Samedi 15 mars 2014
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Les martyrs hésitent à revenir cette semaine !

Par Hakim Laâlam  
Email : [email protected]
Ouyahia nommé à la tête du cabinet de Boutef’. Il est
vrai que H’Mimed a toujours été dans les petits…

… papiers de Abdekka !

Le drame d’un membre de l’ONM. Appelons-le Kaddour, juste pour la narration. Kaddour assiste à la réunion de son organisation. Kaddour est fier ! Pour une fois, son organisation n’a pas donné de consignes de vote pour la présidentielle. Elle ne dit pas «il faut glisser un bulletin Abdekka dans l’urne». Et Kaddour, juste avant de quitter la salle où s’est tenue la réunion de l’ONM, est tout attentif à la rédaction, puis à la lecture du communiqué qui dit «nous, ONM, ne soutenons pas de candidat !» Kaddour, un peu grisé de retrouver un brin de dignité citoyenne et responsable, rentre chez lui et dort à poings de moudjahid fermés ! Le lendemain, Kaddour se réveille. Réveille sa radio et lance un juron appris au maquis : «ya bou… !» Kaddour n’y comprend rien. Là, à l’instant, ses oreilles qui ont bourlingué dans les massifs les plus assourdissants viennent d’entendre ceci : «L’ONM apporte son soutien au frère candidat Abdelaziz Bouteflika.» Que s’est-il passé durant la nuit, entre le moment où Kaddour s’est glissé sous sa couette aux couleurs nationales et le matin lorsqu’au saut du lit, il a enfilé ses pantoufles couleur kaki ? Qui a changé le communiqué de son organisation ? Qui a radicalement transformé le texte, le faisant passer de «pas de soutien à un candidat particulier» à «Ave Boutef’ !» ? Taraudé par ces questions, Kaddour se saisit de son téléphone couleur sable-ALN et appelle les personnes qui ont assisté comme lui à la réunion de la veille : «êtes-vous revenus en réunion après mon départ et avez-vous procédé au changement du communiqué en mon absence ?» Même réponse de tous ses interlocuteurs : «Non !» Kaddour appelle alors le gardien de la salle qui lui confirme qu’une fois Kaddour et ses compagnons rentrés chez eux, il s’est occupé lui-même de fermer les lieux à double tour historique, personne n’étant revenu depuis. «Un mystère de plus dans l’histoire toujours pas vraiment écrite de l’Algérie», se dit à présent Kaddour qui se tient la tête à deux mains, la troisième farfouillant dans l’armoire, à la recherche d’une vieille carte d’état-major. «Garder son sang-froid et réagir sans précipitation», se murmure à lui-même Kaddour. Là, et maintenant, une priorité, retrouver les reflexes du maquis. Tracer sur la carte un chemin sans risques. Une trajectoire qui lui permettrait de quitter son domicile et de se rendre au siège de l’ONM sans croiser le moindre voisin. Ils se foutraient trop de sa gueule. Et ça, Kaddour ne le supporterait pas. Enfin… je crois. Même si je n’en suis plus du tout sûr. De toutes les façons, Kaddour n’a qu’à se débrouiller seul à présent ! Moi, je suis resté avec lui toute une nuit, et ce matin encore. En sa compagnie, je suis passé par toutes les émotions possibles et inimaginables. Maintenant, Kaddour, tu me lâches ! J’ai d’autres communiqués à fouetter que celui de l’ONM. Et j’ai surtout du thé à fumer pour rester éveillé à ce cauchemar qui continue.
H. L.

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