Dimanche 30 mars 2014
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Vous ne pouvez pas faire appel à nous, nous sommes déjà morts !

Par Hakim Laâlam  
Email : [email protected]
La durée de validité du passeport passe à 10 ans. J’m’en fous ! Après le 17…

Je ne m’en servirai qu’une fois !

C’est le top ! A partir de Constantine, Sellal a lancé aux présents : «La génération postindépendance doit se préparer à prendre des responsabilités aux plus hautes fonctions de l’Etat.» Et le mec qui dit ça fait campagne pour le 4e mandat d’un homme qui flirte avec les 80 ans et n’arrive même plus à se faire entendre et comprendre par une paire d’oreilles pourtant complaisantes et plantées à quelques centimètres à peine de sa bouche. C’est une plaisanterie ! J’espère sincèrement qu’il s’agit d’une plaisanterie. Parce que sinon, c’est limite pervers ! Comment en appeler à la génération postindépendance lorsqu’on passe son temps à pousser un fauteuil roulant sur lequel est assis un Chibani qui lui-même passe le sien de temps entre le Val-de-Grâce et les Invalides ? Et puis, plus crûment, de quelle génération postindépendance Sellal parle-t-il ? Faut peut-être lui dire à Si Abdelmalek, l’informer : la génération postindépendance bouffe les pissenlits par la racine depuis des années déjà. Les enfants de 1962 meurent tous les jours de ces maladies fulgurantes que provoquent le stress, la perte de perspectives, la Hogra administrative, les diplômes qui ne servent plus à rien face au favoritisme ou encore les rêves tus, muselés et enterrés sous des couches de cancer, de crises cardiaques et de leucémies. Prenez juste les journaux et allez dans les pages nécrologiques. Là, vous y trouverez la génération postindépendance. Lassée d’attendre son«tour de gouvernance», elle s’en est allée précocement en prendre un autre, plus accessible, dans les cimetières. Les grabataires ont tué les postindépendance, M’sieur le directeur de campagne ! Et ceux parmi les postindépendance qui n’ont pas été tués, attendent qu’on vienne les achever, au moins par humanité. Alors, oui ! Libre à vous de faire campagne pour un octogénaire malade. C’est votre trip, et en bon démocrate, je m’interdis de vous interdire toute pratique sous prétexte qu’elle ne correspondrait pas à ma vision de la vie. Supportez donc qui vous voulez. Mais n’en appelez surtout pas à une génération sacrifiée, mutilée, atrophiée, laminée et assassinée par celui-là même dont vous poussez le fauteuil. Et souffrez juste que notre génération, celle des postindépendance osât, avant de plonger le deuxième pied dans la tombe, en appeler enfin à celle, post-88 pour vous dégager de là, ouvrir les fenêtres de la Maison Algérie pour en aérer un intérieur chargé de poussière et de naphtaline. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue. H. L.

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