale. Mehdi avait tout juste 2 ans quand son père l’a quitté. Radia, pour l’équilibre et l’épanouissement de son fils, voulait faire un bon divorce à défaut d’un bon mariage. Athmane voyait régulièrement son fils et participait pleinement à son éducation. Dix années se sont écoulées, et petit à petit le couple se rapprochait. Le père, accompagné de son fils, se rendait souvent au lieu de travail de Radia pour la conduire à la maison, devant les regards ahuris de ses collègues. Certaines femmes trouvèrent Athmane plutôt bel homme, d’autres un peu trop jeune pour Radia. Les commérages allaient bon train, et les langues se délient : Je trouve que son fils ne lui ressemble pas du tout. Moi, je pense que ce n’est pas son père. Celui qui venait la chercher l’année dernière était plus âgé. Mais non, vous n’avez rien compris. Moi je suis sûre qu’elle sort avec un autre homme, et elle veut nous faire croire que c’est son ex-mari, le père de son enfant, et qu’ils vont se remarier. En tout cas, je suis certaine que ce n’est pas le père. Les mauvaises langues se turent à la vue de Radia. On la salue en affichant un large sourire hypocrite. Elle, fière comme un paon, répond à peine à leur salut. Ses relations avec ses collègues se limitant à des rapports strictement professionnels, ce qui d’ailleurs lui a valu l’animosité de certains. Bosseuse, consciencieuse, elle n’avait nullement le temps ni l’esprit à ces avilissements. Mais un jour, les médisances parvinrent à ses oreilles. Elle n’en aurait cure si son fils n’était pas impliqué dans ces clabaudages. «Comment peut-on être aussi abject ? Et si Mehdi entendait ces vilénies ? Mais comment peut-on s’immiscer ainsi dans la vie privée des gens et inventer des énormités pareilles ?» Elle décide alors de réunir ses éléments pour mettre un terme à ses inepties. Elle les convoquera dans son bureau. Et comme des criminels face à leur juge, les coupables, têtes baissées, le visage pâle et tremblant comme des feuilles écoutaient le sermon de leur responsable. Sans détour, elle ira droit au but, en rappelant à celles qui l’auraient oublié que sa vie privée ne regarde qu’elle, et les sommera de ne plus jamais franchir la ligne rubiconde.

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