Mercredi 14 janvier 2015
Accueil | Edition du jour
 
Actualités
Périscoop
Régions
Sports
Femme magazine
Le Soir Auto
Culture
Contribution
Tendances  
Digoutage
Pousse avec eux
     
 

Le soir videos


Video sur Youtube

 
     
Edition du jour
 
Nos archives en HTML


Actualités : «LA VACANCE DU POUVOIR EST LA SOURCE DE TOUS LES PROBLÈMES DU PAYS», AFFIRME-T-IL
Ali Benflis accable Bouteflika


C’est par une conférence de presse qu’Ali Benflis a choisi d’entamer sa grande rentrée politique de l’année 2015. «Une forme de communication qui sera privilégiée à l’avenir», nous confie-t-on dans son entourage. Hier, mardi, Benflis faisait une «halte», une sorte de bilan général de la situation politique du pays. Un constat que l’on imagine bien des plus cinglants que dresse l’ancien chef du gouvernement qui ne mâche pas ses mots. Le problème, «c’est la vacance de pouvoir». Tout simplement.

Kamel Amarni - Alger (Le Soir)
«Je vous invite à revisiter, avec moi, mes déclarations répétées et insistantes de ces derniers mois. J’ai déclaré que l’échéance présidentielle n’a pas servi à élire un chef d’Etat mais à reconduire une vacance du pouvoir.
J’ai déclaré aussi, que face à une situation inédite tout ce que comme institutions, comme administrations et comme structures de toutes sortes seront plus occupées à gérer cette vacance du pouvoir qu’à assurer une saine gestion des affaires publiques.
J’ai déclaré, enfin, que cette vacance du pouvoir allait aggraver la crise…». Dès ce préambule de la déclaration liminaire, Ali Benflis donne le ton : plus que tout, la maladie d’Abdelaziz Bouteflika paralyse le pays. «Le pays n’a plus de guide ; il n’a plus de visibilité quant à son devenir», dira encore Benflis. Prenant les représentants des médias à témoin, il poursuivra : «Vous relevez, chaque jour que Dieu fait, l’absence, l’incohérence, les contradictions ou les inopportunités des décisions prises par nos gouvernants (…) L’explication que vous cherchez à tous ces dysfonctionnements n’est nulle part ailleurs que dans cette vacance du pouvoir qui a fait perdre à l’Etat sa première source d’inspiration, de direction et de décision.»
Une situation qui impacte sur tout le reste, assénera-t-il encore. «Les effets ravageurs de cette vacance du pouvoir vont au-delà du sommet de l’Etat. Ils s’étendent au gouvernement qui, ne se réunissant quasiment plus et n’étant plus dirigé et instruit, voit ses performances se situer en deçà des exigences de la simple gestion des affaires courantes.»
L’ancien chef du gouvernement, candidat aux présidentielles de 2004 puis de 2014 et qui constitue le cauchemar du cercle présidentiel, épinglera prioritairement Bouteflika, l’homme qui accapare et monopolise tous les pouvoirs : «Lorsqu’un pouvoir personnel fait primer le souci de sa durée sur toute autre considération (...) l’aboutissement d’une telle logique ne peut être qu’un Etat fragilisé, une nation menacée dans sa cohésion et une société dévitalisée.»
Ce disant, Benflis tournera en dérision le «projet de la révision de la constitution», qu’il qualifiera de « véritable fable». Bien sûr, il décline net l’invitation lancée par Bouteflika, le 30 décembre dernier. «Qu’y a-t-il de changé pour que l’opposition reconsidère sa position ?» s’interroge l’un des principaux dirigeants de l’opposition.
Pour Benflis, «ce n’est pas la Constitution qui est au cœur de l’impasse politique actuelle mais bien un pouvoir personnel devenu incapable d’assumer toutes les prérogatives constitutionnelles qu’il a monopolisées et un régime politique non démocratique qui a fait son temps et auquel il faut mettre un terme pour le bien de notre peuple et dans l’intérêt de notre peuple». Bouteflika et son régime, poursuivra Benflis, sont disqualifiés «moralement, politiquement et juridiquement et n’ont donc ni vocation, ni capacité ni mandat à faire de la loi suprême de la République ce dont bon leur semble». Il rappellera ensuite comme exemple du non-respect des lois déjà existantes, les entraves dressées par l’administration pour l’empêcher de constituer son nouveau parti politique. Au plan de la gestion des affaires publiques, Ali Benflis s’en prendra également au vitriol à un régime et un gouvernement qui, répétera-t-il à plusieurs reprises, n’ont ni prévu ni su faire face à des crises comme les contestations sociales au Sud, ni les chutes brutales des prix du pétrole. Pour Benflis, il ne faut pas se faire d’illusions : «Ce régime est obsolète et il est finissant.» Bref, il ne peut proposer des solutions puisque le problème, c’est justement lui ! Ce qui l’amène à préconiser sa propre solution : «Le retour à la légitimité.
Et cela à travers des élections démocratiques organisées par une instance indépendante comme partout ailleurs, à commencer par nos voisins.» A la fin, Benflis n’a pas manqué «d’appeler ce régime à la sagesse» en acceptant une telle solution.
K. A.

Nombre de lectures : 1

Format imprimable  Format imprimable

  Options

Format imprimable  Format imprimable

La copie partielle ou totale des articles est autorisée avec mention explicite de l'origine
« Le Soir d'Algérie » et l'adresse du site