Samedi 2 août 2014
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Si ! Si ! Les morts bêtes existent !

Par Hakim Laâlam  
Email : [email protected]
Séisme de magnitude 5,6 à Alger. La piste de
l’attentat complètement écartée. Mais il faut
tout de même attendre le…

… décryptage des boîtes noires par les
Américains et les Français !

Il faut bien l’écrire. Au moment de la douleur et du deuil. Pas après, parce qu’après, ça sera trop tard. Il y a des morts bêtes. Je veux dire plus bêtes que d’autres. La mort en elle-même est un moment d’«incongruité non résolue», mais de manière plus particulière, il y a des morts plus incongrues que d’autres. Une femme ou un homme qui meurt après s’être jeté du balcon de son domicile suite à une secousse tellurique, c’est une mort bête. Et qui n’est pas seulement imputable à la victime déjà fortement sanctionnée par sa fin de vie brutale. Non ! Ces morts-là sont le verdict impitoyable d’un échec d’éducation en zone de haute sismicité. Depuis le 10 octobre 1980 et le séisme majeur d’El Asnam, devenue Chlef, les réveils de conscience durent le temps des répliques. On se souvient soudain qu’il faut apprendre aux enfants à réagir face aux tremblements de terre et autres catastrophes dites «naturelles». On engage alors quelques cycles brefs et surtout sans lendemains d’exercices de simulation et d’apprentissage des gestes qui peuvent sauver. Puis, on oublie tout. Jusqu’à la prochaine secousse. Ce n’est pas normal. Un jeune qui se défenestre à Boumerdès alors que l’épicentre du tremblement de terre se situe à Bologhine, et qui en meurt ou qui en garde des séquelles à vie, c’est la conséquence directe d’un système qui refuse d’endosser le risque haut de séisme comme une constante d’éducation publique et civique. Dit plus crûment, on ne doit plus mourir d’un séisme de 5,6 sur l’échelle de Richter, en tout cas surtout pas clamser par défenestration. Au-delà même des tremblements de terre, posez la question à vos enfants scolarisés : combien d’exercices d’évacuation de leurs écoles et lycées ont-ils accompli l’année écoulée pour les préparer à réagir à un incendie de leur établissement ? Combien ? Oui ! Oui ! Je sais ! Vous allez me rétorquer par le pis ! A quand remonte la dernière vérification-révision des extincteurs dans certaines écoles ? Et vous auriez raison de me dire cela. Je ne pousserais pas l’outrecuidance et mon pessimisme chronique jusqu’à vous affirmer que dans des primaires, il n’y a pas d’extincteurs depuis des lustres. Alors, oui ! Ce samedi, demain dimanche et peut-être sur tout le mois d’août, on déblatérera sur la nécessité de la politique de prévention et d’éducation en matière de risques majeurs. A la rentrée, on organisera même quelques exercices. De préférence en face d’une caméra et d’un ministre. Et puis après, pfut ! Des citoyens d’Adrar se défenestreront de nouveau parce que la terre aura tremblé à Tizi-Ouzou ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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Pensez-vous que des cours obligatoires de sensibilisa -tion sur le comportement à avoir face aux séismes doivent être dispensés dans les établissements scolaires ?
Oui : 88,53%
Non : 9,81 %
Sans opinion: 1,65 %

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