Samedi 26 juillet 2014
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Le pouvoir de ne pas être dans la queue !

Par Hakim Laâlam  
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Plus que deux…

… Chorba !

C’est magique ! Un effet à nul autre pareil. Je ne peux vous dire comment ni dans quelles circonstances exactes, je me suis retrouvé libéré de mes liens, débarrassé de ces menottes qui m’entravaient, mais le fait est là, je l’ai encore vérifié hier soir, en roulant sur une autoroute de la capitale. Arrivé au niveau d’une bretelle donnant accès au méga Centre commercial de Bab Ezzouar, ma main n’a pas tremblé. Le volant de ma guimbarde est resté bien droit. Je n’ai pas rejoint le bouchon monstre des consommateurs de l’Aïd, je ne me suis pas rangé sagement en file indie... algérienne pour aller verser ma dîme aux «saigneurs» des fêtes religieuses. Pourtant, moi aussi, j’ai des enfants. Ils étaient d’ailleurs installés sur le siège arrière. Mais ils n’ont pas bronché. N’ont pas trépigné. N’ont pas pleuré. N’ont pas tenté de s’échapper par les vitres baissées de la voiture pour aller rallonger la longue queue des «citoyens qui se plaignent que la vie est intenable, qu’ils n’arrivent plus à joindre les deux bouts» mais qui remettent consciencieusement, tous les ans, à dates religieuses fixes leur portemonnaie aux rois de la fripe et de la sape. Je ne dis pas que mes enfants sont de super-enfants, des surdoués qui ont très tôt saisi les lois de l’offre et de la demande sur le marché, qui ont compris les mécanismes du capitalisme et de la mondialisation et qui, le soir, à la télé, au lieu de regarder Ben 10, Naruto ou One Peace préfèrent décortiquer des documentaires comme «Global Partage». Non ! Je dis juste deux choses. On peut introduire par petites touches, sur la durée d’un cycle long d’éducation les notions de résistance au consumérisme ambiant, fût-il drapé dans l’obligation religieuse. C’est un travail à faire à la maison. L’école ne le fait pas, ou presque pas, mais nous, parents pouvons le faire. Et puis, par-dessus tout, nous pouvons casser le totem. Briser les idoles. Quel totem et quelles idoles ? Ceux d’un contrat pseudo-divin qui nous obligerait «zaâma» à nous saigner aux quatre veines pour être en conformité avec la frénésie des achats. Les vêtements au petit Aïd. Le mouton au grand Aïd. De la bouffe en masse pendant les 30 jours du carême. Des pétards au Mouloud. Et un tas d’autres rendez-vous que nous avons fini par croire dictés par Allah, et planifiés pour nous par ses prophètes ! Non ! On peut passer près du bouchon monstre du Centre commercial de Bab Ezzouar sans ralentir, encore moins l’intégrer, rentrer chez soi et organiser une petite party rigolote, en famille : le repassage des vêtements achetés l’année dernière, qui n’ont servi qu’une fois, et les apprêter pour l’Aïd de cette année. Pour ça, il faut juste faire le travail nécessaire. Celui de s’expliquer mutuellement que personne ne nous met de pistolet sur la tempe pour nous contraindre à aller nous ruiner chez le vendeur de baskets et de jeans. Celui d’expliquer qu’aucun Coran n’a préconisé d’engraisser à dates fixes les «frères trabendistes» et les «cousins du container». Juste ça. Pour commencer la cure de désintox’ ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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