Dimanche 10 août 2014
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Actualités : Tafourah ­ Haï El Badr - Tafourah
30 minutes de voyage en métro


L’affluence des voyageurs était, hier matin, assez timide dans le métro d’Alger, lors d’un aller-retour de 30 minutes entre Tafourah et Haï-El-Badr. Pourtant, en pleine journée d’août, il faisait bon de voyager dans les rames bien propres, aérées, sans être importuné par la cohue ou par les désagréments corporels et autres.

Chérif Bennaceur - Alger (Le Soir)
Hier samedi. Onze heures passées de quelques minutes, à la station souterraine de métro de Tafourah-Grande poste, assez propre, fraîche mais un peu déserte. Aussitôt qu’il a acheté son ticket au guichet, il le met dans le composteur.
Etonnement pour ce jeune et le groupe d’amis qui l’accompagne, venus du sud du pays pour quelques jours de villégiature et qui découvrent la capitale, le ticket tarde un peu à sortir et puis le voyageur reste coincé. Mais seulement pour un court instant, un agent de sécurité lui expliquant le geste à faire, repousser la barre. Libéré, accompagné des sourires de ses amis, ce jeune ainsi que les autres passagers se dirigent vers l’escalier menant au quai.
Onze heures 9 minutes, selon l’horloge suspendue, la rame 002 à destination de Haï-El-Bad (Kouba) arrive sur le quai quelque peu désert. Ils ne sont pas très nombreux, en effet, à voyager sur la ligne 1 du métropolitain d’Alger à cette heure-ci, en cette seconde journée de week-end. Quelques couples, peu de familles, des adolescents et plusieurs passagers des deux sexes et de diverses conditions sociales sont assis, disséminés à travers les wagons. Pourtant même seul, il fait bon voyager dans cette rame bien propre, éclairée et aérée, sans être importuné par la cohue ou par les désagréments corporels et autres.
Les enfants sont calmes. Assise à côté, une dame âgée semble satisfaite du voyage. Résidante à Hussein-Dey mais descendue à Alger-centre, cette passagère estimera pourtant que le métropolitain est bien fréquenté, même en ce mois d’août.
Une affluence qui reste timide, d’autant que les passagers qui montent à bord de la rame, notamment à la station Jardin d’Essais, sont souvent aussi peu nombreux que ceux qui en descendent. A 11h15, au niveau de la station Les Fusillés, station charnière du réseau de transport urbain, la rame se remplit un peu plus mais les wagons restent encore aérés. Une impression de vide qui perdure lors des haltes à Amirouche et Mer et Soleil, jusqu’à l’arrivée de la rame à la station aérienne de Haï-El-Badr, à 11h24. Terminus.
Les passagers sortent des wagons et se dirigent, pour certains, vers la station de bus à proximité. A l’extérieur, il fait chaud et même si ce n’est pas la canicule, l’envie vous prend de revenir vers l’intérieur. Au guichet de la station, à 11h25, une dame, la cinquantaine, s’avance, accompagnée d’une amie. Déçue, cette passagère l’était dans la mesure où le distributeur de tickets était hors service et son désappointement s’accroît lorsque le jeune agent lui annonce que le ticket valide pour dix voyages était indisponible. «Cela montre l’état de l’Algérie», dira cette dame à son amie, tout en prenant, à raison de 50 dinars le ticket, un aller simple (elle descendra deux stations après). Pas de problèmes de compostage apparents, les barrières s’ouvrent rapidement aux passagers sous l’oeil attentif de trois agents d’accueil et de sécurité.
C’est dans la même rame 002 que les voyageurs, une bonne quarantaine, montent et attendent quelques instants le démarrage des wagons. Il est 11h29, le voyage en métropolitain vers la station de Tafourah-Grande Poste commence. Quasiment la même ambiance que celle du trajet aller. Une rame relativement remplie. Où la sérénité, la propreté et la fraîcheur règnent.
Des parents, accompagnés d’un ou de deux enfants, des adolescents ou des jeunes seuls, adossés à leurs bancs, mais aussi plusieurs groupes de voyageurs. Parmi ces derniers, un groupe constitué uniquement de femmes. A l’aise parmi ses compagnes, une émigrée dont c’était la seconde expérience à bord du métro, profitera du trajet, tant pour évoquer des souvenirs, des anecdotes sur des proches que d’évoquer le récent séisme et l’impact catastrophique d’une secousse de magnitude 7.
D’autres passagers entretenaient également des discussions, généralement de manière intimiste même si des dialogues s’entendaient entre différents voyageurs. D’autres voyageurs restaient silencieux, certains perdus dans leurs pensées. Arrivée à la station des Fusillés, à 11h35, la rame 002 accueille plusieurs passagers, des deux sexes et de divers âges, tandis que d’autres voyageurs descendent. C’est une scène qui se répètera, durant ce trajet agréable et long seulement de quinze minutes, jusqu’à l’arrivée à la station de Tafourah, vers 11h-45 mn.
Dès l’arrêt des wagons, les passagers empruntent rapidement les escaliers ordinaires ou mécaniques vers les différentes sorties de la station. Même si une vingtaine de personnes affluaient alors vers les guichets de cette dernière, celle-ci restait toujours peu achalandée.
Une affluence minime en cette période estivale et de congés que les températures élevées à cette heure, l’absence d’activités et d’animations culturelles et divertissantes et les goûts et considérations des personnes expliquent peut-être, à un certain degré. Et ce, nonosbtant l’absence de certaines commodités, notamment les sanitaires, au niveau des stations dont certaines sont difficilement accessibles aux personnes âgées ou en situation de handicaps, voire l’impossibilité encore de téléphoner ou de surfer dans les rames et quais. Or, une affluence timide que la politique tarifaire de l’entreprise RATP-El-Djazair qui gère le métro, pourtant diversifiée et voulue accommodante, n’a pu, n’a su booster. Et alors que le métro d’Alger célèbrera le 1er novembre prochain, le troisième anniversaire de sa mise en service commercial, une affluence qui reste en fait à consolider même si la rentrée sociale devrait voir le trafic croître davantage et de manière moins confortable.
Certes, l’extension de la ligne 1 du métro d’Alger vers les localités d’El Harrach et de Aïn Naâdja, voire, à terme, vers d’autres localités d’Alger Ouest, est en bonne voie. Ce qui devrait permettre d’augmenter sensiblement le trafic du métropolitain, plusieurs millions de passagers ayant été transportés durant ces trois dernières années, outre de contribuer davantage et d’une certaine manière à fluidifier la circulation routière sur les axes desservis par le métro.
Néanmoins, l’intérêt pour le métro d’Alger, que le lancement d’une navette maritime reliant Aïn Bénian au quartier de la Marine à Alger et prochainement à Tamentfoust et qui suscite déjà l’engouement, pourrait quelque peu être menacé. A suivre.
C. B.

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