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Actualités : LES PRIX DU PÉTROLE RESTENT ENCORE ÉLEVÉS
La marge de manœuvre reste étriquée pour l’Algérie


Les prix du pétrole restent encore élevés, à plus de 100 dollars le baril. La marge de manœuvre persiste pour l’économie nationale même si elle s’avère assez étriquée à moyen terme.
Chérif Bennaceur - Alger (Le Soir) - Les cours du pétrole reculaient légèrement, hier matin, en Asie. Le baril de light sweetcrude (WTI), livrable en mai, cédait 10 cents à 104,27 dollars en fin de matinée. Quant au brent de la mer du Nord, échéant en juin, son cours reculait de 11 cents à 109, 84 dollars, par rapport à la clôture de lundi. Certes, la veille à New York, le baril de WTI avait gagné 7 cents sur le New York mercantile exchange (NYMEX) pour s’établir à 104,37 dollars. Le baril de brent de la mer du Nord avait fini en hausse de 42 cents, à 109,95 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) à Londres, où la place financière était fermée, mais les échanges électroniques opérationnels.
L’impact de la crise ukrainienne
Au-delà de leurs fluctuations, les cours de l’or noir restent encore élevés, à plus de 100 dollars le baril. Observable depuis plusieurs jours, ce niveau des prix s’explique certainement par la crise en cours dans l’est de l’Ukraine, en proie à des manœuvres séparatistes, voire unionistes avec la Russie. Une crise, un risque géopolitique qui suscite l’appréhension des marchés, craignant une déterioration de la situation. Les tensions en Ukraine maintiennent les prix à un niveau élevé selon des analystes, dans la mesure où les tractations diplomatiques en cours se poursuivent sans toutefois convaincre. Or, le marché pétrolier suit avec attention la crise russoukrainienne, car la Russie est l'un des plus gros producteurs de pétrole au monde et principal fournisseur de gaz à l'Europe. Un niveau des cours qui reste élevé malgré l’abondance des réserves aux Etats-Unis. Selon le rapport hebdomadaire des autorités américaines, les réserves de brut sont à leur plus haut niveau depuis juin. Toutefois, les cours de l'or noir profitent de la bonne tenue des prix sur le marché de l'essence, où la tendance à la baisse des stocks et la perspective d'une augmentation de la demande (à l'approche de la saison des grands déplacements en voiture) attirent de nombreux investisseurs souhaitant miser à la hausse. Ainsi, des cours élevés, notamment pour le brent et qui sont susceptibles de le demeurer encore, pourrait-on constater.
Quel bénéfice pour l’économie nationale ?

Ce qui devrait assurer suffisamment de recettes d’exportations d’hydrocarbures, celles-ci continuant de représenter l’essentiel des ventes algériennes à l’étranger (95,59%), représentant également un tiers du produit intérieur brut et les deux tiers des recettes budgétaires de l’Etat. Soit, l’économie nationale bénéficie encore d’une marge de manœuvre en termes de recettes, au moins sur le court terme. Néanmoins, une marge qui s’avère assez étriquée. Notons déjà que les recettes d’exportations d’hydrocarbures ont enregistré un recul significatif en termes de valeurs selon le Centre national de l’informatique et des statistiques (CNIS, relevant des Douanes algériennes). En effet, les recettes d’exportations sont estimées à 15,70 milliards de dollars durant le premier trimestre 2014 contre 16,85 milliards de dollars à la même période de l'année précédente, en baisse de 6,81%. Des recettes qui étaient déjà baissières en 2013 avec un volume d’exportations de gaz naturel assez moyen mais inférieur à 47 milliards de mètres cubes (la prévision stratégique étant de 65 milliards de mètres cubes). L’année dernière, les quantités exportées se sont contractées de 7%, avec un volume passant à 100 millions de tonnes équivalent pétrole, tandis que les valeurs générées ont décru d’au moins 10%, atteignant les 63,5 milliards de dollars, dans un contexte de demande pétrolière assez peu satisfaisante.
Le recul des exportations, perdurable !
Mais un recul qui risque de se poursuivre sur le moyen terme, tiré notamment par une baisse éventuelle des cours du pétrole, la valorisation problématique du gaz algérien tant sur les marchés européens que par rapport à l’attractivité des gaz de schiste américains... De fait, la marge s’avère incertaine, liée à la capacité de l’Algérie de pouvoir renouveler effectivement ses gisements d’hydrocarbures, engager une démarche d’exploration et valorisation efficiente du domaine minier et relancer concrètement la production d’hydrocarbures dont le déclin est avéré depuis presque une décade. Notons, selon les données de la compagnie britannique BP, que les quantités de gaz produites entre 2005 et 2012 ont diminué de 6,5 milliards de mètres cubes tandis que les quantités de pétrole ont décru de 0,32 million de barils par jour entre 2007 et 2012. Une production primaire d’hydrocarbures qui a diminué de 4% en 2013, la production passant à 190 millions de tonnes équivalent pétrole.
Des enjeux cruciaux
Comme il s’agira pour l’Algérie de s’engager résolument dans la valorisation des pétroles et gaz non conventionnels et de s’investir réellement dans la diversification économique et la rationalisation de la consommation énergétique (une croissance domestique en croissance soutenue durant la décade écoulée). Ce qui suppose l’amélioration de l’attractivité du domaine minier national aux engagements extérieurs, les résultats du quatrième appel d’offres de recherche et exploitation d’hydrocarbures, attendus d’ici la fin de l’année, devant l’infirmer ou la confirmer. Ce qui requiert également une dynamique de régulation et de tarification énergétiques autre, davantage optimisée et rationalisée et moins soumise aux velléités et considérations de paix sociale. Ainsi, l’Algérie qui a engrangé près de 600 milliards de dollars grâce à l’exploitation pétrolière et gazière, durant ces quinze dernières années, risque de se retrouver d’ici une décade dans une situation financière assez semblable à celle vécue durant les décades 1980 et 1990 (un fort endettement, une austérité mal acceptée et une vulnérabilité sociale accrue...). Des enjeux cruciaux en ce début de quatrième mandat présidentiel. Mais seront-ils effectivement compris par l’exécutif ?
C. B.

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