Lundi 26 mai 2014
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Chronique du jour : Kiosque arabe
Du poulet et des poules «halal»


Par Ahmed Halli
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Je ne sais pas si vous l'avez remarqué, mais chaque fois que les Israéliens agressent et tuent en Palestine et qu'ils sont montrés du doigt par la communauté internationale, l'actualité leur offre une échappatoire. La fusillade du musée juif de Bruxelles survient, en effet, à point pour détourner les doigts accusateurs qui pointaient vers l'État sioniste, après le meurtre de deux jeunes Palestiniens. Je ne pousserais pas le raisonnement jusqu'à suggérer que les auteurs de l'attentat pourraient être les Israéliens eux-mêmes, à qui le crime semble profiter comme toujours. Bien sûr, tout semble indiquer que l'attentat de Bruxelles est imputable à ce terrorisme, auquel les musulmans bien-pensants dénient le qualificatif «islamiste», dans une tentative dérisoire pour s'en laver les mains. Il était donc plus facile de rattacher la fusillade de Bruxelles aux épisodes tragiques, dits antisémites, comme l'équipée de Mohamed Merah, dont l'ombre vient de ressurgir comme par hasard(1). Ce hasard qui fait si bien les choses que les quatre victimes du musée juif ont instantanément relégué au second plan les six tués de Santa Barbara, alors que l'amnésie assassine a déjà eu raison des infortunés Palestiniens.
Loin de moi l'idée d'atténuer quelque peu la responsabilité et la culpabilité des politiques islamistes et de leur bras armé, au contraire. Tous les actes de violence commis par les islamistes, au nom du combat contre Israël, ne servent qu'à redorer le blason de l'Etat sioniste(2) aux yeux des autres nations, tout en discréditant l'Islam et ceux qui s'en réclament avec plus ou moins de tiédeur. De là à dire que tout comme pour le Hamas, jadis en Palestine, la main israélienne actionne le djihad de certains, il n'y a qu'un pas. Et je suis sûr que nous avons déjà franchi ce pas ensemble pour ne pas dire que vous l'avez fait avant moi. Tout comme la tragédie de Bruxelles, l'actualité politique offre souvent des occasions propices à Israël pour redorer son image. Ainsi, lors de l'enlèvement des jeunes filles nigérianes par le groupe islamiste Boko Haram, les Israéliens ont aussitôt proposé de mener une action militaire pour les libérer. Ceci, alors que les nations musulmanes, arabes en tête, réfléchissaient au meilleur moyen de ne pas être éclaboussées par le scandale. Les musulmans les plus orthodoxes n'ont pas été non plus choqués par le fait que le Boko Haram convertisse ses captives à l'Islam et se propose ensuite de les vendre comme esclaves.
Signes des temps, les musulmans de l'exil semblent se radicaliser beaucoup plus que ceux de leurs pays d'origine, et ils sont prêts à gober, c'est le cas de le dire, tous les mensonges estampillés «halal». Après la scabreuse filière viande halal en France, le magazine électronique Al-Basra dénonce à son tour les mêmes méthodes en Angleterre, où vivent quelque trois millions de musulmans. Selon les statistiques, cette communauté consomme environ le quart de la production de viandes rouges écoulée sur le marché britannique. Citant un expert des services de santé britannique, chargés de surveiller la consommation, le site affirme que 70 à 80% de ces viandes estampillées «halal» ne le sont pas en réalité. Quant à l'abattage rituel proprement dit, il ne correspondrait pas aux normes, puisqu'il se fait dans les mêmes conditions que pour la viande de porc. Ainsi, note cet expert, les animaux sont d'abord assommés par une décharge électrique et meurent souvent avant d'être égorgés, ce qui est contraire au rituel. Par exemple, ajoute ce spécialiste, en Grande-Bretagne, on abat 10 000 poulets par heure, après leur électrocution. Or, les musulmans sont tenus de prononcer la formule rituelle avant l'égorgement, comment peut-on le faire pour un nombre si élevé de poulets ?»
Plus vaste est encore la filière internationale du mensonge puisque, selon cet expert, des viandes en provenance du Brésil et de Chine transitent par l'Europe pour y être congelées. Elles subissent des adjonctions de gélatine de porc et d'autres produits pour qu'elles pèsent plus lourd, puis elles sont expédiées dans les pays musulmans avec l'étiquette «conforme à la Charia». Or, note Al-Basra, ces manipulations sont souvent validées par des religieux spécialement et grassement rétribués. Pendant que des cheikhs imaginatifs s'emploient à découper le porc en tranches et à y choisir des morceaux «halal», d'autres s'ingénient à rendre licite ce qui est formellement interdit. Après le «bar halal» du footballeur, dont on attend de voir ce qu'on y boit ou se consomme, c'est un autre «bar halal», mais en plus corsé, qu'un commerçant se propose d'ouvrir en juin prochain aux Pays-Bas, plus précisément à Amsterdam. L'écrivaine palestinienne Ahlem Akram a reçu tous les détails de cette opération, et elle en parle dans le magazine Elaph. Cet établissement offrira, en effet, les services de prostituées en guise d'hôtesses, mais des prostituées qui activeront selon des conditions établies par des «imams modérés». Parmi ces conditions, pour la pratique de ce tourisme sexuel, et je vous fais grâce des plus triviales, il y a : l'interdiction de consommer des boissons alcoolisées et des drogues et l'obligation d'accomplir les cinq prières, y compris durant les «heures de travail». Ahlem Akram prédit un grand succès à ce succédané de la libre entreprise, notamment par l'existence d'une clientèle potentielle arabe et riche. Et pour mieux ferrer le «client», elle suggère que l'un de ces «imams modérés» rédige un «contrat de mariage» portant la mention : coutumier (orfi), visiteur (missiar) jouissance (mut'aâ), estival (missiaf). «Ainsi, la relation sera halal à mille pour cent», dit-elle.
A.H.

(1) Inconséquence des dirigeants de la France : après avoir ouvert les portes de la Syrie aux djihadistes citoyens français, ils veulent désormais les refermer, alors que le mal est consommé. Sans compter ce laxisme à l'égard de l'expansion du wahhabisme qui produit des fanatiques comme Souad Merah et ses frères.
(2) Ceux qui vivront assez longtemps pour voir la fin du conflit principal du Proche-Orient s'apercevront qu'il y avait déjà d'autres prétextes et causes de guerres dans les gibecières des «cheikhs du mal».

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