Mercredi 14 mai 2014
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Nos filles ne méritaient-elles pas une pancarte,
sur le parvis du Trocadéro ?

Par Hakim Laâlam  
Email : [email protected]
Encore un scandale immobilier ! Devinez quelle autre
personnalité a un superbe appartement à Paris ?

Vahid Halilhodzic !

Oui, je sais ! Vous allez encore vous dire «le voilà qui revient sur la décennie noire ! Il ne va pas nous lâcher avec ça!» Oui et… non ! Certes, je reviens ce jour sur la décennie noire, mais ce n’est pas vraiment vous, amis lectrices et lecteurs algériens que je ne veux pas lâcher. Explications : je regardais hier les images du rassemblement people sur le parvis du Trocadéro, à Paris. La capitale française voulait rendre hommage et se solidariser avec les 261 lycéennes nigérianes enlevées il y a plus d’un mois par les islamistes intégristes de Boko Haram. Et de voir toutes ces stars de la scène, de la télé, du chant, de la politique, du livre et de tout ce que comptent les jet-set française et mondiale regroupées là, sur cette prestigieuse esplanade, mes pensées sont allées à nos filles, nos femmes, nos fiancées, nos copines, nos amies, nos voisines, nos compatriotes massacrées par les hordes intégristes du GIA et de l’AIS sans qu’aucun vrai frémissement ne traverse les esplanades françaises et planétaires, sauf rares exceptions. A l’heure où l’Algérie non-oublieuse – eh oui, ça existe encore — se remémore avec émotion Katia Bengana, les people de France et de Navarre tenant une pancarte avec inscrit dessus «rendez-nous nos filles» a provoqué en moi quelques pincements au cœur. Combien de fois avions-nous tenté d’expliquer à cette bonne société française, européenne et mondiale que ce qui se passait chez nous, en cette période noire, rouge, ce n’était pas l’affrontement entre une junte de généraux et des «combattants de l’islam», mais bien la configuration d’un séisme mondial à venir tellement puissant qu’il risquait d’emporter les démocraties les mieux assises ? Combien de fois ! Et à chaque fois ou presque nous étions regardés avec suspicion, comme les agents des généraux éradicateurs, en mission pour anéantir la gentille rébellion islamiste et la revendication à plus de libertés exprimée tellement vaillamment par le GIA dans les valeureux maquis. Oh ! Que demandions-nous à l’époque, pourtant ? Rien ! Juste des yeux mieux ouverts. Juste un peu d’humanité agissante pour les ventres éventrés, pour les gorges égorgées, pour les femmes violées et promises à l’esclavage procréatif dans les monts aux noms ténébreux. En retour, ce sont les «bons islamistes à la cause tellement guévariste» qui ont trouvé esplanade à la mesure de leur combat. Vous dire qu’aujourd’hui, je n’en éprouve plus rien, car le temps aurait tout effacé, ça serait mentir. Voir Trierweiler, Benguigui et autres Jane Birkin larmoyer sur les gamines du Nigeria me soulève tout de même un peu le cœur. Pourquoi, à l’époque, tant d’indifférence face au massacre des nôtres de filles ? En quoi aurait-elle été trop lourde à porter pour vos bras de stars la pancarte sur laquelle aurait été inscrit le nom de Katia Bengana ? Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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