Samedi 22 mars 2014
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Soirmagazine : ATTITUDES
La vie... tout simplement



Par Naïma Yachir
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Assise sur son transat, la petite Feriel, bave. Ses grands yeux bleu azur sont fixés sur sa jeune maman qui lui parle. Des mots d’amour, des «je t’aime», que le bébé d’à peine trois mois semble comprendre. La petite Feriel sourit, gigote comme pour remercier sa maman de ce plein de tendresse qu’elle lui offre tous les jours. Assia, en donnant naissance à son bout de chou, était loin de s’imaginer la nouvelle relation qu’allaient tisser ces deux êtres qui apprendront à se connaître. «Et dire qu’il y a quelques mois, cette petite créature vivait en moi, se nourrissait de ma chair, grandissait dans mes entrailles.
Aujourd’hui la voilà qui remplit mon existence. Du pur bonheur !» Un bonheur dont Assia a du mal à réaliser l’immensité. Un bonheur mêlé à une tristesse qu’elle n’arrive pas expliquer. Une ambivalence de sentiment qui lui fait perdre le goût de vivre. Elle regarde sa fille, contemple cet ange qui tète son sein, et se dit dans son for intérieur : «Un cadeau de Dieu, que j’aime mais qui me fait peur pourtant. La peur, un sentiment que je ne connaissais pas mais qui aujourd’hui, à 20 ans, me hante l’esprit. Je crois qu’il naît en donnant la vie. J’ai compris alors ce que ressentait ma mère et toutes les autres mères ; la peur de perdre sa chair.» Assia a pris conscience aussi que donner la vie n’est pas tout.
«Le plus dur vient après», ne cessera de lui répéter sa maman. La responsabilité ! Voilà ce qui effrayait Feriel, cette fille unique, qui avait tout pour elle. Eh bien aujourd’hui, son bébé est là en face d’elle chaque jour, chaque heure, chaque minute. Feriel est là pour le lui rappeler. Notre «apprentie-maman», après toutes ces questions existentielles, a bien saisi qu’il est temps d’avoir les pieds sur terre, que Feriel n’a pas demandé à venir au monde et qu’elle a besoin de sa maman. Feriel pleure, son petit ventre gargouille, elle réclame son «dû». Assia panique, elle n’a plus de biberon stérilisé. Elle est seule à la maison. Les pleurs de son bébé se font plus intenses. Elle se calme, se dirige vers la chambre de la petite, la prend dans ses bras, et avec une voix douce et toute l’affection d’une maman, la calme.
Elle n’en revient pas. Elle est fière et heureuse à la fois d’avoir réussi une telle prouesse. Elle court dans la cuisine, stérilise un biberon en trois temps trois mouvements comme elle ne l’a jamais fait, et prépare le breuvage. Feriel est sur les genoux d’Assia, elle la regarde avec des yeux mouillés de joie et de ravissement qu’aucune plume ne peut décrire. Elle sourit à son petit ange et lui dit : «C’est ça la vie !»

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