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Actualités : Mouloud Hamrouche à propos de la révision de la constitutionnelle :
«Un projet qui nous ramène en arrière»


Invité à prendre part à une conférence-débat autour de la thématique «L’émergence d’un Etat moderne», une rencontre organisée par le Quotidien d’Oran au niveau de l’hôtel Liberté, l’ancien chef de gouvernement M. Mouloud Hamrouche, n’a pas caché son hésitation et sa gêne quant à la position à adopter à sa participation aux consultations autour du projet de la révision de la Constitution. «Après avoir pris part en 1989 à l’élaboration de la Constitution qui représente un progrès, une projection, une tentative de séparation des pouvoirs et leur contrôle, subitement on me demande de participer aux consultations autour d’un projet qui nous ramène en arrière», dit-il.

Amel Bentolba - Oran (Le Soir)
Toujours au sujet des consultations autour du projet de la révision de la Constitution, l’intervenant confie : «Je vais faire un aveu, je suis un peu prisonnier de la Constitution de 89. Moralement je n’ai pas accepté, non pas parce que je n’aime pas les gens ou les hommes au pouvoir mais j’ai du respect pour les auteurs et le Président, je n’ai jamais manqué de respect à quelqu’un. Lorsque j’ai été invité à prendre part aux consultations, j’étais devant une interrogation : si j’y vais, que dire à l’opinion ? Que je me suis trompé à l’époque ? Ou que j’ai menti en 1989, et aujourd’hui je reviens à la réalité ? Ou bien leur dire non, maintenant je suis en train de mentir ? Sincèrement je ne sais pas. Mettez-vous à ma place, je suis vraiment gêné». Et d’ajouter : «D’un autre côté, il est clair que dans le projet il y a une urgence pour le pouvoir, pour le gouvernement, à régler une disposition pour l’ensemble des rouages, et élargir l’amendement sur d’autres dispositions. Une info a circulé disant qu’un autre projet est en élaboration, je ne sais pas s’il sera soumis».
Auparavant, M. Mouloud Hamrouche a abordé la question de l’émergence de l’Etat moderne en Occident, qui a permis, dit-il, aux idées de s’épanouir, à la création de fleurir et l’innovation a pu s’élargir. «Notre société algérienne a, quant à elle, été à plusieurs reprises soumise à se conformer à un ordre. Avec un système de gouvernance fondé sur la concession et la neutralisation sociale, avec l’absence de règles pour l’accès au pouvoir et l’absence de contre-pouvoir».
En l’absence de forces organisées: partis politiques, syndicats, associations…le déficit reste criant. Dès lors, dira l’intervenant, «il faut repenser l’édification de l’Etat et de l’Autorité ; dans notre société on ne doit plus continuer à supporter la situation actuelle… sinon nous allons vers un effondrement tôt ou tard». Toutefois pour Mouloud Hamrouche, l’Armée ne peut pas continuer de servir de base sociale au gouvernement et ce dit-il, «même si j’ai déclaré récemment qu’on ne peut rien faire
sans l’Armée, toutefois en l’absence de force politique qui dit à l’armée rentrez dans vos casernes, occupez-vous de vos tâches et laissez-nous l’organisation sociale et encadrez l’Etat et la stabilité. 
Malheureusement ce n’est pas encore le cas. Il faut élaborer un consensus pour libérer l’Armée de cette charge». Et de préciser un point qui lui semble utile à relever, «l’Armée n’a jamais fait de coup d’Etat, pour la simple raison que l’Armée est au pouvoir depuis 1958». Interpellé sur la décision prise lors du Conseil des ministres quant à l’exploitation du gaz de schiste, l’ancien chef de gouvernement dira «je vais peut-être vous décevoir, mais personnellement j’ai une règle : lorsque je ne maîtrise pas un sujet, je ne l’aborde pas. Croyez-moi, mais ce domaine est vaste et il y a peu d’experts qui connaissent de quoi ils parlent, les menaces sont réelles, c’est connu. Néanmoins, j’ai une question : l’Algérie a-t-elle besoin d’argent ? Si elle n’a pas besoin d’argent alors elle ne peut ne pas se précipiter».
La question du consensus est un point sur lequel l’ancien chef de gouvernement reste intransigeant, «oui il faut un consensus et même si j’en avais un je ne le donnerais pas, je n’ai rien identifié, je sens que le pays a besoin d’une nouvelle direction. Ce consensus national, il faut le chercher tous ensemble avec le pouvoir, l’ensemble de la société, des acteurs politiques… il faut se libérer des préjugés et des rancunes d’hier, et décider quel type de consensus nous voulons. Ou bien élaborer un consensus primitif et changer de cap, puis examiner les moyens, le rythme…. Mais tous ensemble».
A. B.

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