Lundi 31 mars 2014
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Le quart d’heure de gloire du traducteur !

Par Hakim Laâlam  
Email : [email protected]
Pourquoi l’état de santé de Abdekka ne gêne-t-il pas les Américains et les Français ? Parce que Washington et Paris n’exigent pas de lui qu’il parle, mais juste qu’il…

… écoute !

Les programmes des candidats ? Oui ! Oui ! D’accord ! Les meetings par procuration qui ne rassemblent que quelques citoyens kidnappés et relâchés au bout de dix minutes, en échange d’une rançon variant entre un casse-croûte et mille dinars ? Oui ! Oui ! D’accord ! Je suis bien d’accord que c’est cela qui fait l’actu de cette campagne, mais aujourd’hui, permettez-moi d’avoir, par anticipation, une pensée émue pour une personne. Oui, une seule personne. Celle qui traduira les murmures de Abdekka à John Kerry. Déjà, en situations locutrice et auditive normales, j’estime qu’on ne rend pas assez hommage aux traducteurs. Que dire alors dans ce cas précis ? Ce n’est plus de la traduction, c’est du Djihad ! C’est trop facile de focaliser sur les stars, les chefs d’Etat qui murmurent aux oreilles d’autres chefs d’Etat qui font semblant de comprendre et de parler le «murmure», mais ne sommes-nous pas sectaires en omettant de souligner comme il se doit le travail titanesque de celle ou de celui qui se coltine une mission impossible, celle de donner du sens à un murmure et de le traduire en paroles fleuves ? Oui, je vois que vous acquiescez, c’est purement et simplement de la ségrégation. C’est d’autant plus ségrégationniste de notre part que le traducteur, lorsqu’il a fait des études de traduction à l’université n’avait pas été prévenu. On lui avait juste dit «Bienvenue à l’institut national de traduction. Ici, dans ce campus, tu vas apprendre à traduire de l’arabe ou du français vers l’anglais». Et il a suivi assidument sa formation, ne ratant aucun cours, répétant des milliers de fois ces gammes, s’exerçant à la simultanée, jouant à trouver quantité de synonymes pour un même mot, allant même jusqu’à anticiper parfois la pensée des interlocuteurs à traduire. Cela, il l’a fait avec abnégation, avec enthousiasme. Parce que la traduction, c’est toute sa vie, et qu’il avait rêvé du nirvana des traducteurs, le Palais présidentiel, les ors et dorures, les phrases ciselées par d’illustres invités et visiteurs. Il s’était même promis d’être le meilleur. Et là, au bout, quoi ? Il a peur. Il tremble avant même la venue de Kerry. Comment traduire un murmure balbutié, couiné en arabe vers l’anglais américain ? Courage camarade traducteur ! Sache que tu n’es pas seul. Nous sommes 40 millions moins quelques carpettes à n’y comprendre goutte. Je voulais cette chronique en guise de quart d’heure de gloire pour ton labeur ingrat. Tu le mérites ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue. H. L.

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