Mardi 30 décembre 2014
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Après vous, chers walis !

Par Hakim Laâlam  
Email : hlaalam@gmail.com
L’Algérie appelle l’Opep à baisser la production. Un
appel en…

… PCV !

Tout le monde demande une enquête sur les conditions du malaise, puis du décès du wali de Annaba. Tout le monde sauf… les walis. J’ai entendu des femmes et des hommes politiques exiger cette enquête. J’ai entendu des avocats exprimer la même exigence. J’ai entendu des associations de droits de l’Homme dire la même chose. Je n’ai pas encore entendu un seul wali en exercice balbutier qu’il fallait enquêter sur ce drame pour en finir avec les pressions insupportables que ce corps de métier subit des potentats locaux. Et puisque la mode est à s’extasier devant le modèle tunisien, je rappelle que lorsque les conditions des plaidoiries ont été touchées, rognées sur les derniers jours du règne de Ben Ali, les robes noires n’ont pas hésité à sortir des prétoires et à aller faire sit-in, se salir un peu les semelles des mocassins et braver la soldatesque et la flicaille avenue Habib-Bourguiba. Chez nous, tout le monde affirme que les walis vivent un enfer de pressions. Encore une fois, je le répète, tout le monde sauf les principaux concernés, les walis eux-mêmes. La presse ne va pas déposer plainte à la place des walis ! Ce n’est pas son rôle. Par contre, la presse peut tenter d’informer l’opinion sur la volonté ou non de la famille du défunt de demander une enquête. Et les walis en exercice ? Vont-ils attendre de se voir débarqués, d’être mis d’office à la retraite ou dans un garage chauffé par la rente pour se l’ouvrir enfin, parler, révéler qu’ils ont subi des pressions inimaginables, humainement horribles ? Pourtant, s’il y a pressions aussi atroces, et pas seulement à Annaba, c’est maintenant qu’il faut le dire. En Tunisie – encore ce pays – les commis de l’Etat ne se sont pas cachés derrière l’obligation de réserve et les interdictions de manifester. Ils ont bravé cette barrière psychologique et pseudo-légale pour dire en bloc leur mal-être. Alors oui ! La seule question qui me semble mériter d’être posée aujourd’hui chez nous est celle-là : puisque tout le monde s’accorde sur la stature exceptionnelle du défunt wali de Annaba, sur son combat contre les lobbys maffieux, sa mémoire et son parcours ne méritent-ils pas que le corps des walis en exercice fasse enfin bouger les lignes de la corruption en levant un pan de ce voile de la honte qui les enserre comme un linceul ? Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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