Dimanche 4 mai 2014
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Apartheid universitaire !

Par Hakim Laâlam  
Email : [email protected]
Le chanteur Khaled veut un 5e mandat pour Abdekka.

Avec ou sans glaçons ?

Imaginez la situation ! Vous êtes chez votre marchand de fruits et légumes. Vous achetez un kilo de tomates. Il vous sert. Il pèse. Et puis, dring ! Dring ! Son téléphone portable sonne. Son épouse l’appelle pour lui demander de ramener de la tomate à la maison. Il raccroche. Puis, s’excuse de vous laisser là juste cinq minutes, avec la promesse de revenir rapidement. Il sort de son échoppe. Se dirige vers un autre marchand de fruits et légumes, y achète de la tomate, revient vers vous et son magasin, termine de vous servir, encaisse son dû et vous souhaite la bonne journée. Voilà ! Grossièrement, schématiquement, c’est ce qui se passe avec Saâdani et tous nos dirigeants qui ont scolarisé leurs enfants dans des écoles et universités étrangères. Ils nous vendent à longueur de journée les performances du système éducatif algérien, mais envoient leurs rejetons étudier hors du pays. Qu’un privé, qu’un industriel bourré de tunes le fasse avec son argent, à la limite, c’est son droit le plus absolu. C’est son affaire. Son blé, il le gère comme il l’entend. Mais un responsable de l’Etat, un haut commis, un dirigeant politique de premier plan, le chef du parti majoritaire qui jure tout le temps que le FLN a révolutionné l’école algérienne depuis 1962 ? Ça ne se peut pas ! Ça ne devrait pas pouvoir se faire ! Quelle crédibilité peut encore avoir un ministre de l’Education ou des universités qui jacasserait à longueur de journée sur les avancées phénoménales de notre système éducatif, et qui ne piperait mot sur le taux astronomique de dirigeants algériens dont les enfants ont été exfiltrés loin, très loin de ce système-là, et placés dans des havres de savoir étrangers ? Aucune ! Pipeau ! Si Saâdani veut me convaincre qu’il travaille pour le bien de ce pays, que le parti qu’il dirige a le souci d’une Algérie connectée au savoir de pointe, qu’il rapatrie en urgence sa smala, qu’il ordonne à ses enfants de rentrer ici, chez nous et qu’il les inscrive aussitôt à Bab Ezzouar ou au Pôle universitaire d’El Oued ! Honnêtement, ça me rassurerait vachement de savoir que les enfants de Si Amar suivent des cours en Algérie. Je me dirais que, finalement, au fond, les choses ont tout de même évolué, que le niveau doit être bon, sinon correct sous nos cieux. Je serais surtout convaincu qu’il y a enfin adéquation entre le discours triomphaliste de Saâdani sur l’état de la Nation, la marche victorieuse de l’Algérie du savoir et la gestion de l’avenir universitaire de ses héritiers. Mes enfants assis côte à côte dans le même amphi, avec ceux de Si Amar, c’est un gage solide. J’accompagnerais alors les miens d’enfants tous les matins en chantant et en bénissant Dieu de nous avoir donné de tels dirigeants totalement impliqués ici. Et rien qu’ici ! En attendant que le marchand de fruits et légumes revienne de chez son concurrent d’à côté, avec les tomates demandées par son épouse, je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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