Lundi 5 mai 2014
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La ligue des composteurs de la parole
présidentielle !

Par Hakim Laâlam  
Email : hlaalam@gmail.com
Comment peut-on qualifier l’invitation officielle que vient
de lancer Barack Obama à Abdekka pour qu’il se rende
à Washington ?

Humour noir !

Ca semble les occuper à plein temps ! Là, encore, ces dernières heures, Tata Louisa y a joué ! Et annoncé publiquement son score. Quel score et quel jeu ? Celui de «qui passera combien de temps en tête-à-tête avec Abdekka ?» ! La leader du PT a affirmé qu’elle avait discuté 30 minutes avec le chef de l’Etat, en marge de sa prestation de serment. Parenthèse à ce propos : voilà un Président capable de tchatcher une demi-heure avec une dame et incapable de lire dix p’tits feuillets de son discours, quelques minutes auparavant. Bizarre. Parenthèse fermée. Avant Tata, Ouyahia, sur un plateau télé servi chaud, avait révélé avoir eu l’insigne honneur de dialoguer avec Boutef’ pendant près de 50 minutes. Et Sellal, quant à lui, ne rate pas une occasion pour nous jurer qu’il parle tous les jours avec le châtelain, au moins dix minutes, à chaque fois. Le jeu, c’est donc celui-là : compter le temps ! Celui de Boutef’, bien sûr. Du coup, cette impression irréelle. Celle de n’avoir plus du tout en face de nous des acteurs de la vie politique, des faiseurs d’opinion, des intervenants majeurs dans le projet de société en cours, mais plutôt des «composteurs du temps de parole présidentielle» ! Des pointeuses de la durée variable du dialogue mené par le châtelain ou supposé comme tel. Ces composteurs sont pourtant comme vous et moi. Des humains. En apparence. Mais à l’intérieur, ils sont dotés, en plus, d’une horloge particulière, spéciale. Elle ne remplit qu’un seul office. Afficher à l’intention de l’opinion publique, qui souvent s’en contre-fiche d’ailleurs, les performances langagières et discursives du chef de l’Etat. Ce comptage et cet affichage sont censés finalement remplacer les bilans de santé. La durée de l’échange entre Abdelaziz 1er et ses composteurs agréés devient par la force des choses le générique de son état de santé, le curseur de sa capacité vraie ou fantasmée de gérer et de tenir son rang. Cela donne des scènes cocasses d’une sorte de marché à la criée : «Moi, j’ai discuté avec lui 30 minutes ! Qui dit mieux ?» «Ben… moi, je dis que je suis de 30 minutes ta mise, et que je relance de 40 minutes pour voir !». Poker ? Poker menteur ? Est-ce vraiment important de le savoir, de faire la différence ? L’essentiel n’est-il pas plutôt ailleurs ? Pas dans les cartes de ce jeu de chronométrage malsain, mais plutôt dans la durée de vie de chacun de ces joueurs autour de la table des bombances ? Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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