Mercredi 4 juin 2014
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Voici venu le temps des anthropophages

Par Hakim Laâlam  
Email : [email protected]mail.com
Espagne. Quand l’expression…

… Tab Djenanou a vraiment un sens !

C’est la panique à bord. Quand j’écris «à bord», il faut bien comprendre à leur bord, parce qu’à notre bord à nous, y a longtemps que nous avons perdu le sens même de la panique. En gros, Sellal est venu nous annoncer la larme à l’œil la mort prochaine des robinets à pétrole par assèchement viral. J’ai même cru percevoir dans sa voix un étonnement qui frisait la sidération de ne pas nous voir sortir dans la rue, nous arracher les cheveux aussitôt après cette annonce. Plus de pétrole d’ici à 2030 a averti le Premier ministre. Je comprends un peu son angoisse. Et surtout celle de ses employeurs. C’est toujours terrible le bruit d’un robinet à sec. Vous avez des robinets à la maison, bien sûr. Remémorez-vous juste le bruit guttural et sinistre que fait le robinet que vous ouvrez et qui n’a plus rien à vous donner. Une sorte de râle atroce qui fait penser à un randonneur perdu en plein erg oriental, qui aurait avalé la dernière goutte de sa dernière gourde à eau, dont la pile du GPS aurait rendu l’âme et qui n’aurait plus d’espoir de se voir secouru. C’est un peu tout ça que j’ai perçu dans l’appel désespéré de Si Abdelmalek. Plus de pétrole pour une caste qui en bouffe tous les jours, même entre les repas, et même si c’est déconseillé par les diététiciens de grignoter ainsi du baril en dehors des heures légales, comment vont-ils faire ? Et là, rien qu’en posant cette question, j’ai distinctement senti la coulée de sueur glacée dans mon dos. «Bien sûr !» je me suis écrié ! Comment n’y ai-je pas pensé plus tôt ? Les zèbres en sont tout à fait capables. Ils vont nous… manger ! C’est celle-là, la phase succédant naturellement à celle des hydrocarbures, l’anthropophagie ! Les robinets de pétrole à sec, le ventre criant famine et réclamant son brut de brut, ils ne vont tout de même pas rester là, les bras croisés à réfléchir comment planter du blé d’orge à Hassi-Messaoud. Ce n’est pas dans leurs gènes de réfléchir. Ils vont donc agir. Et comme à leur habitude, agir de manière ferme, sèche, radicale et sans état d’âme. Purée ! Vite ! Fermons les portes de nos domiciles, barricadons-nous et gardons chargés les fusils qu’ils ne nous ont toujours pas restitués. Le régime, aujourd’hui à sec, privé de sa nourriture terrestre – plus exactement souterraine – va nous attaquer et nous bouffer. Comme dans La nuit des zombies. Déjà, le soir, tapi sous mon lit, j’entends dans le voisinage les râles des premières victimes. Et je coche sur ma carte du quartier. Telle famille mangée entièrement. Telle autre dépecée et rangée au congélo. La grande boucherie. Le temps des anthropophages ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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