Dimanche 13 juillet 2014
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Ghardaïa, à un jet de pierre !

Par Hakim Laâlam  
Email : [email protected]
Professionnalisation de l’armée. Elle avance à grands pas. La
preuve ! En ce 14 juillet, on a atteint le stade de…

… L’exportation !

Passons sur le côté très «ramadhanesque» du qualificatif employé par Bélaïz pour évoquer le plan du gouvernement pour Ghardaïa : «un plan bien ficelé». J’avais l’impression qu’il parlait d’un gigot farci préparé amoureusement par votre boucher et que vous passez récupérer à quelques heures du f’tour. Avec recommandation à vos convives de faire attention à la ficelle pendant la mastication. Un plan bien réfléchi, un plan bien pensé, mais pas bien ficelé. Surtout pas «ficelé» pour une région qu’il faut au contraire libérer de ses cordes mortifères dans lesquelles des forces bien intérieures tentent de l’enserrer. Mais bon, ne cherchons pas des poux dans la belle crinière argentée du ministre de l’intérieur du système. Contentons-nous juste de lui souligner l’urgence : ce plan bien «ficelé», c’est le moment de le sortir du frigo ! Des Algériens qui abattent d’autres Algériens à un check-point non officiel, à coups de pierres, je veux bien être très prudent avant de qualifier cela, mais aidez-moi, s’il vous plaît ! C’est quoi, comme acte ? Un acte isolé commis en réunion ? Une erreur de trajectoire de missiles de fabrication artisanale locale ? Je pensais les barrages meurtriers l’apanage des tangos. Je constate que l’on peut tomber sous les coups de concitoyens à un barrage érigé dans un pays commun, en 2014. En vérité, Sellal, dans son style – on aime ou on n’aime pas – avait donné un bout de solution, même si ce bout n’avait pas été assez travaillé, mais juste livré de manière brute et surtout dans l’atmosphère de surenchère d’une campagne électorale pour un fauteuil roulant. Le Premier ministre avait promis de revenir à Ghardaïa et de n’en repartir qu’une fois le drame qui s’y déroule éradiqué, réglé. Sellal a tenu parole à… moitié ! Il est revenu. Mais il est reparti. Et la liste des morts s’allonge. L’erreur de Si Abdelmalek a été de promettre de devenir un résident permanent de Ghardaïa jusqu’à règlement du conflit. Ce n’est pas la fonction d’un Premier ministre. Et de toutes les façons, c’est une promesse impossible à tenir. Dans les poudrières, il faut réagir de manière exceptionnelle, mais surtout, éviter les effets d’annonce qui ne servent à rien, et qui risquent de rallumer le feu dans l’arsenal. Par contre, et sans que cela exige la présence permanente de Sellal dans la vallée du M’zab, pourquoi ne pas penser à une année de l’Algérie au M’zab. Partout dans le monde, lorsqu’un fléau touche une région d’un pays, ou tout le pays, on décrète des états généraux sur la durée. Tenez ! Là, un exemple qui me vient à l’esprit. En France, le cancer a été décrété par l’ancien président Chirac priorité nationale, et une année durant, tout ce qui pouvait être mobilisé autour de cette maladie et de ses remèdes l’a été. Je constate juste que chez nous, il est plus facile d’organiser «L’année de Tlemcen capitale islamique» ou «L’année de Constantine, carrefour de la civilisation arabe» – à moins que ce ne soit l’inverse, je ne me souviens plus – par contre, on peine à faire de Ghardaïa une priorité nationale sur l’année qui vient. Le sujet central sur lequel doivent s’ouvrir tous les Conseils des ministres et de gouvernement. La tâche pivot d’un haut commissariat à la vallée du M’zab, appelez cela comme vous voulez ! On l’a fait pour le «ch’tih et le r’dih», les danses et les chants, les banquets et les «zerdat», on peut bien le faire pour des concitoyens qui tombent à un faux barrage dressé par d’autres concitoyens, non ? Ghardaïa n’est pas à l’autre bout de la planète. Cette vallée est à un jet de pierre. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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