Dimanche 17 août 2014
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Chronique du jour : Ici mieux que là-bas
Leçon d’Agoussim


Par Arezki Metref
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Je ne te cache pas que j’arrive à cette mi-août sur les rotules. J’allais dire comme tout le monde. Et c’est sans doute vrai ! ça n’a rien de littéraire, l’expression de ces états d’âme, je sais, mais on se doit une certaine franchise, n’est-ce pas ? Heureusement que les vacances sont là ! Recharger les accus, refaire provision de biscuits ! J’ai eu juste – juste – assez de carburant pour finir le festival Racont’arts. Atteindre la borne d’arrivée. Et encore ! Il reste deux mots à dire là-dessus. D’abord, je crois qu’il est nécessaire de rendre davantage hommage à la population d’Agoussim, dans la commune d’Illoula Oumalou. Le comité de village, les associations locales, les habitants, tout le monde a montré que, pour être légendaire, l’hospitalité kabyle n’en est pas pour autant une vue de l’esprit. Elle est concrète et chaleureuse. Tous ceux qui ont vécu cet événement sont repartis avec une dette à l’égard d’Agoussim. On n’oubliera pas la prévenante gentillesse de ses habitants.(1)
Une deuxième notation : personnellement, j’ai vécu une expérience inédite – une première, pourrait-on dire – en Algérie. C’est bien la première fois que je constate de facto cette forme élevée de tolérance et de laïcité, en participant à des débats tenus dans une salle attenante à la mosquée. ça méritait d’être signalé car c’est une leçon de partage.
Enfin, il faut rectifier des informations inexactes parues dans La Dépêche de Kabylie du 13 août. Notre jeune consœur Karima Talis m’attribue la qualité de commissaire du festival Racont’arts, qu’elle enlève de fait à Hacène Metref. Partager le même patronyme et même la parenté ne nous rend pas interchangeables. Ce genre d’erreur due à une certaine négligence dans la vérification de l’information est préjudiciable. ça attribue à quelqu’un d’autre le travail titanesque, et reconnu par tout le monde, abattu par Hacène Metref et son équipe. Ils parviennent à réaliser des miracles d’organisation et de créativité avec trois bouts de bois. Ce qui est loin d’être mon cas. Donc, rendons à Hacène Metref ce qui est à Hacène Metref.
Dans un papier qui semble torché à la va-vite et sur la foi d’un programme prévisionnel, la journaliste du canard qui devrait être une référence en Kabylie multiplie les erreurs. Elle signale la présence de Denis Martinez qui, pour la première fois depuis la naissance du festival dont il est l’un des fondateurs en 2003, a été contraint, pour des raisons impérieuses, à ne pas participer, au grand regret de tout le monde d’ailleurs. Si notre jeune consœur avait pris la peine de couvrir in situ le festival, ou même tout simplement de téléphoner aux organisateurs au lieu de rendre compte d’un programme comme d’activités qui ont eu réellement lieu, elle n’avancerait pas non plus, à l’imparfait, que j’ai animé, avec Keltoum Staali, une causerie intitulée De la littérature algérienne. Keltoum Staali n’a pas pu venir. Là aussi, au grand regret de tous ceux qui savent ce que sa présence apporte au festival.
Un tour au festival aurait appris aussi à notre journaliste le passage de l’humoriste Moussa Lebkiri. Sa présence, incertaine au départ, n’était pas annoncé fermement dans le programme, cependant il vint et donna même un spectacle.
Une chose à raconter. Je débarquais à Racont’arts à Agoussimn le jour où Le Soir d’Algérie publiait un des quatre épisodes du reportage que j’ai commis à M’Daourouch sur les pas d’Apulée de Madaure. J’étais à vrai dire quelque peu affligé de constater que, numériquement parlant, le texte n’était pas lu à la hauteur des attentes. Mais première consolation : à la consultation de ma boîte, je trouve des emails enthousiastes en réaction à ce voyage improbable entre le passé et le présent. De quoi mettre du baume au cœur. «Je ne savais pas que notre région a produit un homme comme Apulée, merci de nous l’apprendre», dit l’un. «Quelle chance vous avez de pouvoir vous rendre à Madaure», me dit l’autre, du Québec. Enfin, grosso modo, que du courriel encourageant. Cela me réconforte car on a du mal sans doute à imaginer le travail que cela a nécessité.
Dans l’une des séquences de ce reportage, je lançais un appel pour que l’on traduise en berbère Les Métamorphoses d’Apulée, traduit dans des dizaines de langues, l’arabe y compris, sauf dans sa langue maternelle. En arrivant à Agoussim, un jeune du village vint me dire que quelqu’un voulait me voir. «Qui ?» Demandai-je. «Je ne connais pas son nom mais je saurais te le montrer». Le soir de ce même jour, sur la place du village, un concert de chants sacrés avec lekhouan et un chanteur corse. Un monde fou se pressait autour de la scène improvisée. Soudain, sorti de ne je ne sais où, le jeune de ce matin, membre du comité d’organisation, me montre un homme assis sur un muret et me le désigne comme celui qui voulait me voir. Je vais vers lui et me présente.
Il me dit :
- «Merci pour le reportage sur Apulée. Je voulais vous voir juste pour vous dire que votre appel à traduire l’Ane d’or en berbère est entendu. Dès que je l’ai lu, j’ai commencé à traduire. Je m’engage en tout cas pour le livre premier. Le reste, on verra. En tout cas, c’est un travail à faire, je suis d’accord avec vous.»
C’est l’autre leçon d’Agoussim. L’écoute ! Et bonnes vacances à toutes et à tous !
A. M.

1) Message perso, ça ne se fait pas mais tant pis : merci à Farid et à sa petite famille pour l’accueil.

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