Jeudi 24 avril 2014
Accueil | Edition du jour
 
Actualités
Périscoop
Régions
Sports
Femme magazine
Culture
Monde
Contribution
Les choses de la vie  
Ce monde qui bouge
Pousse avec eux
     
 

Le soir videos


Video sur Youtube

 
     
Edition du jour
 
 
 
Nos archives en HTML


Au bal des outrances, la justice, la raison et la
pudeur ne reçoivent jamais de bristol d’invitation !

Par Hakim Laâlam  
Email : [email protected]
Constitution. Qu’est-ce qui va changer ? La suppression de…

… l’article 88 !

Deux actes, deux actions complètement inutiles ces dernières heures en Algérie. Nous les devons au Conseil constitutionnel. L’annonce du taux définitif de participation à la présidentielle. Et le rejet par le même Conseil de la centaine de recours introduits par des candidats. M’enfin ! A ce niveau-là d’esbroufe et de triturage des urnes, on peut tout de même se relâcher maintenant, se décontracter des doigts de pieds et se dire «tu», non ? Pourquoi diantre le Conseil se tue-t-il ainsi à la tâche en publiant le taux officiel de participation au scrutin ? J’allais presque écrire le taux officiel de boycott ! Fallait pas, les amis ! Mais personne ne l’attendait vraiment ce taux. Imaginiez-vous juste un instant des citoyens angoissés, accrochés à leurs postes radio et télé, ou pis, faisant le pied de grue devant le siège du Conseil et attendant la bave aux lèvres, l’œil allumé et les tempes en feu l’annonce du taux ? Idem pour les recours ! Aya Sidi ! Vous pensiez réellement qu’il s’en trouvait des quidams dont le livre de chevet est «Cendrillon» ou «La belle au bois dormant » et qui espéraient pour de vrai que la centaine de recours soit acceptée, validée et que le résultat du scrutin soit chamboulé, plaçant Abdelaziz Bélaïd en tête, victorieux de cette présidentielle ? Non, bien sûr ! Faut alors définitivement vous libérer de ces contingences administratives. Faut vous délester de ces formalités tellement lourdes et budgétivores. Saâdani, bien avant le début du vote, avait annoncé un score pour son champion roulant. Il suffisait juste de garder ce chiffre saâdanien, de le donner pour seul valable et de l’accréditer, le tampon de Medelci sur le bras droit du fauteuil roulant faisant crise de foie ! Quand on est à la tête d’une usine de la falsification, il ne faut pas s’inquiéter de ce que vont dire quelques inspecteurs du travail égarés là. Quand on a ouvert le bal des outrances, les convives savent bien que la retenue, la sagesse et la loi ne reçoivent jamais de bristols les invitant à ce genre de réjouissances. Je ne vois vraiment pas pourquoi vous n’assumez pas le statut totalement totalitaire de votre régime, c’est-à-dire de vous-mêmes. Sauvez les apparences ? M’enfin ! Soyons sérieux deux secondes. Pas trois, pas quatre, mais juste deux secondes. Que reste-t-il des apparences lorsque c’est un médecin réanimateur qui pousse le fauteuil du candidat sortant-rentrant, et lorsque c’est un accompagnateur qui se penche sur l’oreille de Abdekka pour lui murmurer : «c’est l’heure mon Seigneur de sortir la carte d’électeur et la carte d’identité qu’on a glissées ce matin tôt dans la poche haute de votre veste de costume». Quand on en arrive-là, les consolidations des chiffres par le Conseil constitutionnel, c’est un peu comme si Blanche Neige avait épousé le nain Grincheux en secondes noces et que tous deux postulaient au casting de Cars 3. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

Nombre de lecture : 1

Dernier sondage
Etes-vous surpris par le résultat final rendu public par le Conseil constitu -tionnel ?
Oui : 21,33%
Non : 76,57%
San opinion : 2,1%

La copie partielle ou totale des articles est autorisée avec mention explicite de l'origine
« Le Soir d'Algérie » et l'adresse du site